Regards sur l'éveil
Café philosophique, littéraire et scientifique
|
|
Archives ·
Devenir membre ·
Log in · Contact
· Blog
|
| Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant |
| Auteur |
Message |
mauvaiseherbe
Inscrit le: 31 Mai 2006 Messages: 123
|
Posté le: Me 07 Oct 2009 16:07 Sujet du message: les émotions |
|
|
Tu demandais ,Daniel ce que nous allons bien pouvoir nous dire encore :et bien des millions de choses je crois bien ! Plus ça va et plus j’ai de questions ,plus je suis question .
Grâce à vous tous ,à mes lectures et surtout à la grâce qui m’est souvent donnée de grandir en capacité d’ « Attention » j’ai connu la joie de voir évoluer ma compréhension et de vivre un relatif discernement .
Mais cette année il ne m’a jamais été donné de pouvoir me reposer sur mes petits lauriers ni de m’installer confortablement dans cette paix pourtant si souvent accessible ,ni dans le confort intellectuel de conceptions pourtant de plus en plus joliment ficelées.
Mon Maître la Vie en avait décidé autrement et s’est montré d’une sévérité qui m’est souvent apparue comme cruelle et impitoyable.
J’ouvre un nouveau sujet même si en réalité je pense aux réflexions postées par beaucoup d’entre vous ,Pierre ,Sila-chris ,Toniov ,Miboogh ,Jean-marie etc ...
Ces acquis si tentants vous en parlez tous ,chacun à votre manière ;ils concernent la connaissance vivante du rôle et la place juste du mental ; cet extrait de Cieletbaie le résume bien je trouve :
| Citation: | Cieletbaie
(La tête reproduit immédiatement: ah c'est donc ça! je vais donc y arriver cette fois!!!
Ah oui? Eh bien c'est encore raté...
et pas de bol, parceque ce sera encore et toujours raté...
Eh oui, la tête est un outil à rater...chaque fois qu'elle sort de son rôle)
Voir, voir enfin ( et tout simplement) que la tête est un outil utilisé de façon inadéquate.
C'est un peu comme rappeler au contremaitre qu'il n'est pas le grand-patron.( ce qui ne retire en rien l'utilité du contremaitre, lorsqu'il est dans son rôle.)
Ce qui crée la division est mis en lumière, non pas en théorie, mais sur le champ, dans l'acte-même d'être en train de produire de la division.
L'acte de se voir " en train de..." peut être auto-saisissement, si cela plait à dieu.
L' inconsistance de la supercherie est manifeste.
Pas de division en-soi.
Simplement: MOI EN TRAIN DE PRODUIRE LA DIVISION. |
Sans parler du perfectionnement toujours plus subtile de la supercherie et des progrès étonnants d’un mental qui se bat pour devenir toujours plus intéressant et garder sa place sur le devant de la scène (même si maintenant ,au fond ,il sait bien combien il est agréable d’être à sa vraie place et de devenir ainsi capable de servir vraiment ).
Voilà tout aurait pu s’arrêter là ou plutôt continuer tranquillement à devoir se vivre et se vérifier à chaque instant ;ça m’aurait pas mal arrangé ...
Mais plus il y a eu de clarté dans ce domaine plus un autre aspect de moi s’est révélé : je suis sans cesse traversée d’émotions .
Pierre a parlé d’humeurs ou d’états d’âme ;ces mots recouvrent une si grande variété de choses ,de réactivités en tous genres.
Et en plus je me rends bien compte que nous ne sommes pas tous conformés de la même façon à cet endroit .
Si la question se pose à moi c’est qu’ , à ne plus pouvoir en douter ,je suis particulièrement émotive ,vibrante et aussi nerveuse qu’un animal aux abois ;.
Ce qui autrefois faisait partie de la vie de mon être de façon plus ou moins inconsciente semble maintenant devoir être toujours plus mis en évidence .Ce qui était caché affleure et se donne à voir .
Bien sûr il y a ces émotions faciles à repérer ,nous les connaissons tous qu’elle soient vécues comme agréables ou désagréables, classifiées comme nobles ou viles ,colère ,tristesse ,mauvaise humeur ,anxiétés, peur ou joie ,sentiment d’amitié ou d’amour ,contentement, exaltation etc.. Elle peuvent avoir la force ravageuse d’un tsunami ou être sournoises et lancinantes et ,elles peuvent être si douces à déguster qu’on s’y noierait volontiers ..
Devoir prendre conscience de cet aspect de ce qui constitue aussi ma vie je ne l’ai pas accepté facilement . Les évènement déclencheurs brutaux de " leçons es-connaissance de soi" se sont succédés cette année à un rythme pénible et très fatiguant .
Occasion au passage d’observer à quel point la vie émotionnelle consomme d’énergie ,si je peux m’exprimer ainsi .
Occasion aussi de voir combien de systèmes de défense se lèvent immédiatement : c’est branle-bas de combat à tous les étages, ça va me fragiliser au-delà du supportable ,je le sens bien...
Mais il y a eu aussi ces expériences toujours plus fines où j’ai pu observer cette vie émotionnelle alors que j’étais immobilité et silence et aussi unifiée que possible .
L’ « animal » continue à être et à réagir à interragir subtilement avec le corps ou le mental ou les deux ensembles ,l’un influençant l’autre ou s’associant à l’autre .
Je me vois souvent comme étant un corps vibrant d’une infinité de mouvements s’alimentant de l’intérieur en circuit presque fermé ,mais aussi en relation avec les bruits et la vie du monde, les bruits et la vie émotionnelle propre de beaucoup d’autres êtres , humains ou animaux .
.( Pfff ca fait vraiment beaucoup pour une petite comme moi dit la petite voix ,je voulais dormir en paix moi ,allez courage... fuyons !).
