Regards sur l'éveil
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daniel
Inscrit le: 15 Fév 2006 Messages: 11248 Localisation: belgique
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Posté le: Lu 22 Fév 2010 6:20 Sujet du message: éveil et revolution |
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bonjour rise !
je te répond, ici, plutôt que sur le topic d'à côté (les 3D à renard) ...
rise dit :
| Citation: | mais il m'est toujours sympathique Daniel, on peut lui pardonner sa jeunesse, il m'a fait revivre mes 20 ans ce soir, mais je ne sais pas son âge, il a peut être mon âge, dans ce cas pardonne moi, Dany le rouge:D
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toi aussi, rise, je t'apprécie ...
je viens d'avoir 45 ans, en janvier dernier, ... mais, il y a quelques années, je militais, encore ... (du côté des libertaires ! ... je le suis toujours, mais ne suis plus pratiquant ... ... cela a participé de mon éthique personnelle ... ouais ! ) ... |
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riseohms
Inscrit le: 30 Nov 2009 Messages: 4343 Localisation: paris
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Posté le: Lu 22 Fév 2010 10:47 Sujet du message: |
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bonjour daniel !
daniel dit :
| Citation: | je viens d'avoir 45 ans, en janvier dernier, ... mais, il y a quelques années, je militais, encore ... (du côté des libertaires ! ... je le suis toujours, mais ne suis plus pratiquant ... ... cela a participé de mon éthique personnelle ... ouais ! ) .
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et moi, j'avais 20 ans en mai 68, j'ai participé au mouvement étudiant, cela m'a marqué à vie., on rêvait d'une autre société, ce fut une révolte contre toute autorité qui s'est répandue dans toute la france et dans tous les milieux
et cela m'a fait bizarre il y a 3 ans de revoir des drapeaux rouges dans la Sorbonne occupée, alors qu'en 68 , j'y étais aussi... les mêmes étudiants aux cheveux longs dans les assemblées générales,
dans la fac '' rouge '' de Vincennes, je fus proche des anarcho-maoïstes animé par gerard miller ,celui qui est devenu psychanalyste médiatique.
l'esprit de 68 ne m'a jamais quitté mais la lutte s'est orientée contre les autorités intérieures et le fascisme que l'on s'impose à soi même
révolution du désir. deleuze a essayé de faire la jonction entre Marx et Freud. la société est en nous.
j'ai dépassé la révolte, considérant qu'elle était encore une attache au vieux monde sous une forme réactive, elle était plutôt désir de liberté que liberté
je ne sais si tu as lu ce que j'ai écrit sur la métamorphose de l'âne en lion et en enfant chez Nietzsche
je me cite, elle a été une clé pour moi
| Citation: | L’âne c’est celui qui porte et subit toutes les valeurs imposées de l’extérieur : morale ambiante, conditionnement, Il cherche à atteindre la pureté par la vertu en se soumettant à la morale religieuse, à la loi et sa conséquence la culpabilité, morale des prêtres c’est un esclave écrasé par le poids du péché (du karma !), c’est le moi adapté, soumis. Le fils resté dans la maison du père- l’enfant.
Le lion, c’est celui qui se révolte contre ces valeurs, contre le père et veut les rejeter, se cherche. Mais qui n’est pas libre car encore dépendant de ce qu’il conteste et rejette .il appartient encore au vieux monde mais négativement. C’est Le fils prodigue qui a quitté la maison du père, s’en est séparé et donc et de lui et du monde. C’est le moi révolté, l’adolescent
Et enfin l’enfant, créateur de ses valeurs, libre dont la morale vient de son cœur, vertueux parce que pur et sage, il crée sa propre loi, ne connait pas la culpabilité car innocent. Le fils prodigue a rejoint la maison du père où il est accueilli avec amour. C’est le fils préféré du père. C’est le moi libre et créateur- l’adulte
Adulte qui a su retrouver l’enfant créateur en lui. L’intellect, le je pense uni à l’émotionnel le j’éprouve. Intelligence du cœur |
ni dieu ni maitre
oui et toujours
parce que je suis le seul Dieu, l'unique
connais tu le philosophe max stirner ?
qui a écrit ce livre'':l'unique et sa propriété qui a tant influencé l'anarchisme . | Citation: | | je n'ai basé ma cause sur rien | cad sur rien d'autre que moi , en tant que moi pur inconditionné ,va voir sur wikipedia
autre partisan du subjectivisme absolu: Raoul vaneighein et son livre : ''manuel de savoir vivre à l'usage des jeunes générations'' bible des soixante-huitards-
autre livre référence de l'époque: guy debord, la société du spectacle.
ce sont des livres qui m'ont marqué parce qu'ils faisaient le lien entre révolution extérieure et la révolution intérieure
et enfin le plus anarchiste des non dualistes: krishnamurti avec son double provoquant et décapant: U.G
qui envoie balader toute '' l'idéologie spirituelle '', le soi, l'ultime, l'eveil
et prône l'état naturel
je viens d'acheter proudhon: qu'est ce que la propriété ?
dans les années 70, j'ai souvent vu léo ferré en concert
amicalement
joel |
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daniel
Inscrit le: 15 Fév 2006 Messages: 11248 Localisation: belgique
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Posté le: Ma 23 Fév 2010 3:36 Sujet du message: |
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bonjour rise !
tu dis :
| Citation: | je ne sais si tu as lu ce que j'ai écrit sur la métamorphose de l'âne en lion et en enfant chez Nietzsche
je me cite, elle a été une clé pour moi
Citation:
L’âne c’est celui qui porte et subit toutes les valeurs imposées de l’extérieur : morale ambiante, conditionnement, Il cherche à atteindre la pureté par la vertu en se soumettant à la morale religieuse, à la loi et sa conséquence la culpabilité, morale des prêtres c’est un esclave écrasé par le poids du péché (du karma !), c’est le moi adapté, soumis. Le fils resté dans la maison du père- l’enfant.
Le lion, c’est celui qui se révolte contre ces valeurs, contre le père et veut les rejeter, se cherche. Mais qui n’est pas libre car encore dépendant de ce qu’il conteste et rejette .il appartient encore au vieux monde mais négativement. C’est Le fils prodigue qui a quitté la maison du père, s’en est séparé et donc et de lui et du monde. C’est le moi révolté, l’adolescent
Et enfin l’enfant, créateur de ses valeurs, libre dont la morale vient de son cœur, vertueux parce que pur et sage, il crée sa propre loi, ne connait pas la culpabilité car innocent. Le fils prodigue a rejoint la maison du père où il est accueilli avec amour. C’est le fils préféré du père. C’est le moi libre et créateur- l’adulte
Adulte qui a su retrouver l’enfant créateur en lui. L’intellect, le je pense uni à l’émotionnel le j’éprouve. Intelligence du cœur
ni dieu ni maitre
oui et toujours
parce que je suis le seul Dieu, l'unique
connais tu le philosophe max stirner ?
qui a écrit ce livre'':l'unique et sa propriété qui a tant influencé l'anarchisme .Citation:
je n'ai basé ma cause sur rien
cad sur rien d'autre que moi , en tant que moi pur inconditionné ,va voir sur wikipedia
autre partisan du subjectivisme absolu: Raoul vaneighein et son livre : ''manuel de savoir vivre à l'usage des jeunes générations'' bible des soixante-huitards-
autre livre référence de l'époque: guy debord, la société du spectacle.
ce sont des livres qui m'ont marqué parce qu'ils faisaient le lien entre révolution extérieure et la révolution intérieure
et enfin le plus anarchiste des non dualistes: krishnamurti avec son double provoquant et décapant: U.G
qui envoie balader toute '' l'idéologie spirituelle '', le soi, l'ultime, l'eveil
et prône l'état naturel
je viens d'acheter proudhon: qu'est ce que la propriété ?
