Regards sur l'éveil
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Message |
Pierre
Inscrit le: 22 Nov 2005 Messages: 78 Localisation: Toulouse
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Posté le: Sa 17 Oct 2009 23:01 Sujet du message: Sphère |
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Je suis né d'une âme sphérique,
Et rouler était sa raison d'être, sa nature première,
Rouler sans motif, sans rime ni raison
Rouler pour la joie de rouler,
Au gré des pentes et des vents,
Au rythme des saisons.
Mais j'ai bien vite compris que le monde dans lequel je me trouvais n'avait que faire des sphères
Maisons cubiques,appartements cubiques entassés les uns sur les autres en tours gigantesques
Pleines de boites, tiroirs, placards, lits, tables, escaliers, livres, appareils technologiques,
Il n'y en a ici que pour les surfaces planes et les angles droits.
Mes contemporains ne s’intéressent pas aux sphères,
Sauf pour s'amuser un peu, timide réminiscence d'un bagage angélique oublié,
Billes, balles, ballons et montgolfières.
Mais hors de ces divertissements,
Sphériques et atmosphériques,
Le pragmatisme et l’utilitaire de notre époque
N'ont laissé aucune place aux sphères.
Il y a les roues me direz-vous.
Ah, les roues !
Les roues sont des anges sphériques auxquels on a coupé les ailes
Pour mieux les exploiter,
Des sphères réduites en esclavage,
Asservies, amputées des deux tiers de leur rondeur,
Empalées sur un axe,
Privées de deux degrès de liberté.
Elles tournent, certes, mais elles ne roulent pas vraiment,
Elles ont conservé un peu de leur nature céleste,
Que les hommes se sont empressés de mettre à leur service.
La rondeur demeure si étrangère à l'esprit de notre monde,
Que pour traduire les proportions d'un cercle dans le langage parlé ici-bas,
On utilise un nombre qu'on ne connait pas très bien, qu'on ne calcule pas très bien, et qu'on ne comprend pas du tout.
Pi - car c'est comme ça qu'on s'est résigner à l'appeler - ,
Pompeuse lettre grecque dissimulant mal l'ignorance fondamentale
L'incommensurabilité de l'esprit cubique à l'âme ronde
3,141592 653589 793238 462643 383279 502884 197169 39937510 5820974944 5923078164 0628620899 8628034825 3421170679 etc., etc.,
Voyez comme une discipline aussi vantée que les mathématiques,
Est incapable d'exprimer simplement les vérités célestes.
Assurément c'est un coup du bon Dieu pour humilier les mathématiciens.
Et leur rappeler qui est le patron.
C'est moche un cube, c'est plein d'arêtes,
Et ses sommets pointus sont si blessants.
Et puis un cube, ça ne sait pas rouler,
Ca glisse.
Et plus ça glisse, plus ça s'use, plus ça s'agrandit l'assise, plus ça se stabilise
Et plus ça ne peut faire autrement que glisser
(Curieuse ironie du sort, pour celui qui s’est employé à raboter la courbure de son âme, de tomber dans un cercle vicieux ; c’est diabolique, encore un coup du Bon Dieu)
Pour des âmes cubiques, tout réclame un effort,
Trop de frictions de frottements, de peine,
Alors ça se traine,
Ca réclame des escalators, des ascenseurs, des voitures
Et puis, privé de l'ivresse légitime de la roulade à volonté,
Dont le souvenir refoulé les inquiète toujours
Ca exige des compensations pour combler le manque,
Des téléviseurs avec des écrans plats et coins carrés,
Des divertissements standardisés,
De belles maisons normées,
Des vacances packagées,
Et des paquets cadeaux dans des boites parallélépipédiques,
D’autres trouvent un peu de quoi se consoler
Dans la contemplation des rondeurs féminines
En vieillissant, ils s’usent tellement qu’ils deviennent tout plat.
Ils se sentent minuscules ; tout les surplombe, tout les effraie.
Pour retrouver un peu de leur hauteur perdue,
Certains se mettent sur la tranche
Et au prix de grands efforts pour conserver leur équilibre,
Ils parviennent à faire illusion quelque temps.