Je sais bien que de parler ainsi crée un certaine division qui est artificielle d’un autre point de vue .Mais il faut bien décrire .
Surprise aussi de « Voir » vraiment confirmer ce que je savais plus intuitivement ou de façon livresque : les émotions les plus apparentées à des sentiments d'amour ,de compassion dans la vie ordinaire ont le pouvoir ,et peut-être le rôle de contribuer à l’ouverture réelle du coeur .Elles créent des petites fissures salutaires même si elles peuvent être aussi plus ou moins douloureuses .
Mais elles ne sont que les prémisces .Quoique j’ai pu croire ,quoiqu’on en pense ,quelle que soit la forme subtile qu’elles peuvent prendre elles ne sont pas l’Amour !
L’Amour est à mon origine. Non seulement Il m’accepte ,mais me veut ainsi vibrante de cette étonnante et dérangeante vie émotionnelle .Comme l’eau ,elle peut tout engloutir et ravager ,disperser et créer de l'illusion ou au contraire engendrer et façonner la vie dans la lumière d’un cœur qui acceptera toujours d’être blessé et perturbé ....pour un autre ,parce que façonner la vie c’est créer de l’autre ,du tout Autre .Accepter les lois d'apparent chaos qui soutendent à l'ordre parfait de la vie.
Mais cet Amour là n'est ni une sensation ,ni une perception ,ni une émotion et me voilà plus vulnérable que jamais,plus sûre de mon impuissance que jamais . Non pas inconsistante mais d'une consistance si mouvante qu'elle en est pour mon petit cerveau complètement inconcevable .Quels étaient mes rêves spirituels déjà ? Quel était mon but ? Je ne sais plus vraiment ,éveil, compréhension , amour...Je suis travaillée presqu'à mon insu ,ça s'ouvre et se défait ,je me défaits et me perds :mais qu’est-ce que je risque ?
Rien ,vraiment rien.
Voilà j’en suis là ,ça n’est pas encore bien clair et facile à exprimer ,d’où sans doute la longueur....
Je serais heureuse de vous lire à ce sujet aussi . |
|
| Revenir en haut |
|
 |
Alain V
Inscrit le: 24 Fév 2007 Messages: 7212
|
Posté le: Me 07 Oct 2009 22:39 Sujet du message: |
|
|
Bonjour mauvaise Herbe,
Nous sommes tous une montagne d'émotions. Peut etre meme que l'émotion est à l'origine de la pensée...qui sait ?
Ce qu'il faut c'est éviter que seule la douleur s'exprime.
En fonction de mon expérience - je suis moi aussi une montagne d'émotions - je peux relever ce passage de ton texte. Il est significatif.
Le bien etre et la paix dépendent - aussi - de l'image que nous nous faisons des choses. Ici, il s'agit de l'émotion...
Lorsque tu dis:
" dérangeante vie émotionnelle ", ne crées tu pas, par la meme occasion, une première image négative de l'émotion ?
Je pense qu'il ne faut pas fuir son émotion. Bien sur, si elle est maladive et handicapante - j'ai connu ça - on peut s'astreindre à quelques exercices...
Mais c'est une grande chance, l'émotion. Elle prouve qu'on est vivant et sensible. Et puis elle peut etre aussi de l'amour, meme si elle n'est pas le sommet de l'amour. |
|
| Revenir en haut |
|
 |
joaquim Administrateur
Inscrit le: 06 Août 2004 Messages: 7128 Localisation: Suisse
|
Posté le: Je 08 Oct 2009 0:19 Sujet du message: Re: les émotions |
|
|
Merci mauvaiseherbe, pour ce sujet que tu abordes avec tant de délicatesse. Et pardonne-moi si malgré les précautions que je veux prendre, je ne parviens pas à retirer mes gros souliers.
L'émotion, quand on la refuse, ou quand on la subit — c'est la même chose: la refuser, c'est la subir —, elle n'exprime rien d'autre que soi, et même rien d'autre que le soi qui a peur, celui qui a peur de se risquer à la souffrance, au contact, à la relation. La refuser, c'est se maintenir soi-même sous verrou, et n'avoir d'autre compagnie que ce miroir déformé de soi qu'elle nous tend. Alors que l'accepter, c'est connaître ce qui la provoque. Non pas simplement en avoir connaissance, mais connaître au sens fort du terme. C'est laisser naître en soi quelque chose qui est intimement soi — quoi de plus intime qu'une émotion —, et qui pourtant est fait de ce qui vient nous toucher. C'est devenir soi-même connaissance de ce qu'on touche, et qui nous touche. Bien sûr, certains objets sont plus propices à cette fécondation intérieure. La nature en particulier, parce qu'on sent bien qu'elle nous porte et qu'on tire racine d'elle: elle nous invite en général sans trop de réticences de notre part à nous abandonner aux émotions qu'elles suscite en nous. Ce n'est que par cet abandon, en toute confiance, parce qu'on se laisse porter par l'émotion qu'elle nous apporte, qu'on peut seulement dire qu'on l'a connue. Et bien, c'est la même chose avec tout. Simplement qu'avec certaines choses, et singulièrement avec certaines figures relationnelles, c'est plus difficile. On ne peut bien sûr pas se forcer à s'abandonner. Mais au lieu de se braquer contre l'émotion qui naît, et qu'on refuse, ce qui fatalement a pour conséquence de nous conduire à ce que l'on redoute justement — se retrouver seul avec cette émotion qu'on voulait fuir —, l'interroger, savoir que même si la chose ou l'empreinte qui la suscite est dangereuse, et nous a fait peut-être souffrir dans le passé, l'émotion, elle, n'est pas dangereuse, se dire qu'elle contient une part de soi qui a soif de connaître tout ce qui nous touche, le bien comme le mal, et que s'il s'agit bien sûr de se prémunir du mal, ce n'est pas d'elle qu'il faut se défier, mais elle qu'il faut accueillir, justement, pour le connaître lui aussi, et le regarder en face plutôt que de le subir.