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oui, j'ai lu ce que tu as écrit sur cette métamorphose ...
il me semble que le plus souvent, on virvolte entre l'"âne" et l'"enfant", non ... la révolte n'a pas forcément lieu ...
c'est pour ça, me semble-t-il, que c'est une chance, une belle occasion qu'ont eu celles et ceux qui se sont révoltés en 68 ... de n'pas être, directement bouffé, par le système !
je connais, aussi, stirner, chantre de l'individualisme libertaire ...
l'"unique et sa propriété", son oeuvre ...
ça, on met un certain temps avant de comprendre, qu'il ne s'agit pas, d'un bien quelconque, quand il parle de "la propriété de l'unique" ... en fait, pour lui, ce qui est unique, c'est chacun d'entre nous, et c'est ce qui nous "appartient, en propre" (physique, éthique, etc ...) qui fait notre propr!été ...
en ce qui me concerne, je pense pouvoir dire, que je me définis (bon, surtout à l'époque), à la fois, comme individualiste et pour le communisme libertaire (pour ce qui est de l'approche sociétale), ... on a là, deux extrèmes, du point de vue libertaire, si l'on veut ... mais qui mettent, en regard, l'individu et la collectivité ... on retrouve, ainsi, d'une certaine façon, l'un et le multiple ... la "voie" comme tu dirais, se trouve quelquepart, au milieu ... hè !
ce qui m'a interessé dans l'anarchisme, c'est qu'elle tente de concilier la notion de liberté et d'égalité ... cela lui est propre ... j'en parlais, d'ailleurs, à kaon, ici :
| Citation: | Citation de koan :
Liberté et égalité sont contradictoires...
à première vue, effectivement, ça l'est ... comment être, totalement, libre, à partir du moment où, tout le monde contribue, à part égale à l'ensemble, recevant, en retour, ce qui lui revient, à part égale, avec les autres ...
on paraît être tenu ...
pourtant, l'approche libertaire (à laquelle tu te réfères, dans ton témoignage ...), fait le pari, justement, mais dans l'optique organisationnelle, seulement, ... de concilier les notions d'égalité et de liberté ... enfin, d'autonomie, du fait de s'organiser en se passant, allègrement, de tout shéma institutionnel (comme alternative, elle propose le fédéralisme, l'autogestion généralisée, la démocratie directe, etc ... ce, sans gouvernement, sans état, mais gardant les services publics, etc .... ) ...
en fait, pour pouvoir concilier les deux, et mettre, en avant, leur nécessité, ... il faut prendre pour base, le fait, qu'en tant qu'êtres vivants, nus sous la couette, qui plus est, nous avons besoin pour vivre, de se nourrir, de se vêtir, se chauffer, se transporter, d'acquérir des connaissances, etc ... et cela, on ne peut le faire sans s'entraider, s'organiser en fonction des besoins (déterminés par toutes et tous, bien-sûr ...), etc ... c'est cette part de liberté là, qu'il faut abandonner ... mais sans que cela devienne une habitude institutionnelle ... cela par le fait de travailler, le moins possible, de tout faire pour y arriver ... pour pouvoir dégager un maximum de temps voué à la liberté ... concilier la liberté et l'égalité, c'est juste prendre ses responsabilités ...
|
cette paranthèse, donne, aussi, me semble-t-il, une assez bonne idée de ce que j'entend par "communisme libertaire" ...
bien sûr, je connais, aussi, raoul, guy et les situ's ... je pense que l'on sent bien, que vaneighem vient de belgique, non !?... à travers son oeuvre ...
tu dis :
| Citation: | et enfin le plus anarchiste des non dualistes: krishnamurti avec son double provoquant et décapant: U.G
qui envoie balader toute '' l'idéologie spirituelle '', le soi, l'ultime, l'eveil
et prône l'état naturel
|
d'accord avec toi ! même si je ne connais pas bien, l'oeuvre d'ug (j'l'ai, jamais lu ... )
proudhon, proudhon ...
dommage qu'il soit devenu un vieux réac, misogyne ...
par contre, il a tenté de mettre ses idées, en pratique, et pour ça, chapeau !
allez, et que vive la revoluçion ! ...
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koan Invité
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Posté le: Ma 23 Fév 2010 10:07 Sujet du message: |
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| "La révolution change tout, sauf le cœur des hommes" Victor Hugo |
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varna Invité
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Posté le: Ma 23 Fév 2010 11:43 Sujet du message: |
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Riseohms a écrit :
| Citation: | Citation:
je n'ai basé ma cause sur rien
cad sur rien d'autre que moi , en tant que moi pur inconditionné ,va voir sur wikipedia ] |
Ou peut-être peut-on comprendre :
"Je n'ai basé ma cause sur rien, sur rien d'autre que ce qui est mien".
(Exit le MOI dont Stirner a perçu partout et en toutes choses l'égoïsme, la vanité, c'est-à-dire précisément ... le rien)
J'y vois un éveil, moi (enfin rien), dans cette position. Et là encore l'occasion d'ouvrir un nouveau message. Mais que fait la police ! (oups, pardon Joaquim ! ;-)) |
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riseohms
Inscrit le: 30 Nov 2009 Messages: 4343 Localisation: paris
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Posté le: Ma 23 Fév 2010 12:42 Sujet du message: |
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| varna a écrit: | Riseohms a écrit :
| Citation: | Citation:
je n'ai basé ma cause sur rien
cad sur rien d'autre que moi , en tant que moi pur inconditionné |
Ou peut-être peut-on comprendre :
"Je n'ai basé ma cause sur rien, sur rien d'autre que ce qui est mien".