Mais ils s’usent toujours, et encore plus vite
Les voilà réduits à une misérable baguette, toute en longueur
Incapable de tenir debout sans assistance
D’ailleurs ils n’en ont pas envie.
Ils redoutent trop de s’user encore et de finir par perdre
La seule dimension qu’il leur reste.
Alors on les rassemble, on en fait des fagots
Que l’on envoie mourir ensemble.
Nous sommes nés rond comme le ventre de nos mères,
Et ce monde s'emploie avec tant de violence
A nous rendre cubiques
C'est qu'il en faut des coups pour aplanir ne serait-ce que très partiellement une sphère parfaite.
Je n’étais pas contre l'idée de disposer d'une petite assise,
Une déformation localisée sur laquelle j'aurais pu me poser et me tenir tranquille,
Pour écouter avec l'immobilité respectueuse de circonstance
Les leçons de mes éducateurs.
C'était si simple, il suffisait d'y penser.
Mais c'était trop demander, ou pas assez.
Non, je devais être cubique,
Arborer de beaux angles droits et de belles surfaces lisses et régulières,
« Montre tes angles au monsieur
Voyez comme ils sont beaux, durs et pointus
Ca n’a pas été facile, il nous a donné du mal,
Il ne tenait pas en place,
Mais à force de le mettre au coin
On a réussi à en faire quelque qu'un»
On avait tant de choses à me poser dessus
Valeurs, hiérarchie, dossiers urgents, responsabilités familiales,
Sens civique, obéissance à l’intérêt commun,
Rien de tout cela ne saurait tenir longtemps
Chez celui qui n’est que courbure
Chez celui qui n’a pas la tête bien plate
Pas question de jouer les équilibristes
Pas question de prendre le risque
Que tout tombe par terre dans un mouvement d’humeur.
J’ai appris à honnir en moi - et chez les autres - tout ce qui rappelait la courbure originelle.
Et nigaud que j’étais, traître à ma sphéricité originelle,
J’en demandais encore
On m’a mis dans une boite carrée aux parois indéformables
Si le couvercle ne se fermait pas bien,
On y posait dessus de gros dictionnaires, bien lourds
Chargés de tout le savoir du monde
Et peu à peu, écrasé par tant d’intelligence,
Mon âme d’enfant encore malléable
Se soumettait passivement.
Je voulais bien faire
Ne pas m’arrêter en chemin, ne pas faire les choses à moitié
A quoi aurais-je ressemblé
Mi rond, mi plat ?
A rien, à ces pauvres choses que l’on me désignait avec mépris,
Vagabonds, marginaux, inadaptés sociaux,
Ces pauvres âmes cabossées
Formes étranges, uniques, singulières,
Faites de rondeur originelle miraculeusement conservée
Et de douloureuses concavités, témoignant de la violence des coups qu’elles reçurent
Des coups donnés sans but, sans méthode ni projet,
Sans souci d’aplanir ou de former.
Pourtant j’en ai connu de ces âmes tordues
Qui jouissaient encore du privilège divin
De pouvoir effectuer des roulades.
Pas tous les jours, et pas sans risques ni sans mal,
Il leur fallait une pente bien raide pour se lancer,
Beaucoup de vin pour se donner du courage
Et pour oublier le risque de retomber du côté qui fait mal
A l'aune de leur nature céleste,
Elles n’avaient pas tout perdu.
Parfois, je suis bousculé et ô miracle il m'arrive de retomber sur une partie de ma surface qui a conservé un peu de courbure
Alors je tangue, je fais le culbuto,
Je me laisse envahir par la nostalgie d'un temps où tout en moi était rond,
Et je me console en me berçant
Mes contemporains n'aiment guère tanguer.
Ca les effraie.
Lorsque ça leur arrive, la plupart panique.
Ils sont désorientés et croient devenir fous.
Ils s'agitent, virevoltent, comme une tortue sur le dos.
Et lorsque la crise est passée, ils se dépêchent d’aller trouver un médecin
Pour se faire raboter l’âme.