Voir l'émotion comme une messagère, comme une amie, qui nous parle de ce que nous apporte le monde, de ce qu'il dépose en nous, et qui devient un morceau de soi, c'est commencer à l'apprivoiser. Alors au lieu de nous troubler, parce qu'on en trouble la limpidité, elle se fera transparente, pour nous permettre de voir le monde de l'intérieur, de le toucher du dedans de soi avec le doigt qu'elle nous prête.
| mauvaiseherbe a écrit: | | Quoique j’ai pu croire ,quoiqu’on en pense ,quelle que soit la forme subtile qu’elles peuvent prendre elles ne sont pas l’Amour ! |
Bien sûr, elles ne sont pas l'Amour. Les émotions ont besoin qu'on les aime, comme tout le reste. Elles ne sont pas qu'à nous, elles sont les messagères de ce qui nous touche. Tant qu'on croit qu'elles sont nôtres, elles ne peuvent que mimer l'amour. Mais dès qu'on s'aperçoit qu'elles sont l'empreinte du monde en nous, et qu'on les interroge pour entendre ce monde qui nous parle en elles, elles nous ouvrent à lui. C'est cette ouverture, qui est l'Amour.
| mauvaiseherbe a écrit: | | Mais cet Amour là n'est ni une sensation ,ni une perception ,ni une émotion et me voilà plus vulnérable que jamais,plus sûre de mon impuissance que jamais . Non pas inconsistante mais d'une consistance si mouvante qu'elle en est pour mon petit cerveau complètement inconcevable .Quels étaient mes rêves spirituels déjà ? Quel était mon but ? Je ne sais plus vraiment ,éveil, compréhension , amour...Je suis travaillée presqu'à mon insu ,ça s'ouvre et se défait ,je me défaits et me perds :mais qu’est-ce que je risque ? |
Accepter cette impuissance, sa propre inconsistance, se laisser être défait comme une terre meuble et labourée, se laisser travailler, comme tu dis si bien, n'est-ce pas un geste de confiance, un acte de foi ? |
|
| Revenir en haut |
|
 |
mauvaiseherbe
Inscrit le: 31 Mai 2006 Messages: 123
|
Posté le: Je 08 Oct 2009 9:22 Sujet du message: Re: les émotions |
|
|
Merci beaucoup à vous deux pour vos réponses si pleines de chaleur .
Je me souvenais clairement de toi comme étant bien concerné par l'émotivité Toniov;tu l'avais déjà exprimé et j' ai souvent ressenti au travers de tes messages ses frémissements et la délicatesse ,la sensibilité et la créativité que tu en tire .
Tu as raison bien sûr raison concernant l'image négative que je me crée souvent des émotions .
Le mental ne sait pas toujours quoi en faire ,n'a pas les moyens de les faire obéir et elles l'empêchent trop souvent de penser rond (ou plutôt carré !).
Alors pour aujourd'hui je vais lui donner en pâture à méditer vos mots si beaux ,il ne pourra pas résister .
Même si la joie de vous lire me rend encline à l'humour,je suis très sérieuse quand je parle de méditer vos paroles ...
Tu sais joaquim ,comme je suis assez paresseuse aussi ,il m'arrive très souvent de sortir par tous les temps avec aux pieds mes pantouffles d'intérieur que je loge dans de vieux sabots tout terrain pleins d'expériences et 3 fois trop grands pour moi .
Aujourd'hui j'ai pris les tiens et me sens prête à nouveau pour toutes les intempéries .
| joaquim a écrit: |
Voir l'émotion comme une messagère, comme une amie, qui nous parle de ce que nous apporte le monde, de ce qu'il dépose en nous, et qui devient un morceau de soi, c'est commencer à l'apprivoiser. Alors au lieu de nous troubler, parce qu'on en trouble la limpidité, elle se fera transparente, pour nous permettre de voir le monde de l'intérieur, de le toucher du dedans de soi avec le doigt qu'elle nous prête.
Bien sûr, elles ne sont pas l'Amour. Les émotions ont besoin qu'on les aime, comme tout le reste. Elles ne sont pas qu'à nous, elles sont les messagères de ce qui nous touche. Tant qu'on croit qu'elles sont nôtres, elles ne peuvent que mimer l'amour. Mais dès qu'on s'aperçoit qu'elles sont l'empreinte du monde en nous, et qu'on les interroge pour entendre ce monde qui nous parle en elles, elles nous ouvrent à lui. C'est cette ouverture, qui est l'Amour.
|
Le mot foi je n'avais pas osé le prononcer ,mais c'est bien celui qui devait être dit . |
|
| Revenir en haut |
|
 |
daniel
Inscrit le: 15 Fév 2006 Messages: 11248 Localisation: belgique
|
Posté le: Je 08 Oct 2009 14:24 Sujet du message: |
|
|
c'est vrai myriam, pendant quelques instants, je me suis demandé, de quoi, allions-nous pouvoir parler ...
j'apprécie beaucoup ce dont tu témoignes, et les deux réponses apportées par toniov et joaquim ...
enfant, c'est assez marrant, à la fois, je m'étais construit une cuirasses (car les z'autres z'arrêtaient pas à m'embêter ...) et d'autrepart, j'étais plutôt sensible, grâce, au fait, que, seul, face à l'adversité, je m'étais "ouvert de l'intérieur", ce qui a permis, le développement d'une sensibilité "artistique", animée par la curiosité ... j'ai aussi eu la chance que cela se passe très bien avec les miens ... en tout cas, ma soif de justice (surtout sociale), et mon envie de changer le monde, à commencé par l'envie de m'épargner, moi, de toutes ces vicissitudes ... en grandissant, à l'adolescense par exemple, c'est plutôt la susceptibilité qui a pris le relais ... je le suis beaucoup moins aujourd'hui, ça me concerne moins ...