(Exit le MOI dont Stirner a perçu partout et en toutes choses l'égoïsme, la vanité, c'est-à-dire précisément ... le rien) |
c'est justement ce que j'entendais par moi pur inconditionné que Stirner nomme moi absolu, l'unique
joel |
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riseohms
Inscrit le: 30 Nov 2009 Messages: 4343 Localisation: paris
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Posté le: Ma 23 Fév 2010 13:36 Sujet du message: |
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bonjour daniel !
| daniel a écrit: | | Citation: |
Le lion, c’est celui qui se révolte contre ces valeurs, contre le père et veut les rejeter, se cherche. Mais qui n’est pas libre car encore dépendant de ce qu’il conteste et rejette .il appartient encore au vieux monde mais négativement. C’est Le fils prodigue qui a quitté la maison du père, s’en est séparé et donc et de lui et du monde. C’est le moi révolté, l’adolescent
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il me semble que le plus souvent, on virvolte entre l'"âne" et l'"enfant", non ... la révolte n'a pas forcément lieu ... |
je ne pense pas qu'on puisse faire l'économie de l'étape lion sauf cas rares comme ramana maharshi et Jourdain qui se sont éveillés brusquement à 16 ans comme Jourdain
mais peut-être sont ils passés par cette étape à leur manière ,rapidement.
il ne faut pas voir dans cette étape uniquement la révolte mais le fait de se décharger de ce que l'on porte en tant qu"âne, à savoir le conditionnement, le monde des autres., n'est ce pas justement une révolte, une résistance à l'oppression parce que l'on sent en nous un desir, un appel d'autre chose, d'une vie plus large et ouverte, une vie absolue ?
Pour revenir dans la maison du père, il faut l'avoir quitté, s'en être séparé.
la recherche de soi, de l'éveil est le stade du lion, on quitte le vieux monde, on est dans le stade intermédiaire entre le vieux monde et le nouveau monde.
c'est le processus de la révolution intérieure qui est un combat, avec beaucoup de bastilles à prendre. des prises de consciences à effectuer avant le passage brusque à la révolution ( l'enfant, l'éveil ) révolution dans le sens de la lutte et révolution dans le sens d'un retournement brusque qui nous met enfin dans la vie à l'endroit, cette vie absolue.
| koan a écrit: | | "La révolution change tout, sauf le cœur des hommes" Victor Hugo |
et donc nécessité d'une révolution du cœur que peut-être l'anarchisme avait aussi en vue
la libération de soi passe par la libération des autres. se changer soi même en changeant le monde.. n'est ce pas pas le sens du retour du bodhisattva qui ne veut pas du nirvana pour lui tout seul
en écrivant ceci, j'écoute leo ferré et j'y sens bien cet appel à un nouveau monde par la révolution et de la société et du cœur, il a le don de nous transmettre pas son chant et ses paroles cette vie intense et absolue, en l'écoutant on redevient vivant
| daniel a écrit: | allez, et que vive la revoluçion ! ...
 |
oui et le drapeau rouge du communisme et noir de l'anarchisme ensemble, reliés par un 3 e drapeau, celui de l'esprit, du coeur; blanc ou bleu ?
mais aussi liberté, égalité fraternité
quel est le sens des couleurs du drapeau français, bleu, blanc, rouge ?
joel
j'ai envie de mettre le texte de cette chanson ou plutôt de ce poème qu'est'' il n' y a plus rien ''de leo ferré, c'est très long mais c'est si beau
lisez le à voix haute.
en l'écoutant avec la voix de léo ou en le disant on a l'impression de renaitre, on se redresse, on revit
j'y vois cette révolution du cœur et du monde, j'y vois la résistance, la revolte, j'y vois aussi le nouveau monde, la liberté. j'y vois le lion et l'enfant, cette voix vient d'ailleurs
c'est une chanson et un texte qui a été important dans ma vie, et là je viens de la re-ecouter et elle me fait toujours autant d'effets, elle réveille
http://fr.lyrics-copy.com/leo-ferre.htm
| Citation: |
Il n'y a plus rien
by Léo Ferré
Album: Amour anarchie
Écoute, écoute... Dans le silence de la mer, il y a comme un balancement maudit qui vous met le cœur à l'heure, avec le sable qui se remonte un peu, comme les vieilles putes qui remontent leur peau, qui tirent la couverture.
Immobile... L'immobilité, ça dérange le siècle.
C'est un peu le sourire de la vitesse, et ça sourit pas lerche, la vitesse, en ces temps.
Les amants de la mer s'en vont en Bretagne ou à Tahiti.
C'est vraiment con, les amants.
Il n'y a plus rien
Camarade maudit, camarade misère...
Misère, c'était le nom de ma chienne qui n'avait que trois pattes.
L'autre, le destin la lui avait mise de côté pour les olympiades de la bouffe et des culs semestriels qu'elle accrochait dans les buissons pour y aller de sa progéniture.
Elle est partie, Misère, dans des cahots, quelque part dans la nuit des chiens.
Camarade tranquille, camarade prospère
Quand tu rentreras chez toi
Pourquoi chez toi ?
Quand tu rentreras dans ta boîte, rue d'Alésia ou du Faubourg
Si tu trouves quelqu'un dans ton lit
Si tu y trouves quelqu'un qui dort
Alors va-t'en, dans le matin clairet
Seul
Te marie pas
Si c'est ta femme qui est là, réveille-la de sa mort imagée
Fous-lui une baffe, comme à une qui aurait une syncope ou une crise de nerfs...
Tu pourras lui dire : "Dis, t'as pas honte de t'assumer comme ça dans ta liquide sénescence ?
Dis, t'as pas honte ? Alors qu'il y a quatre-vingt-dix mille espèces de fleurs ?
Espèce de conne !"
Et barre-toi !
Divorce-la
Te marie pas !
Tu peux tout faire
T'empaqueter dans le désordre, pour l'honneur, pour la conservation du titre...
Le désordre, c'est l'ordre moins le pouvoir!
Il n'y a plus rien
Je suis un nègre blanc qui mange du cirage
Parce qu'il se fait chier à être blanc, ce nègre,
Il en a marre qu'on lui dise: " Sale blanc !"
A Marseille, la Sardine qui bouche le port
Était bourrée d'héroïne
Et les hommes-grenouilles n'en sont pas revenus...
Libérez les sardines
Et y aura plus de mareyeurs !
Si tu savais ce que je sais
On te montrerait du doigt dans la rue
Alors, il vaut mieux que tu ne saches rien
Comme ça, au moins, tu es peinard, anonyme, citoyen !
Tu as droit, citoyen, au minimum décent
A la publicité des enzymes et du charme
Au trafic des dollars et aux trafiquants d'armes
Qui traînent les journaux dans la boue et le sang
Tu as droit à ce bruit de la mer qui descend
Et si tu veux la prendre, elle te fera du charme
Avec le vent au cul et des sextants d'alarme
Et la mer reviendra sans toi, si tu es méchant
Les mots... toujours les mots, bien sûr !
Citoyens ! Aux armes !
Aux pépées, citoyens ! A l'amour, citoyens !
Nous entrerons dans la carrière quand nous aurons cassé la gueule à nos aînés !
Les préfectures sont des monuments en airain
Un coup d'aile d'oiseau ne les entame même pas, c'est vous dire !
Nous ne sommes même plus des Juifs allemands
Nous ne sommes plus rien
Il n'y a plus rien
Des futals bien coupés sur lesquels lorgnent les gosses, certes !
Des poitrines occupées
Des ventres vacants
Arrange-toi avec ça !