Un jour j’ai découvert que la vie était abrasive
Et que la seule manière de retrouver ma nature originelle
Etait de rouler, de dévaler toutes les pentes,
De me frotter à tous et à tout,
De m’user au contact de ce qui se présente,
Je ne pleure plus la perte de mon innocence.
On ne peut demeurer dans cette intégrité-là
Toute rencontre aimante est un choc
Qui restaure un peu de ma rondeur perdue. |
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joaquim Administrateur
Inscrit le: 06 Août 2004 Messages: 7128 Localisation: Suisse
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Posté le: Di 18 Oct 2009 1:33 Sujet du message: |
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Ton poème m'a saisi, Pierre
Paul Klee - Buste d'un enfant - 1933 |
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daniel
Inscrit le: 15 Fév 2006 Messages: 11248 Localisation: belgique
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Posté le: Di 18 Oct 2009 3:29 Sujet du message: |
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c'est donc vrai, tout ce qui se dit, sur le monde, alors ... que si le monde s'est mis en boule, c'était pour se protéger des cailloux qui le bombardent ...
et que depuis, il tourne sur lui-même, et qu'il ne sait plus s'arrêter, qu'il ne sait plus où donner de la tête, qu'il a oublié comment tout ça a bien plus commencer, qu'il aurait oublié, jusqu'à, son origine ... y-a-t-il des alliés objectifs !? des dégats collatéraux !
il m'arrive, aussi, de temps en temps, de faire une roulade, mais à chaque fois, je ne dévale qu'une seule fois la pente, c'est qu'arrivé, en bas, j'ai mal partout !
la prochaine roulade, l'ami pierre, je te la dédicasserai !
http://www.dailymotion.com/relevance/search/avec+le+temps%2C+l%C3%A9o+ferr%C3%A9/video/x2a5jr_leo-ferre-avec-le-temps-olympia-197_music |
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Alain V
Inscrit le: 24 Fév 2007 Messages: 7212
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Posté le: Di 18 Oct 2009 9:26 Sujet du message: |
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Excellent Pierre !
Voila le genre de texte qui vraiment m'enchante. J'y trouve la délicatesse et l'intelligence du propos, les clins d'oeil que tu nous adresses tout en t'amusant de ces formes qui ne sont pas vraiment faites pour s'entendre mais qui, à travers leurs péripéties cubiques ou sphériques, nous disent tant de choses...
C'est digne d'un Raymond Devos  |
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Animalia Invité
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Posté le: Di 18 Oct 2009 10:11 Sujet du message: Géométrie |
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Il n'y a pas de doute qu'à force de dévaller les pentes, vous trouviez une rivière compatissante qui vous conduise au grand Océan.
Là Pierre, vous deviendrez sable. Puis par la compassion d'une huitre vous deviendrez perle...un peu de la même forme que celle que vous nous avez offert!
La géométrie est apparemment plus puissante que l'arithmétique!
Vous avez raison. La vie ne peut pas faire l'économie de "l'abrasion" mais les rivières, les océans et les huitres en font parties.
Une dernière parenthèse mathématique: Si, par la pureté de votre sturcture, vous avez la chance de "finir" dans la coquille d'une huitre et non pas sur le cou d'une "rotonde" humaine, vous passerez du "pie" des sphères au "nombre d'or" des VIVANTS.
Animalia. |
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cieletbaie
Inscrit le: 20 Fév 2006 Messages: 21
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Posté le: Di 18 Oct 2009 11:05 Sujet du message: |
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Bonjour Pierre.
Je ne peux rien citer de tes mots, tant ils sont splendides. Le souffle de la vie pulse à travers ton texte. Merci pour ce bijou.  |
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Jim
Inscrit le: 06 Fév 2007 Messages: 224 Localisation: Touraine
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Posté le: Di 18 Oct 2009 12:04 Sujet du message: |
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Salut Pierre,
et merci pour cet air frais à la fois tendre, humoristique et vrai.