émotionnellement parlant, ça m'a rendu pas trop pris, en règle générale par les émotions, et pas "dur", non plus ... je joue plutôt les grands frères qui consolent, qui écoutent, qui n'aime pas les formules de circonstance, et de plus en plus, ce qui me touche, me touche ... la douleur de l'autre, la joie de l'autre !
bravo joaquim pour ta réponse apportée qui abonde dans le sens de celle de toniov, et approfondit, aussi ...  |
|
| Revenir en haut |
|
 |
mauvaiseherbe
Inscrit le: 31 Mai 2006 Messages: 123
|
Posté le: Je 08 Oct 2009 16:19 Sujet du message: |
|
|
Merci beaucoup Daniel de nous parler comme ça de toi ...Ca me touche beaucoup .
Je trouve que tout ce qui peut ensuite être dit et théorisé de plus élevé sur "l'éveil " et la connaissance qu'on en a prend plus de corps ,de vie et de vérité quand ,comme tu le fais là ,on ose montrer avec sincérité sur quelle terre ça a germé .
| daniel a écrit: | | émotionnellement parlant, ça m'a rendu pas trop pris, en règle générale par les émotions |
Oui je suis persuadée que nous ne sommes pas tous égaux face à la vie émotionnelle et nous ne sommes pas tous des "émotifs" au sens courant du terme .
Dans mon message je parle beaucoup de l'aspect perturbant des émotions perçues comme plus fortes ,indésirables ou envahissantes ,des mécanismes de refus et de l'obstacle apparent que cela constitue pour moi etc...
Mais j'ai voulu évoquer aussi la vie émotionnelle "normale" ,celle que nous partageons forcément tous et qui même si elle n'est pas toujours facile à observer parceque si habituelle et discrète ,fait pourtant partie intégrante de chaque souffle de nos vie dans ce corps ,même des plus grands instants de paix et de détachement .
C'est un domaine dont on parle peu je trouve mais il m'interesse .
Si je trouve un jour des textes interessants à ce sujet je les posterai .
Murièle (sujet sur l'impermanance) me donne envie d'aller voir ce qu'en disent les boudhistes qui ont une longue tradition de fine observation et de psychologie ...
Merci ! |
|
| Revenir en haut |
|
 |
Petit Scarabée
Inscrit le: 18 Nov 2007 Messages: 9 Localisation: Alpes de Haute-Provence, France
|
Posté le: Ve 09 Oct 2009 11:31 Sujet du message: |
|
|
Bonjour…
Merci Mauvaiseherbe, de ce post… qui m’émeut profondément !
Ce qui se lève en moi, à vous lire, c’est une énorme vague de tendresse, elle me submerge à l’instant où j’écris ces mots, oui, de la tendresse, de l’amour, pourquoi ? Un cadeau en tous cas, je l’accueille comme tel..
Parce que j’ai été, longtemps, une écorchée vive – ma vie émotionnelle ressemblant à un parcours en montagnes russes…
Parce qu’il m’a été donné d’apprendre l’impuissance – la leçon m’a été infligée de façon impitoyable, mais ô combien salutaire : ces heures passées à être pétrie par l’angoisse et la souffrance, recroquevillée en position fœtale sur mon lit, sachant mon fils en danger de mort et n’y pouvant rien, « moi »…
| Citation: | | Accepter cette impuissance, sa propre inconsistance, se laisser être défait comme une terre meuble et labourée, se laisser travailler, comme tu dis si bien, n'est-ce pas un geste de confiance, un acte de foi ? |
Oui, Joaquim, il m’a été donné, pour la première fois de ma vie, de faire alors un acte de foi… Mon fils a surmonté son épreuve et moi la mienne, et rien, jamais, ne sera plus comme avant…
Parce que je me sens, ici et maintenant, si proche de vous, reliée à votre Humanité : Merci !
Coïncidence ou synchronicité, on vient de me prêter un fort beau livre, illustré de photos magnifiques (je n’ai eu pour l’instant que le temps de le feuilleter) : « La chimie de nos émotions », de Sébastien Bohler, aux éditions Aubanel : un outil pour voir les émotions pour ce qu’elles sont ?
Tendrement, humainement à vous tous,
Isa-Petit-Scarabée _________________ Vive la différence qui enrichit ! |
|
| Revenir en haut |
|
 |
phoeniks
Inscrit le: 02 Août 2006 Messages: 4 Localisation: Alsace
|
Posté le: Ve 09 Oct 2009 11:57 Sujet du message: |
|
|
bonjour à tous,
En ce moment, j’aime vous lire, à nouveau sur ce forum, mais je n’avais pas très envie d’écrire, me sentant trop éloigné de ce qui me semble nécessaire pour me livrer ici. Mais lire ce sujet, son origine et les réponses des uns et des autres, m’a fait très fortement réagir, émotionnellement justement. Peut être parce que je sens trop en ce moment la prédominance de mon mental, et les émotions subies. Je perçois par contre le niveau de « raffinage » (oui, oui, pas de raffinement) de ce que vous dite. Et j’ai ce sentiment, qui n’est pas une intuition, de la reconnaissance d’un terrain connu, partiellement, autrefois, mais qui ne laisse place qu’au souvenir et à sa déformation inéluctable.