Le sourire de ceux qui font chauffer leur gamelle
Sur les plages reconverties et démoustiquées
C'est-à-dire en enfer, là où Dieu met ses lunettes noires pour ne pas risquer d'être reconnu par ses admirateurs
Dieu est une idole, aussi !
Sous les pavés, il n'y a plus la plage
Il y a l'enfer et la sécurité
Notre vraie vie n'est pas ailleurs, elle est ici
Nous sommes au monde, on nous l'a assez dit
N'en déplaise à la littérature
Les mots, nous leur mettons des masques, un bâillon sur la tronche
A l'encyclopédie, les mots !
Et nous partons avec nos cris !
Et voilà !
Il n'y a plus rien...plus, plus rien
Je suis un chien ?
Perhaps !
Je suis un rat
Rien
Avec le cœur battant jusqu'à la dernière battue
Nous arrivons avec nos accessoires pour faire le ménage dans la tête des gens
Apprends donc à te coucher tout nu !
Fous en l'air tes pantoufles !
Renverse tes chaises !
Mange debout !
Assois-toi sur des tonnes d'inconvenances et montre-toi à la fenêtre en gueulant des gueulantes de principe
Si jamais tu t'aperçois que ta révolte s'encroûte et devient une habituelle révolte, alors
Sors
Marche
Crève
Baise
Aime enfin les arbres, les bêtes et détourne-toi du conforme et de l'inconforme
Lâche ces notions, si ce sont des notions
Rien ne vaut la peine de rien
Il n'y a plus rien...plus, plus rien
Invente des formules de nuit. CLN : C'est la nuit !
Même au soleil, surtout au soleil, c'est la nuit
Tu peux crever. Les gens ne retiendront même pas une de leurs inspirations
Ils canaliseront sur toi leur air vicié en des regrets éternels puant le certificat d'études et le catéchisme ombilical
C'est vraiment dégueulasse !
Ils te tairont, les gens
Les gens taisent l'autre, toujours
Regarde, à table, quand ils mangent
Ils s'engouffrent dans l'innommé
Ils se dépassent eux-mêmes et s'en vont vers l'ordure et le rot ponctuel !
La ponctuation de l'absurde, c'est bien ce renversement des réacteurs abdominaux, comme à l'atterrissage : on rote et on arrête le massacre
Sur les pistes de l'inconscient, il y a des balises baveuses toujours un peu se souvenant du frichti, de l'organe, du repu
Mes plus beaux souvenirs sont d'une autre planète
Où les bouchers vendaient de l'homme à la criée
Moi, je suis de la race ferroviaire qui regarde passer les vaches
Si on ne mangeait pas les vaches, les moutons et les restes
Nous ne connaîtrions ni les vaches, ni les moutons, ni les restes
Au bout du compte, on nous élève pour nous becqueter
Alors, becquetons !
Côte à l'os pour deux personnes, tu connais ?
Heureusement il y a le lit : un parking !
Tu viens, mon amour ?
Et puis, c'est comme à la roulette : on mise, on mise
Si la roulette n'avait qu'un trou, on nous ferait miser quand même
D'ailleurs, c'est ce qu'on fait !
Je comprends les joueurs : ils ont trente-cinq chances de ne pas se faire mettre
Et ils mettent, ils mettent
Le drame, dans le couple, c'est qu'on est deux
Et qu'il n'y a qu'un trou dans la roulette
Quand je vois un couple dans la rue, je change de trottoir !
Te marie pas
Ne vote pas
Sinon t'es coincé
Elle était belle comme la révolte
Nous l'avions dans les yeux
Dans les bras, dans nos futals
Elle s'appelait l'imagination
Elle dormait comme une morte, elle était comme morte
Elle sommeillait
On l'enterra de mémoire
Dans le cocktail Molotov, il faut mettre du Martini, mon petit !
Transbahutez vos idées comme de la drogue. Tu risques rien à la frontière
Rien dans les mains
Rien dans les poches
Tout dans la tronche !
- Vous n'avez rien à déclarer ?
- Non
- Comment vous nommez-vous ?
- Karl Marx
- Allez, passez
Nous partîmes. Nous étions une poignée...
Nous nous retrouverons bientôt démunis, seuls, avec nos projets dans le passé
Écoutez-les...écoutez-les...
Ça râpe comme le vin nouveau
Nous partîmes...Nous étions une poignée
Bientôt ça débordera sur les trottoirs
La parlote, ça n'est pas un détonateur suffisant
Le silence armé, c'est bien, mais il faut bien fermer sa gueule
Toutes des concierges !
Écoutez-les...
Il n'y a plus rien
Si les morts se levaient ?
Hein ?
Nous étions combien ?
Ça ira !
La tristesse, toujours la tristesse
Ils chantaient, ils chantaient
Dans les rues
Te marie pas
Ceux de San Francisco, de Paris, de Milan
Et ceux de Mexico
Bras dessus bras dessous
Bien accrochés au rêve
Ne vote pas
Ô DC-8 des pélicans
Cigognes qui partent à l'heure
Labrador, lèvres des bisons
J'invente en bas des rennes bleus
En habit rouge du couchant
Je vais à l'ouest de ma mémoire
Vers la clarté, vers la clarté
Je m'éclaire la nuit dans le noir de mes nerfs
Dans l'or de mes cheveux j'ai mis cent mille watts
Des circuits sont en panne dans le fond de ma viande
J'imagine le téléphone dans une lande
Celle où nous nous voyons moi et moi
Dans cette brume obscène au crépuscule teint
Je ne suis qu'un voyant embarrassé de signes
Mes circuits déconnectent
Je ne suis qu'un binaire
Mon fils, il faut lever le camp comme lève la pâte
Il est tôt. Lève-toi. Prends du vin pour la route
Dégaine-toi du rêve anxieux des bien-assis
Roule, roule, mon fils, vers l'étoile idéale
Tu te rencontreras, tu te reconnaîtras
Ton dessin devant toi, tu rentreras dedans
La mue ça se fait à l'envers dans ce monde inventif
Tu reprendras ta voix de fille et chanteras demain
Retourne tes yeux au-dedans de toi
Quand tu auras passé le mur du mur
Quand tu auras outrepassé ta vision
Alors tu verras... rien!
Il n'y a plus rien
Que les pères et les mères
Que ceux qui t'ont fait
Que ceux qui ont fait tous les autres
Que les "Monsieur"
Que les "Madame"
Que les assis dans les velours glacés, soumis, mollasses
Que ces horribles magasins roulants
Qui portent tout en devanture
Tous ceux à qui tu pourras dire :
Monsieur !
Madame !
Laissez donc ces gens-là tranquilles
Ces courbettes imaginées que vous leur inventez
Ces désespoirs soumis
Toute cette tristesse qui se lève le matin à heure fixe pour aller gagner vos sous
Avec les poumons resserrés
Les mains grandies par l'outrage et les bonnes mœurs
Les yeux défaits par les veilles soucieuses
Et vous comptez vos sous ?
Pardon, leurs sous !