Ce qui est incroyable, c'est que depuis le temps, on n'arrive toujours pas à voir, qu'en plus des coups qu'on prend (et que l'on donne), que ça ne marche pas...On peut passer une vie entière à faire en sorte que ça marche mais jamais on ne sera "carré", avec tout le mal qu'on peut se donner, on s'applique avec acharnement à se carréïfier et là, bien stable bien posé, on tombe toujours sur un rond qui nous accueille pourtant, mais qu'on accuse de nous faire basculer et qu'avec terreur, on s'obstine à repousser, comme le gras repousse le maigre.
Il doit y avoir ,dans ce carré là, quelque chose qui ne tourne pas rond...  |
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mauvaiseherbe
Inscrit le: 31 Mai 2006 Messages: 123
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Posté le: Di 18 Oct 2009 13:04 Sujet du message: |
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Tu disais ,Pierre, il y a quelques jours :
| Citation: | | J'ai d'autres exemples, d'autres souvenirs, qui me font croire que cette reconnaissance de la réalité comme sa propre extension requiert un minimum d'amour de soi. Ce n'est pas mon cas actuellement. |
Et aujourd'hui ...voilà ...je suis bouleversée et émerveillée .
Je pense irrésistiblement à ces mots de Cieletbaie un jour :
| Citation: | Un matin, je me souris dans la glace.
Une bombe atomique est un pétard ridicule à côté d'un tel évènement.
(...).
Je m'aime.
Et il est clair que personne, aucun parent, aucune compagne, aucun enfant, personne ne pourra m'aimer comme je peux m'aimer moi-même. Je suis la source de l'amour de moi pour moi-même. Et il n’y a aucune limite à l'amour que je puis, encore mieux que me donner, m'offrir à moi-même.
Je suis en paix avec moi-même, plus de place pour la haine.
Ce n'est pas du pardon; ce serait bien trop mesquin. Les reproches seraient "incongrus", parcequ'ils seraient sur un plan beaucoup plus bas.
J'ai "tout".
Drôle de chemin pour accéder à soi-même. Je ne sais ni le pourquoi ni le comment.
S'aimer soi-même!
(...)
Rien d'extraordinaire dans ce parcours. Parceque nous sommes tous extraordinaires. Chacun est un coeur cabossé.
Tous les grands témoins nous disent et re-disent de chercher en nous. Qu'importe le niveau auquel nous nous commençons.
Accéder enfin à soi-même! non pas à une image ou à un commentaire intellectuel de ce que l'on s'imagine.
Se caresser l'âme |
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daniel
Inscrit le: 15 Fév 2006 Messages: 11248 Localisation: belgique
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Posté le: Di 18 Oct 2009 14:23 Sujet du message: |
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j'en suis, vraiment, venu à me demander, comment cela faisait-il, qu'apparemment, je n'avais pas perçu ton texte, pierre, de la même manière que les autres qui ont suivi ...
d'abord, il y a eu toniov, je me suis dit, la vie est belle pour lui, en ce moment, il est aux anges, il passe une belle matinée ! et puis, il y a eu jim, et cieletbaie, animalia, et mauvaiseherbe, qui témoignaient du même enchantement ... il semblait évident, que quelque chose m'avait échappé, alors, j'ai relu le texte, et cela m'a permis de retrouver ce qui m'a fait me rouler dans la farine, c'était le mot "abrasive", en fait, je ne connaissais pas la signification de ce mot ... depuis, je me suis renseigné, il est apparenté au verbe polir (et user, aussi, mais chuuut ... "qui polit trop, un jour, s'embrase ! ) ...
le fait de ne pas comprendre ce mot, inconsciemment, a occulté tout le sens de ce qui suivait, et qui expliquait, très bien, de quoi, il retournait !
autant pour moi ...
namaste (ce qui veut dire que le souffle qui anime l'autre, et toute la création, est le même souffle qui t'anime, toi .... et moi, également ! )
Dernière édition par daniel le Lu 19 Oct 2009 4:16; édité 1 fois |
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ponkhâ
Inscrit le: 09 Nov 2005 Messages: 6 Localisation: Suisse
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Posté le: Di 18 Oct 2009 14:26 Sujet du message: Re: Sphère |
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| Pierre a écrit: |
Un jour j’ai découvert que la vie était abrasive
Et que la seule manière de retrouver ma nature originelle
Etait de rouler, de dévaler toutes les pentes,
De me frotter à tous et à tout,
De m’user au contact de ce qui se présente,
Je ne pleure plus la perte de mon innocence.