Vous lire, me semble, comme un espoir, permettre de relier des berges que je vois depuis quelques temps en permanence s’éloigner. Peut être de manière temporaire et courte, mais peu importe.
merci
 |
|
| Revenir en haut |
|
 |
mauvaiseherbe
Inscrit le: 31 Mai 2006 Messages: 123
|
Posté le: Ve 09 Oct 2009 13:30 Sujet du message: |
|
|
He be ,je ne m'attendais pas du tout à une telle communion ...
Je suis très touchée ...émotion fine et non perturbante quand mes émotions cessent d'être les miennes ,cessent d'être moi .
La" chimie " des émotions ,cette expression correspond bien à la perception que j'en ai ; mais quand enfin ,par la Grâce innattendue de notre ouverture les uns aux autres ,l'acceptation ,la réconciliation devient possible j'ai envie de parler d'alchimie ,de celle qui transforme le plomb en or .
Et ce qui apparait comme une épreuve qui signe le bout de ce qui est en notre pouvoir vient s'éclairer doucement d'une espérance très raisonnable Phoenix .
Il n'y a là plus rien à "faire" sinon s'accorder avec amitié et intelligence du temps ,tout le temps qu'il faut et dont nous ne comprenons pas les lois .
Je parlais de la tradition bouddhiste et je me demandais pourquoi il était si peu question des émotions(à part certaines ,les plus pathologiques) dans l'enseignement judaïque biblique .M'est venu tout à coup à l'esprit que partout dans la bible les personnes ,des plus sages aux plus humbles ,s'expriment ou sont montrées dans une liberté émotionnelle absolument décomplexée: on parle d'angoisse ,de colère ,d'exaltations en tout genre ,de peur ,de lâcheté ,de gémissements ,de frémissements ,de pleurs ,de larmes de joie ou de tristesse etc...
"Car nous n'avons pas à lutter contre la chair et le sang ..." dit l'apôtre Paul aux Ephésiens .
J'ai envie aussi de citer le message de Jim dans le post sur l'impermanance . Il me parle beaucoup aussi .
| Citation: | à savoir la forme des émotions et ce par quoi il faut passer pour les faire vraiment siennes, ne plus les subir comme des sortes d'intruses venues d'ailleurs qui nous bouleversent et nous laissent déchirés, pantelants, "à tous les étages" mais aussi transparents à nous même si nous voulons fermement voir de quoi elles sont faites.
Les laisser monter en nous sans modifier leur déploiement est quelque chose que je rapproche de très très prés de l'expérience de la mort, la mort psychologique j'entends, la mort de soi en tant que possibilité de fuite, de mouvement, de choix.
C'est vraiment l'expérience de l'impermanence de soi et lorsque on est prêt à la mener à son terme, lorsque on dit "oui" à cet assaut et que tout s'écroule, se dé-assemble, on s'aperçoit dans les rires ou dans les larmes que ce que l'on prenait pour soi, n'était en fait que le refus de cette émotion qui cherchait à raconter son histoire et ne faisait que passer et que rien ne nous obligeait à monter dans le train sinon la force qui nous pousse à faire nôtre tout ce qui surgit dans l'esprit. Cette mort "de soi "devient progressivement une mort "à soi" et peut-être dés lors, envisagée plus sereinement et me semble t-il, j'ose l'espérer, pour ce qu'elle est, c'est à dire peut-être, la mort de pas grand chose...
Là encore il est question de confiance grandissante en ce qui ne dépend pas de nous et en quoi il devient salutaire de s'abandonner tout d'un bloc.
La confiance doit devenir un mode d'être. Je crois qu'il y a en nous plus de vide que de plein...
Le corps continue, trés utilement, sa vie de matière, là encore sans notre consentement...
|
|
|
| Revenir en haut |
|
 |
joaquim Administrateur
Inscrit le: 06 Août 2004 Messages: 7128 Localisation: Suisse
|
Posté le: Ve 09 Oct 2009 13:42 Sujet du message: |
|
|
Bonjour à toutes et à tous !
| mauvaiseherbe a écrit: | | Dans mon message je parle beaucoup de l'aspect perturbant des émotions perçues comme plus fortes ,indésirables ou envahissantes ,des mécanismes de refus et de l'obstacle apparent que cela constitue pour moi etc... |
C'est pour cela que j'avais peur de venir en terrain délicat avec des belles théories... Même si j'essaie d'aller les puiser dans mon coeur. Mais bon, je ne sais pas faire autrement, alors je continue. La personne qui a reçu dans sa chair, ou dans son âme, des blessures qui la nient dans sa dignité ou dans son intégrité, aura bien naturellement tendance à vouloir se protéger contre ces blessures, et contre les émotions qu'elles suscitent en elle. Elle va considérer à bon droit que ces blessures ne lui appartiennent pas, et les émotions qui vont avec elles non plus, puisque tout cela est le fruit de quelque chose qui vise à la détruire, et elle va lutter contre elles pour les chasser. Le problème, c'est que les émotions, même si elles sont provoquées par quelque chose qui nous nie, sont malgré tout nôtres. Elles sont nôtres, mais elles ne sont pas soi. Petite différence qu'on a bien souvent tendance à négliger, et qui est source de déchirements sans fin de soi avec soi. Car si on croit qu'elles sont soi, les ressentir, c'est se nier soi-même, et c'est ne plus savoir dès lors sur quoi prendre appui pour lutter contre elles. C'est se découvrir traître à soi-même, découvrir que ressentir ces émotions, c'est comme se trahir soi-même. Et c'est là bien souvent le noeud le plus douloureux du problème, plus douloureux même que la violence initiale qui l'a causé.