Ce qui vous déshonore
C'est la propreté administrative, écologique, dont vous tirez orgueil
Dans vos salles de bains climatisées
Dans vos bidets déserts
En vos miroirs menteurs
Vous faites mentir les miroirs !
Vous êtes puissants au point de vous refléter tels que vous êtes
Cravatés
Envisonnés
Empapaoutés de morgue et d'ennui dans l'eau verte qui descend
des montagnes et que vous vous êtes arrangés pour soumettre
A un point donné
A heure fixe
Pour vos narcissiques partouzes
Vous vous regardez et vous ne pouvez même plus vous reconnaître
Tellement vous êtes beaux
Et vous comptez vos sous
En long
En large
En marge
De ces salaires que vous lâchez avec précision
Avec parcimonie
J'allais dire "en douce", comme ces aquilons avant-coureurs et qui racontent les exploits du bol alimentaire, avec cet apparat vengeur et nivellateur qui empêche toute identification
Je veux dire que pour exploiter votre prochain, vous êtes les champions de l'anonymat
Les révolutions ? Parlons-en !
Je veux parler des révolutions qu'on peut encore montrer
Parce qu'elles vous servent
Parce qu'elles vous ont toujours servis
Ces révolutions qui sont de "l'Histoire"
Parce que les "histoires" ça vous amuse, avant de vous intéresser
Et quand ça vous intéresse, il est trop tard, on vous dit qu'il s'en prépare une autre
Lorsque quelque chose d'inédit vous choque et vous gêne
Vous vous arrangez la veille, toujours la veille, pour retenir une place
Dans un palace d'exilés, dans un pays sûr, entouré du prestige des déracinés
Les racines profondes de ce pays, c'est vous, paraît-il
Et quand on vous transbahute d'un désordre de la rue, comme vous dites, à un ordre nouveau, vous vous faites greffer au retour et on vous salue
Depuis deux cents ans, vous prenez des billets pour les révolutions.
Vous seriez même tentés d'y apporter votre petit panier
Pour n'en pas perdre une miette, n'est-ce-pas ?
Et les vauriens qui vous amusent, ces vauriens qui vous dérangent aussi, on les enveloppe dans un fait divers pendant que vous enveloppez les vôtres dans un drapeau
Vous vous croyez toujours, vous autres, dans un haras
La race ça vous tient debout dans ce monde que vous avez assis
Vous avez le style du pouvoir
Vous en arrivez même à vous parler à vous-mêmes
Comme si vous parliez à vos subordonnés
De peur de quitter votre stature, vos boursouflures, de peur qu'on vous montre du doigt, dans les corridors de l'ennui, et qu'on se dise: "Tiens, il baisse, il va finir par se plier, par ramper"
Soyez tranquilles ! Pour la reptation, vous êtes imbattables
Seulement, vous ne vous la concédez que dans la métaphore
Vous voulez bien vous allonger, mais avec de l'allure
Cette "allure" que vous portez, Monsieur, à votre boutonnière
Et quand on sait ce qu'a pu vous coûter de silences aigres
De renvois mal aiguillés
De demi-sourires séchés comme des larmes
Ce ruban malheureux et rouge comme la honte, dont vous ne vous êtes jamais décidé à empourprer votre visage
Je me demande pourquoi la nature met
Tant d'entêtement
Tant d'adresse
Et tant d'indifférence biologique
A faire que vos fils ressemblent à ce point à leurs pères
Depuis les jupes de vos femmes matrimoniaires
Jusqu'aux salonnardes équivoques où vous les dressez à boire
Dans votre grand monde
A la coupe des bien-pensants
Moi, je suis un bâtard
Nous sommes tous des bâtards
Ce qui nous sépare, aujourd'hui, c'est que votre bâtardise à vous est sanctionnée par le code civil
Sur lequel, avec votre permission, je me plais à cracher, avant de prendre congé
Soyez tranquilles, vous ne risquez rien !
Il n'y a plus rien
Et ce rien, on vous le laisse !
Foutez-vous-en jusque-là, si vous pouvez
Nous, on peut pas
Un jour, dans dix mille ans
Quand vous ne serez plus là
Nous aurons tout
Rien de vous
Tout de nous
Nous aurons eu le temps d'inventer la Vie, la Beauté, la Jeunesse
Les larmes qui brilleront comme des émeraudes dans les yeux des filles
Les bêtes enfin détraquées
La priorité à gauche, permettez !
Nous ne mourrons plus de rien
Nous vivrons de tout
Et les microbes de la connerie que nous n'aurez pas manqué de nous léguer
Montant
De vos fumures
De vos livres engrangés dans vos silothèques
De vos documents publics
De vos règlements d'administration pénitentiaire
De vos décrets
De vos prières, même
Tous ces microbes juridico-pantoufles
Soyez tranquilles !
Nous avons déjà des machines pour les révoquer
Nous aurons tout
Dans dix mille ans
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Dernière édition par riseohms le Ma 23 Fév 2010 15:31; édité 2 fois |
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riseohms
Inscrit le: 30 Nov 2009 Messages: 4343 Localisation: paris
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Posté le: Ma 23 Fév 2010 14:46 Sujet du message: Re: éveil et revolution |
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bonjour daniel
comment Daniel tu fais le lien entre ce passé libertaire qui est toujours présent dans ton cœur et ton intérêt pour l'éveil et les spiritualités orientales
| daniel a écrit: | en ce qui me concerne, je pense pouvoir dire, que je me définis (bon, surtout à l'époque), à la fois, comme individualiste et pour le communisme libertaire (pour ce qui est de l'approche sociétale), ... on a là, deux extrêmes, du point de vue libertaire, si l'on veut ... mais qui mettent, en regard, l'individu et la collectivité ... on retrouve, ainsi, d'une certaine façon, l'un et le multiple ... la "voie" comme tu dirais, se trouve quelque part, au milieu ... hè !  |
et pourrais tu nous parler de ta vision de l'anarchisme et comment tu vois cette unité, ce milieu entre l'individu et ce collectif en rapport avec la révolution intérieure que désigne l'éveil et qui aussi l'élimination des micro-fascismes qui nous habitent et nous traversent
joel.. |
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daniel
Inscrit le: 15 Fév 2006 Messages: 11248 Localisation: belgique
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Posté le: Me 24 Fév 2010 0:39 Sujet du message: Re: éveil et revolution |
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| riseohms a écrit: | bonjour daniel
comment Daniel tu fais le lien entre ce passé libertaire qui est toujours présent dans ton cœur et ton intérêt pour l'éveil et les spiritualités orientales
| daniel a écrit: | en ce qui me concerne, je pense pouvoir dire, que je me définis (bon, surtout à l'époque), à la fois, comme individualiste et pour le communisme libertaire (pour ce qui est de l'approche sociétale), ... on a là, deux extrêmes, du point de vue libertaire, si l'on veut ... mais qui mettent, en regard, l'individu et la collectivité ... on retrouve, ainsi, d'une certaine façon, l'un et le multiple ... la "voie" comme tu dirais, se trouve quelque part, au milieu ... hè !  |
et pourrais tu nous parler de ta vision de l'anarchisme et comment tu vois cette unité, ce milieu entre l'individu et ce collectif en rapport avec la révolution intérieure que désigne l'éveil et qui aussi l'élimination des micro-fascismes qui nous habitent et nous traversent
joel.. |
bonsoir rise !