On ne peut demeurer dans cette intégrité-là
Toute rencontre aimante est un choc
Qui restaure un peu de ma rondeur perdue. |
Serait-ce qu'un jeux!?
Donner de la solidité à ce qui en a pas, à des formes sans vie (en l'occurrence carrées), comme prêter une grande valeur a ce que raconte notre esprit, qu'elle importance au bout du compte? Que y'a t'il à gagner ou à perdre? Ne sommes-nous pas celui qui donne la vie au jeux?
Si pas d'importance...si rien à perdre et à gagner... si je suis la Vie qui donne Vie.
Alors amusons-nous! Oublions tout et retournons dans le jeux de la Présence. Ici et maintenant tout est neuf n'est-ce-pas?, tout est libre d'histoires. Ici et maintenant il y a juste "moi" “Soi” et quoi, qui d'autre?
Merci Pierre et à vous Tous de rendre "ce jeux" aussi passionnant 
Dernière édition par ponkhâ le Lu 19 Oct 2009 10:11; édité 1 fois |
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Animalia Invité
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Posté le: Di 18 Oct 2009 14:55 Sujet du message: Le jeu de la création |
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Tu es pardonné Daniel. On ne peut pas Etre co-créateurs, Bill et toi, de la création le Samedi et le Dimanche matin être disponible pour la création d'un autre.
Et Dieu vit que tout était bien et il décréta que Dimanche était jour de repos...
Animalia. |
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Pierre
Inscrit le: 22 Nov 2005 Messages: 78 Localisation: Toulouse
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Posté le: Lu 19 Oct 2009 19:16 Sujet du message: |
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Bonjour à tous, merci pour tous vos commentaires qui font plaisir à lire, et ravi que mes élucubrations métaphysico-psycho-socio-géométriques vous aient plues.
| mauvaiseherbe a écrit: |
Et aujourd'hui ...voilà ...je suis bouleversée et émerveillée .
Je pense irrésistiblement à ces mots de Cieletbaie... |
Bonjour mauvaiseherbe,
Bien vu pour le rapprochement : il y a bien du Cieletbaie dans ce texte. Disons que certains de ses messages, autant sur la forme que sur le fond, ont alimenté mon inspiration...
( eh oui, Cieletbaie, c'est sans doute pour cela que tu as apprécié : on est jamais si bien servi que par soi-même ) |
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cieletbaie
Inscrit le: 20 Fév 2006 Messages: 21
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Posté le: Lu 19 Oct 2009 20:53 Sujet du message: |
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Bonjour Pierre.
Il y a quelqu'un à côté qui est venu voir pourquoi je viens d'éclater de rire en regardant l'écran  |
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Plume
Inscrit le: 30 Oct 2005 Messages: 54 Localisation: London (UK)
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Posté le: Ma 20 Oct 2009 0:20 Sujet du message: |
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Bonsoir Pierre,
Ce texte est très touchant, une métaphore filée qui débute légèrement et qui peu à peu dévoile toute sa profondeur. Je ne sais pas si tu y as pensé, mais "pierre qui roule n'amasse pas mousse"...
J'aime beaucoup l'humour en filigrane, et certaines situations cocasses que la plupart d'entre nous ont sûrement déjà vécu:
| Citation: | « Montre tes angles au monsieur
Voyez comme ils sont beaux, durs et pointus
Ca n’a pas été facile, il nous a donné du mal,
Il ne tenait pas en place,
Mais à force de le mettre au coin
On a réussi à en faire quelque qu'un» |
Plus on avance dans la lecture, plus on se rend compte que "tout se tient": des marginaux aux formes monstrueuses et loufoques, aux roues domestiquées, empallées, asservies, en passant par les vieux enfagotés qu'on envoie mourir ensemble... Ce qui a sans doute débuté comme un jeu s'avère tout compte fait très sérieux. Bravo, je me suis bien fendu la poire.  |
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