Mais cette douleur-là porte en elle le germe de sa propre rédemption. Perdre cet appui de soi en soi, quand bien même il est si douloureux, c'est néanmoins salutaire, car c'est mettre à jour une autre violence que chacun se fait à soi-même, sans jamais s'en rendre compte. C'est la violence par laquelle on se chosifie soi-même, par laquelle on fait de soi ceci ou cela, comme si on était telle ou telle émotion. Toutes les émotions agréables, et même les pas trop désagréables, permettent à cette imposture de perdurer. Mais lorsque l'émotion que l'on ressent nous crie qu'elle n'est pas soi, alors c'est la panique à bord. On ne sait plus où se réfugier. Il n'y a plus aucun point d'appui, simplement un brouillard qui ne donne prise à rien, sinon à un écoeurement de soi. Tu avais raconté de manière poignante dans l'ancien forum, mauvaiseherbe, cet événement où ton impuissance et ta colère contre l'injustice et la violence étaient parvenues à un point tel que tu mis en doute le dernier socle sur lequel tu pouvais encore prendre appui, tu demandas des comptes à Dieu. Autrement dit tu acceptas de ne prendre appui sur plus rien, ni même sur lui, et ne te tins plus que sur la fine pointe de ta question, dans laquelle se condensait tout ce que tu étais. Tu t'apparus soudain, et le monde à travers toi. Tu n'étais plus cette chose palpitante et blessée, tu étais, tu faisais acte d'exister, tu amenais l'entièreté du monde à exister parce que tu étais là, toi, entièrement ouverte pour l'accueillir. C'est cet acte de foi, non pas en un dieu-chose (toute idée de Dieu n'est qu'une chose), mais dans la vie que l'on est, cette vie que l'on devient lorsqu'on ose se dresser comme une simple question, soutenue par aucun autre appui qu'elle même.
C'est cette même foi dont tu parles, me semble-t-il, Petit Scarabée, dans ton émouvant témoignage. |
|
| Revenir en haut |
|
 |
mauvaiseherbe
Inscrit le: 31 Mai 2006 Messages: 123
|
Posté le: Ve 09 Oct 2009 15:44 Sujet du message: |
|
|
Je ne perçois pas tes interventions comme voulant plaquer de façon qui serait une violence de la théorie froide sur du vécu chaud .
Les débordements émotionnels ont la fâcheuse faculté d’être particulièrement fascinants et de provoquer beaucoup d’agitation mentale .
Je ne suis pas en plus très douée pour « penser » de façon approfondie et construite ,mais je ressens quand même le besoin en ce moment d’une aide de la Pensée .C’est une question d’équilibre pour moi .Alors il faut que j’aille la chercher ailleurs ,chez ceux qui sont capables de théoriser ce qu’ils ont vécu en vérité ,ceux qui comme toi sont capables de le faire sans se déconnecter du cœur . Je les reconnais et j’ai confiance .
. | Citation: | | Le problème, c'est que les émotions, même si elles sont provoquées par quelque chose qui nous nie, sont malgré tout nôtres. Elles sont nôtres, mais elles ne sont pas soi. Petite différence qu'on a bien souvent tendance à négliger, et qui est source de déchirements sans fin de soi avec soi. |
Oui c’est ce qu’il m’est arrivé d’entrappercevoir quelquefois de façon fugitive et une ou deux fois de façon vraiment claire .Il faut que j’en prenne note en moi ; même si c’est pour ne rien en faire ,je sens seulement que c’est important aussi.
C’est pour ça je crois que j’ espère une sorte d’équilibre corps ,émotion pensée .le dire comme ça est très laid et artificiel .Mais j’ai remarqué que dans ces moments où a pu se dégager la distinction si importante entre soi et soi dont tu parle ily avait toujours un relatif meilleur équilibre de cet ordre là .Bien souvent j’étais dehors dans la nature ,ce qui a la faculté de mettre mon corps à l’aise ,il se retrouve chez lui ,respire plus librement et c’est comme si cette respiration plus libre venait aérer et permettre une ouverture plus générale . Le début de moins de violence ....
Bien sûr ça ne peux pourtant pas se fabriquer ou se commander ; et se tendre vers pour regretter ensuite que des moments d’une telle clarté ne se produisent pas à volonté serait tomber dans un véritable piège ,je l’ai compris je crois .
Ps de ce soir(20h30) : j'ai des moutons que je suis allé voir ce soir et le bélier que j'aime particulièrement s'est montré un peu trop familier ce que je sais être potentiellement dangereux .Il m'aime bien aussi mais veut en même temps me dominer et s'imposer à moi parceque tout simplement c'est dans sa nature d'essayer . Mais le problème c'est que je n'ai pas autant d'hormones mâles et j'ai des difficultés à être pendant un temps assez long sur un mode de rivalité . Et ce soir je me suis surprise à avoir une réaction à son approche extremement vive et nerveuse au point que lui même s'est effrayé .C'était de la peur .
Si la première réaction a été simple je crois que j'ai vu ce qui a amplfié le trouble au point de presque réussir à me faire fuir et de créer du dégout de moi même .Au réflexe de l'émotion initiale s'est ajouté une émotion bien plus forte , un véritable poison: je me suis immédiatement reproché ma réaction en me dévalorisant à mes propres yeux et en amplifiant de façon dramatique le risque réel avec l'aide d'une mémoire presqu'organique de violences anciennes (atteinte à l'intégrité dont tu parles) .
Ce n'était plus moi et le brave bélier qui étions là face à face mais des stéréotypes qui s'affrontent ...Et là c'est la panique et là il y a douleur.
| Citation: | | Mais cette douleur-là porte en elle le germe de sa propre rédemption. Perdre cet appui de soi en soi, quand bien même il est si douloureux, c'est néanmoins salutaire, car c'est mettre à jour une autre violence que chacun se fait à soi-même, sans jamais s'en rendre compte. C'est la violence par laquelle on se chosifie soi-même, par laquelle on fait de soi ceci ou cela, comme si on était telle ou telle émotion |
Oui c’est exactement ce qui m’est apparu avec beaucoup d’étonnement . J’ai découvert des images ! Des images de moi ,de dieu , des autres ,de tout ...des idoles ,des illusions .