ben dis donc, elle est longue la chanson de léo ... et tu dis qu'il la chante, en plus !
alors, le lien ... ben, en fait, il n'y a pas eu de lien, en fait, au départ ... c'était en parallèle ... d'un côté, depuis très longtemps j'voulais changer le monde, et de l'autre, comme je doutais de l'existence de Dieu, depuis mes huit ans, ben ça m'posait question ... vers l'adolescence, j'ai commencé à vouloir (me) démontrer que Dieu (le révèlé n'est-c'pas) n'existait pas ... ça m'a semblé le plus important, alors ... "la révolution" passait par là ... en déboulonner ce qui était la base de notre "civilisation", de ses tenants, des institutions (dans tous les domaines) ... Dieu : la force de l'exploitation, qui institue l'inégalité, ou encore, qui fait rêgner la peur ...
alors, j'ai juste, réussi à (me) démontrer que d'un point de vue historique, on voit que les religions se sont influencées, d'une manière ou d'une autre, sans qu'il y ait eu, au passage, besoin d'une quelconque "Révélation" ...
puis j'ai découvert, qu'en plus de l'exotérisme, il y avait l'ésotérisme (qui m'a pas trop branché) et qui semblait, dans nos contrées, "tout devoir" à la théosophie ...
la "non dualité", j'y suis arrivé par jean-yves leloup, prajnadpad (par compte sponville), par thich nat hann, daniel odier (tantrisme) ...
pour l'instant, en réponse à ce post, j'ai envie de mettre deux "post à moi" qui se trouvaient sur "café 1" ...
| Citation: | Hisser la voile
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jusqu'à, il y a peu, je n'arrivais pas à envisager de "lacher la prise", de peur de me tromper, d'abandonner la lutte pour changer le monde (des années de militantistes en tant qu'anar), de laisser derrière moi un monde de souffrance, évoluant dans des sociétés basées sur la peur et l'exploitation, sous le joug des puissants qui tiennent les rênes de l'économie et le monde entre leurs mains, afin de préserver, et de péréniser leurs privilèges et d'empêcher toute volonté d'émancipation et d'épanouissement, à la fois, individuelle et collective ... j'avais peur d'abandonner ce monde, sans plus rien faire pour que ça change, pour me laisser aller à l'ivresse de la profondeur, là où les opposés s'annulent, laissant place au regard neuf, là où l'on arrête de tourner en rond ... j'avais peur d'abandonner la lutte, pour me dissoudre dans ce qui n'était peut-être qu'un tripe du mental ... aujourd'hui, je ne sais pas, cela me paraît si loin, et pourtant, sans solution ... j'ai fini par hisser la voile, et laisser la brise nous guider (la voile et moi) ...
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| Citation: | ce que j'ai appris récemment, alors que j'ai milité des années durant, afin de changer, radicalement, "le monde", c'est qu'en fait, il n'y a pas de salut dans la dualité ... le monde, c'est le monde de la dualité, dans lequel on tourne et se retourne, continuellement, physiquement, et mentalement, et au bout, à chaque fois, à moins de s'arrêter de tourner dans sa tête, on aboutit à l'impasse ... car l'on reste, toujours, distinct du reste du monde, et on le perçoit à travers le prisme de la dualité, on veut s'approprier ce reste, mais il nous échappe, encore et encore, car l'on ne peut l'apprivoiser ... s'apprivoiser le monde, c'est comme vouloir prendre possession d'une vie, on croit la tenir, et l'on se retrouve, toujours, avec un cadavre en mains ... on peut changer le monde, il le faut quand c'est nécessaire ... on peut le faire, c'est possible, puisque qu'il change tout le temps ... seulement, alors, on accompagne le changement (dont on fait partie, physiquement et mentalement !) ... et quand, alors, les conditions sont réunies, pour cela (changer le monde) ! c'est très bien !
on peut changer le monde, mais on ne peut le sauver, définitivement, de lui-même ... vois-tu ce que je veux dire !
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pour le reste, je suis en pleine réflexion ! hè ouais !  |
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riseohms
Inscrit le: 30 Nov 2009 Messages: 4343 Localisation: paris
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Posté le: Me 24 Fév 2010 22:53 Sujet du message: Re: éveil et revolution |
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Bonsoir Daniel
Merci pour ton post
| daniel a écrit: | | ben dis donc, elle est longue la chanson de léo ... et tu dis qu'il la chante, en plus ! |
En fait il ne la chante pas mais la déclame accompagné par une musique très prenante, et contemporaine, sans mélodie ni harmonie particulière, essaie de l’écouter , en particulier en live, dans le cd ‘’seul en scène ‘’ de 1973
une autre chanson, plus courte
| Citation: | La solitude
by Léo Ferré
Album: La solitude
Je suis d'un autre pays que le vôtre, d'une autre quartier, d'une autre solitude.
Je m'invente aujourd'hui des chemins de traverse. Je ne suis plus de chez vous. J'attends des mutants.
Biologiquement, je m'arrange avec l'idée que je me fais de la biologie : je pisse, j'éjacule, je pleure.
Il est de toute première instance que nous façonnions nos idées comme s'il s'agissait d'objets manufacturés.
Je suis prêt à vous procurer les moules. Mais...
La solitude...
La solitude...
Les moules sont d'une texture nouvelle, je vous avertis. Ils ont été coulés demain matin.
Si vous n'avez pas, dès ce jour, le sentiment relatif de votre durée, il est inutile de vous transmettre, il est inutile de regarder devant vous car devant c'est derrière, la nuit c'est le jour. Et...
La solitude...
La solitude...
La solitude...
Il est de toute première instance que les laveries automatiques, au coin des rues, soient aussi imperturbables que les feux d'arrêt ou de voie libre.
Les flics du détersif vous indiqueront la case où il vous sera loisible de laver ce que vous croyez être votre conscience et qui n'est qu'une dépendance de l'ordinateur neurophile qui vous sert de cerveau. Et pourtant...
La solitude...
La solitude !
Le désespoir est une forme supérieure de la critique. Pour le moment, nous l'appellerons "bonheur", les mots que vous employez n'étant plus "les mots" mais une sorte de conduit à travers lequel les analphabètes se font bonne conscience. Mais...
La solitude...
La solitude...
La solitude, la solitude, la solitude...
La solitude !
Le Code Civil, nous en parlerons plus tard. Pour le moment, je voudrais codifier l'incodifiable. Je voudrais mesurer vos danaïdes démocraties. Je voudrais m'insérer dans le vide absolu et devenir le non-dit, le non-avenu, le non-vierge par manque de lucidité.
La lucidité se tient dans mon froc !