Des images auquelles je m'étais accrochée désèspérément s'en m'en rendre compte,croyant ne rien avoir d'autre ou ne rien être d'autre ....
J’ai cru que une fois vues elles ne réapparaitraient plus ,seraient plus faciles à débusquer ou perdraient ,les prochaines fois, de leur pouvoir mais il n’en a rien été .
Autre chose est en jeu que de simplement guérir ,ou mieux « fonctionner »
Quelque chose que je n’ai pas les moyens d’atteindre si l’idée d’atteidre avait encore un sens ,quelque chose que je ne peux ni comprendre à l’avance ni donc vraiment désirer ou vouloir .
Alors s'il faut encore souffrir de temps en temps ,j'accepte ,et s'il m'arrive de ne pas accepter de souffrir je me promets d'accepter de ne pas accepter etc...
J’avais lu ça de toi aussi à ce propos :
| Citation: | Ne rien vouloir, cela ne semble pas si compliqué. Et pourtant… Ne rien vouloir, c’est aussi ne pas vouloir que ce “rien-vouloir” se produise. C’est ne pas se fixer de temps, se laisser tout le temps qu’il faut, ne pas attendre que survienne le rien-vouloir. Cette attitude contient à la fois un paradoxe et sa résolution. Car renoncer à atteindre le rien-vouloir, ce n’est pas vraiment rien vouloir, puisque c’est accepter de ne pas y arriver. Et pourtant, ne pas atteindre le but, c’est précisément cela, ne rien vouloir.
Pour ne rien vouloir, vraiment, il faut ne pas vouloir que quoi que ce soit se produise, même le rien-vouloir. Il faut se laisser le temps. Tout le temps. Laisser le temps libre de toute mesure et de tout projet. Cela veut dire en fait : cesser de faire du temps un futur. Sortir de la durée. Ne plus mesurer le temps en durée, mais en instants. Des instants vivants qui naissent neufs à chaque instant. C’est le temps qui fait tout. S’il devient présent, alors Je Suis. |
|
|
| Revenir en haut |
|
 |
miboogh
Inscrit le: 24 Fév 2007 Messages: 202
|
Posté le: Sa 10 Oct 2009 10:13 Sujet du message: |
|
|
Bonjour Petitefleur , et bonjour à toutes et tous,
Je préfère à Mauvaiseherbe, et cela sied mieux à cette belle ouverture de cœur que tu viens de nous offrir.
J'arrive un peu tard dans l'échange , internet ponctuel oblige, mais tant pis, je te fais part de ce que m'inspire tes mots.
Oui l'amour est à notre origine, l'amour d'être, qui anime tout ce qui vit. L'émotion est la relation de cœur avec le monde, c'est presque épidermique, tant j'ai cette sensation d'être comme une peau faite de tout ce qui me relie au monde, et qu'en même temps mon monde n'est autre que cette peau.
Tu évoques ces expériences d'immobilité et silence, unifié, où le monde est tenu à distance, transparent, peut-être as-tu remarqué qu'au sortir de cet état, le « retour » au monde, s'il se fait dans le silence encore du mental, n'est autre qu'émotion. A cet instant le pur amour d'être se manifeste. Dans émotion ici j'entends toute la palette de ce qui relie au monde, qui en épouse toutes les formes.
Si les mémoires de mon histoire ne se sont pas réactivées, les émotions apparaissent comme écloses de mon propre centre, et lors de cette émergence naturelle elles peuvent manifester leurs qualités, leur part de beauté et le monde contemplé prend cet éclairage...
Les émotions sont donc notre richesse d'être manifesté, un interface avec le monde, et les étouffer ou les canaliser serait un non sens à la vie. Ce n'est pas non plus la porte ouverte à l'expression débridée de toute émotivité réactionnelle, mais je ne crois pas à l'efficacité du contrôle de mes réactions, pour avoir expérimenté les multiples rechutes surprises. Par contre je crois au parti pris de l'amour et de la beauté, comme fondement d'une joie intérieure, un parfum qui baigne et anticipe mon éclairage sur le monde. Comme une saveur que l'on garde en bouche. La pastille de menthol calée au creux de la joue ! Tout l'être sent le frais !
Maintenant je vais m'atteler à la lecture de vos interventions ... |
|
| Revenir en haut |
|
 |
mauvaiseherbe
Inscrit le: 31 Mai 2006 Messages: 123
|
Posté le: Sa 10 Oct 2009 20:03 Sujet du message: |
|
|
| Citation: | | Tu évoques ces expériences d'immobilité et silence, unifié, où le monde est tenu à distance, transparent, peut-être as-tu remarqué qu'au sortir de cet état, le « retour » au monde, s'il se fait dans le silence encore du mental, n'est autre qu'émotion. A cet instant le pur amour d'être se manifeste. Dans émotion ici j'entends toute la palette de ce qui relie au monde, qui en épouse toutes les formes. |
Oui tout à fait ,Miboogh .C'est ce qu'il m'est souvent arrivé de vivre et ta précision "dans le silence du mental " est très importante . J'ai remarqué aussi que ce silence n'a pas besoin d'être total non plus ;il peut bien y avoir encore quelques papotages s'ils ne sont pris que pour ce qu'ils sont ,dans le sein bienveillant du grand Silence .
| Citation: | | Les émotions sont donc notre richesse d'être manifesté, un interface avec le monde, et les étouffer ou les canaliser serait un non sens à la vie. Ce n'est pas non plus la porte ouverte à l'expression débridée de toute émotivité réactionnelle, mais je ne crois pas à l'efficacité du contrôle de mes réactions, pour avoir expérimenté les multiples rechutes surprises. |
Oui .Oui merci beaucoup Miboogh ,et merci de bien vouloir partager ton bonbon à la menthe fraîche .  |
|
| Revenir en haut |
|
 |
mushotoku-nad
Inscrit le: 31 Mars 2006 Messages: 257 Localisation: gard
|
Posté le: Di 11 Oct 2009 19:49 Sujet du message: |
|
|
Bonjour à tous, et bonjour à toi, ma belle... :)
Vous avez tous dit un tas de choses toutes tres justes sur les émotions, et cela à partir de divers point de vue qui cisélent ensemble une compréhension plus large du "phénomène", je trouve.