Dans mon froc ! |
| daniel a écrit: | j'avais peur d'abandonner la lutte, pour me dissoudre dans ce qui n'était peut-être qu'un tripe du mental ... aujourd'hui, je ne sais pas, cela me paraît si loin, et pourtant, sans solution
ce que j'ai appris récemment, alors que j'ai milité des années durant, afin de changer, radicalement, "le monde", c'est qu'en fait, il n'y a pas de salut dans la dualité…
on peut changer le monde, mais on ne peut le sauver, définitivement, de lui-même ... vois-tu ce que je veux dire ! |
Moi aussi, je suis passé par le gauchisme, puis dans expériences alternatives, puis par l’intérêt pour l’orient après certains voyages lucidogènes
effectivement la question se pose.. la libération intérieure peut elle changer le monde ?
Il est certain que chacun de nous est le monde non seulement du point de vue spirituel comme j’ai tenté d’en parler dans les 3 rêves de la divinité
Mais mentalement aussi,
Ce mental n’est pas complètement personnel, c’est un mental collectif.
La société est en nous et si on arrive à changer quelque chose en nous, on peut penser qu’on contribue au changement de la société.
si on change notre façon de penser, on change aussi notre façon d’agir sur l’environnement. On émet peut-être aussi des ondes différentes..La pensée est action. Si on reçoit un peu de lumière, cette lumière se transmet à travers nous.
On voit bien que lors de nos moments très heureux, l’environnement semble y répondre, et nous revoit notre sourire
Dans ma jeunesse j’avais suivi les cours de Deleuze sur l’anti-Oedipe’’ capitalisme et schizophrénie’’ qui tentait de penser le processus de la société en rapport au désir, et voyait la société comme une production de désirs
Un désir qui peut tourner à la paranoïa dont le fascisme est une illustration
ou à la schizophrénie comme processus de décodage,, d’arrachement aux systèmes clos, de libération avec comme illustration le capitalisme comme dernière résistance
Car ce capitalisme a réussi à éliminer toutes les valeurs sauf une seule : l’argent et on voit bien actuellement que si l'argent s'écroule, tout le système s'écroule
La lutte révolutionnaire a consisté a essayer de faire tomber cette résistance,
le communisme en a été l’illustration et a aboutit à un échec, ce qui ne veut pas dire qu’il faut jeter Marx à la poubelle, mais la lutte continue pas forcement sous la forme du militantisme mais sous la forme de multiples expériences locales et résistances au système globale,
Le problème de la révolution c’est que quand elle aboutit, elle s’institutionnalise et se trahit
Donc plutôt que parler de révolution globale, il faut des micro révolutions, une forme de guérillas dans différents domaines, c’est créer des lignes de fuite , des zones de liberté.
Ce forum est une.
L’éveil consiste à faire des trous dans le système, l’air du dehors passe à travers nous. L’art est aussi une zone de liberté
et internet est une grande révolution qui abolit les limites, les distances, et qui est incontrôlable par le système.
Le système marche de façon pyramidale, verticale mais internet est un rhizome, se répand de façon souterraine, horizontalement sans centre, le centre y est partout, on ferme un centre, il réapparait ailleurs
Il me semble que l’anarchisme envisageait les choses comme cela, horizontalement, des assemblages de petites sociétés, associés coordonnées entre elles, sans centre particulier cad es sans état au dessus d’elles
Donc je pense que la révolution est toujours là, mais souterraine, dans l’underground, en dehors des partis et des théories globales. Elle n’a plus besoin d’utopies qui proposent des organisations du bonheur et de la liberté et débouchent sur le contraires. Le bonheur et la liberté ne s’organisent pas
Cette révolution toujours en train de se faire est invisible, discrète et propose des hétérotopies, terme de Michel Foucault, qui sont des localisations physiques de l'utopie. Ce sont des espaces concrets qui hébergent l'imaginaire créateur..la révolution passe par des singularités, éventuellement rassemblés en petits groupes mais jamais dans des grands ensembles.. L’utopie ne doit jamais prétendre à la globalité
Joël |
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daniel
Inscrit le: 15 Fév 2006 Messages: 11248 Localisation: belgique
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Posté le: Je 25 Fév 2010 4:42 Sujet du message: |
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bonjour rise !
tu dis :
| Citation: | | ’’capitalisme et schizophrénie’’ |
et oui, c'est d'la folie, le capitalisme ...
il nous rend, de fait, compliceS des malfaçons qu'il commet ...
tout ce qu'on fait, nous sommes amenés à le faire dans ce système ...
ci-bien, que même les petites zones que l'on parvient à libérer, à dégager, sont tout autant menacées ... ça reste éphèmère ... de là, effectivement, seule la force intérieure, sans rien attendre de particulier, peut nous permettre, je crois, de tenir la longueur ...
la complicité, l'entraide, la "soeuro-fraternité" ( j'ai aussi inventé un mot ... ) est ici, d'un très grand secours ...  |
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koan Invité
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Posté le: Je 25 Fév 2010 21:58 Sujet du message: |
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Inspiré par "l'insurrection qui vient ?" Drôlement bien écrit le bouquin, et il faut la trouille au monde entier...Depuis plusieurs semaines dans le top 100 des ventes d'amazon, un manifeste anarchiste violent, ça fait drôle...
Les USA flippent autour de ce livre. Ils ont raison, c'est un lance-flammes anti système...
"Les révolutions changent tout, sauf le cœur des hommes." Victor Hugo |
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daniel
Inscrit le: 15 Fév 2006 Messages: 11248 Localisation: belgique
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Posté le: Me 17 Mars 2010 15:31 Sujet du message: |
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luce à touTEs !
puisque nous sommes touTEs, relativement, d'accord que pour envisager une quelconque révolution, et fonctionner, différemment, ... il faut, d'abord, nous soigner ... ... voici, un texte qui se prête à la réflexion, me semble-t-il !
| Citation: | Roberto Freire : Le désir comme arme révolutionnaire
http://www.alternativelibertaire.org/spip.php?article3281
Du Brésil de la dictature à nos jours, la thérapie anarchiste mise au point par le Brésilien Roberto Freire propose une antipsychiatrie incroyablement vivace et créative.
Le projet de Roberto Freire tient tout entier dans ces observations de Foucault : comment l’État, le pouvoir ambiant, s’immiscent en nous, jusqu’à aliéner tous nos modes d’expression.
Lorsque les militaires prennent le pouvoir au Brésil en 1964, soutenus par la CIA et l’extrême droite, Freire est déjà thérapeute. Formé au Brésil et au Collège de France, il est aussi écrivain, dramaturge et militant anarchiste.
Il fera l’expérience de la violence d’État jusque dans sa chair. Entre 1964 et 1979, la dictature l’emprisonnera et le torturera 13 fois. Il y laissera un œil.
En reprenant les travaux de Reich et Löwen pour élaborer sa propre démarche, il leur donnera raison : la névrose n’est pas seulement affaire de traumas familiaux – à niveau microsocial – mais trouve avant tout son origine dans la (ré)pression sociale, dans l’autoritarisme, dans l’inhibition et l’aliénation comme modalités du contrôle social.
La somaterapia qu’il développe dans les années 1970 va travailler à débusquer les foyers d’aliénation que nous abritons dans le corps et l’esprit. Tantôt manifestement pathologiques, et tantôt incroyablement ténues, ces formes de la violence psychologique impactent le corps, la prise de parole, la capacité à vivre ensemble, l’autonomie de l’individu…
Ruptures et réappropriations
Freire accomplit trois ruptures essentielles : la névrose n’est plus considérée comme maladie, les personnes en souffrance ne sont plus considérées comme des patients, et la thérapie n’est plus la propriété des seules mains « expertes » de « spécialistes » qui décident d’enfermer ou de relâcher, de médicaliser…. Au contraire, elle est rendue à la personne pour que celle-ci se réinscrive d’elle-même dans la marche normale du monde, avec des proches, dans le quotidien : avec le plaisir – le tesão – comme vecteur principal.
Le désir comme thérapie
Tesão, en argot brésilien, c’est le désir dans son sens le plus évidemment sexuel, à connotation parfois grossière. Mais le côté populaire et impudent témoigne de la force du principe et convient très bien à notre psy anarchiste qui signale : Sem Tesão Não Há Solução. : « sans désir, pas de solution » pour vaincre isolement et violence, régression et indifférence, traumatisme et peur.
Freire propose : une philosophie résolument anarchiste, une modalité – le tesão – et une méthode thérapeutique en quatre pratiques essentielles. L’anarchisme traverse toute l’approche. Nick Cooper, praticien nord-américain explique la Soma. Elle réunit : « un groupe de personnes qui forme un collectif à durée limitée (un an et demi environ) qui, par des dynamiques autogérées, non hiérarchiques, va explorer et développer sa capacité à entretenir des relations humaines plus créatives, à mieux s’autoréguler et développer sa capacité à défendre ses désirs et besoins propres dans une société hostile à l’indépendance des individus » [1].
Premier élément de la méthode : explorer la névrose au moyen d’exercices (gestalt, théâtre…) ludiques, corporels, toujours fondés sur le plaisir plutôt que l’inconfort ou la culpabilité.
João da Mata, co-auteur de plusieurs livres de Freire explique que cette phase vise à « réduire la tension chronique de la cuirasse neuromusculaire, (pour agir) sur l’agressivité, la créativité, la sensibilité, la sensualité des gens » [2].
Ces exercices et le travail de verbalisation qui les complète, culminent souvent en une réelle purge physique des angoisses emmagasinées dans le corps :
« Tout ce qu’une personne a tenté de refouler en contrôlant ses gestes et expressions se repère dans des altérations du système neurovégétatif (vertige, sudation, déséquilibre, nausée). » [3] Les somathérapeutes disent que le corps dénonce ce qu’il a subi pendant des années.
Le groupe est accompagné par un somathérapeute, plus animateur que clinicien. Plutôt leader circonstanciel, son influence ne confine jamais à la domination et ne dure que le temps de la vie du groupe. « La vision anarchiste sert de référentiel à toute notre méthodologie […] notamment la relation thérapeute-groupe. Il est exposé, ouvert, et sa vie est connue de tous. Il participe à la dynamique du groupe comme un autre membre du processus d’autogestion . » [4].
« L’arme c’est le corps »
Le deuxième aspect consiste pour le groupe à reprendre le travail thérapeutique à son compte, en autogestion. Jugé compétent pour poursuivre un travail habituellement du seul ressort du praticien, le groupe poursuit un triple objectif : réapprendre l’autonomie en se passant de guide, approfondir le travail thérapeutique avec les autres membres du « groupe élargi », et élaborer ensemble une production à visée « sociale » – artistique, littéraire, politique – financièrement autonome.
Le troisième pilier : entamer un dialogue non conventionnel avec l’autre, « corps à corps ». C’est le rôle de la capoeira Angola, la forme très lente de cette danse des esclaves, lutte à la fois ritualisée et improvisée, forme populaire, très proche du sol, est toujours en lien avec l’idée de plaisir : Freire rappelle qu’on ne « combat » pas à la capoeira, on « joue ». La confrontation avec l’autre est collaborative, l’agressivité acceptée et la communication innovante. João insiste : il s’agit aussi de s’armer contre la domination ambiante.
Enfin, le groupe va travailler à se resocialiser en renouant avec le quotidien, mais sur de nouvelles bases. « La Soma n’est pas une thérapie pour adapter l’homme au Système. Notre idée de santé pointe vers le développement de la créativité, qui conduira à la construction d’une nouvelle organisation sociale plus libre et plus juste, où l’acte de vivre ne se limitera pas à survivre »
Ces séances dites marrom ou « dissidentes » (allusion aux esclaves en fuite : marrons), s’établissent sur la conscience du chemin parcouru par les membres pour détruire l’armure qui les enserrait (réseau de tensions pathologiques décrit par Reich), et libérer la personnalité.
Roberto Freire meurt en 2008 à 81 ans, il laisse derrière lui une œuvre : romans, théâtre, essais, films. Le Collectif anarchiste Brancaleone créé en 1991 poursuit son travail de formation de thérapeutes, d’animation de groupes. Depuis la rentrée, après l’Espagne et le Portugal, un premier essaimage de groupes de Somaterapia a eu lieu en pays francophone, en Belgique.
Cuervo (AL 95)
Muito obrigado à Nick Cooper et Jorge Goia pour leur aide précieuse.
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« Le pouvoir politique […] aurait pour rôle de réinscrire perpétuellement ce rapport de force, par une sorte de guerre silencieuse, et de la réinscrire dans les institutions, dans les inégalités économiques, dans le langage, jusque dans les corps des uns et des autres. »
Michel Foucault, Cours au collège de France 1976
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Bibliographie
Pour aller plus loin
Wilhelm Reich, La Psychologie de masse du fascisme, Payot, 1999
Friedrich Perls, Manuel de Gestalt-thérapie. La Gestalt : un nouveau regard sur l’homme, ESF Editeurs, 2009
Antipsychiatrie
Franco Basaglia, L’institution en négation, Seuil, 1970
Ronald Laing, La politique de la famille, Stock, 1972
Thomas Szasz, Le mythe de la maladie mentale, Payot, 1975
[1] Nick Cooper, article paru dans Slingshot fanzine militant sur le web.
[2] Roberto Freire et João da Mata, Soma (vol. 1), A alma e o corpo, Editora. Gunabara, 1991
[3] Roberto Freire et João da Mata, Soma (vol. 2), A Arma e o Corpo, Editora Guanabara, 1991
[4] João da Mata, A Liberdade do Corpo : Soma, capoeira angola e Anarquismo, Editora Francis, 2009 |
et que penser de l'antipsychiatrie ?
| Citation: | Prolétaires du monde entier, descendez dans vos propres profondeurs, cherchez-y la vérité, créez-la vous-mêmes ! Vous ne la trouverez nulle part ailleurs." (Nestor Makhno)
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