Pour mapart, ce que j'ai découvert dans ce domaine, c'est qu'ily a émotion, et émotion.
Il y a les émotions qui émergent de la relation au monde du "moi identifié", ignorant de sa véritable nature. Celles sur lesquelles on travaille lors de "l'éveil psychologique" lorsque la souffrance de nos manque en tous genres et de nos douleurs nous assaillent au point de nous envahir totalement. Des emotions que nous avons à accepter, auxquelles nous devons nous ouvrir pour les reconnaitre et pour les guérir, comme le dit Joachim.
Et puis il y a les é-motions, ces énergie qui nous meuvent et qui émergent de la rencontre, ou de la friction entre les énergies du monde, celles de l'autre, et "l'équation énergétique" qui caractérise cette forme spécifique qu'a prise le "je suis".
J'ai découvert sur ce chemin que lorsqu'on accepte totalement les premières, lorsqu'on s'y ouvre totalement, sans refus, sans rejet,quelles qu'elles soient , et qu'on accepte vraiment d'être "un" avec elles, lorsqu'on les goûtte dans un acceuil vrai, il se passe une étrange chose.
Tres vite elles se dissolvent, un peu comme un brouillard qui se lève, et c'est un étrange espace vide qui prend la place.
Il reste la situation, le fait n'a pas changé, mais la douleur n'est plus là. Il y a ce qu'il y a, tout simplement.
Ce qui se passe se passe, mais cela ne provoque plus du tout la même réaction.
Les choses sont vues pour ce qu'elles sont, sans ce filtre émotionel et du coup le moi qui s'identifait à cet état de choses découvre qu'il n'est effectivement pas ce qu'il croyait être...
Il peut ne pas souffrir de ce qui le faisait souffrir.
On découvre a quel point le "moi" se construit sur le refus lorsqu'on apprends à être inconditionnellment ouvert, à être dans le oui total a ce que la vie nous offre.
lorsqu'on s'ouvre de la même façon aux mouvements émotionels perpétuelles provoqués par la rencontre avec la vie et avec l'autre, dans un acceuil total, on goûte la magie de la Vie, celle de l' Amour qui soustend et anime "en sous main" toutes relations et se découvre un flot énergétique qui a ses lois, qui nous habite et qui nous porte à travers la Vie.
Les é-motions c'est ce qui nous meut. "Pour le meilleurs et pour le pire"
Celles qui naissent de ce noeud de l' identifications créent les ré-actions en chaine d'un cercle vicieux.
Celles qui traversent cet espace infini que nous sommes en tant que mouvement de la Vie même , lorsqu'on sait les reconnaitre et s'y abandonner en confiance peuvent devenir le courant qui nous porte avec justesse, et elles c'est un cercle vertueux qu'elles créent.
Alors on peut laisser enfin toute volonté personnelle de coté, se laisser traverser, lacher prise et Etre.
C'est un passage intérréssant que celui de cette découverte; il nous fait tres concrétement expérimenter "deux mondes" en nous même.
Deux mondes intérieurs tres differents tant dans leurs saveurs que dans ce qu'ils créent ;
Et du coup certaines notions, certains concepts deviennent transparents...
Celui de karma, par exemple.Ou de libération
C'est en tous cas ce que j'ai découvert et que j'expériemente quotidiennement, alors "petite fleur", je te donne "ma recette"... :) |
|
| Revenir en haut |
|
 |
mauvaiseherbe
Inscrit le: 31 Mai 2006 Messages: 123
|
Posté le: Di 11 Oct 2009 23:28 Sujet du message: |
|
|
Pendant cette année écoulée ,il m'est arrivé de vivre des moments difficiles où les émotions de la première sorte semblaient vouloir m'engloutir ;et plusieurs fois ,pour tenter de refaire surface malgré mon manque de moyens du moment (je me débattais sans doute un peu trop) ,m'est venu à l'esprit qu'un jour une jolie petite dame très sage avait tenu des propos très à propos . Les quels je ne m'en souvenais plus .Elle m'avait donné le truc pourtant ,un truc d'ailleurs que je connaissais au fond ...mais je ne m'en souvenais plus non plus .
Alors j'ai juste pensé à la jolie dame ,au gout de ses mots et parfois le parfum du lieux d'où elle était allé les chercher se faisait presque sentir :juste assez pour que je me souvienne qu'au fond je sais et je suis et que tout ira bien .
C'était presqu'exactement ceux là ,clairs ,précis et vivants .
Trop fatiguée ce soir pour entrer dans le détail ;j'ai beaucoup écrit à ce sujet et beaucoup lu ,il me faut maintenant le temps de digérer et de laisser émerger les futures questions . Mais merci ,merci à tous .  |
|
| Revenir en haut |
|
 |
|
|
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets Vous pouvez répondre aux sujets Vous ne pouvez pas éditer vos messages Vous ne pouvez pas supprimer vos messages Vous ne pouvez pas voter dans les sondages
|
Powered by php B.B.
© 2001, 2005 php B.B. Group · Theme and Graphics
by Tim Blackman
Traduction par : php.B.B-fr.com
|
|