Regards sur l'éveil
Café philosophique, littéraire et scientifique
|
|
Archives ·
Devenir membre ·
Log in · Contact
· Blog
|
| Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant |
| Auteur |
Message |
sephres
Inscrit le: 24 Jan 2010 Messages: 49
|
Posté le: Lu 19 Avr 2010 15:22 Sujet du message: Confiance en l'Autre |
|
|
Bonjour, mes amis.
Comme tout chercheur, j'aspire à connaître définitivement l'état de grâce, parfois vécu et souvent fantasmé que nous appelons tous ici l'éveil.
Je cherche le moyen le plus rapide, le plus efficace. L'éveil est, dans mon esprit, un état de paix. Mais la paix est un mot stérile, car je ne me sens pas de pouvoir pour y accéder.
La confiance est une notion beaucoup plus accessible à mon sens. confiance en la vie, en l'autre, en l'univers ; la confiance peut se cultiver.
Je suis en paix quand je ressens de la confiance. Hors de cette confiance vague et délicieuse, mon esprit s'affole, et mon dialogue intérieur n'a pour objet que de la retrouver.
Cet égo si honni, ce "mental" si agité, ne sont pour moi que des carapaces. Je cherche mes plus beaux atours en vue d'entrer en contact avec le monde. Mon égo, c'est ce que je crois devoir présenter au monde pour être dans l'unité fondamentale.
Mais c'est dans cette angoisse première, ce manque de confiance quand j'aborde une femme, cette terreur d'être jugé, rejeté, dit laid, stupide et insipide, que se trouve, à mon sens, la voie royale pour l'éveil.
Cette voie, je pourrai l'appeler "la voie de l'amour transparent". Et elle se résume en une prise de conscience toute simple.
Je suis devenu ce "je" en opposition dans une relation.
autrefois, nécessairement, une ou plusieurs de mes relations avec le monde est devenue toxique, dommageable.
Il y a eu scission, et "je" est né. tout le monde sait ici que "je" est une illusion, mais tout le monde semble savoir aussi que "je" est une réalité quotidienne.
"je" existe par opposition à "tu".
Voyant cela, j'ai rencontré une proposition, une voie : se confronter à ce "je" et à ce "tu", jusqu'à ce que l'illusion disparaisse et que la réalité de l'unité devienne éclatante.
Ce travail, il peut être accompli. Si j'avais un ami, en qui j'ai une totale confiance perpétuelle, je serais éveillé et totalement conscience de l'inexistence du "je".
Mais mon esprit a conservé les peurs, la méfiance acquise au cours de ma vie. Ces sentiments m'empêchent d'être totalement.
Les fois ou j'ai approché cette unité, "je" a fondu. J'étais totalement là, présent, disponible et attentif.
L'autre, qu'il soit ami(e), époux(se), est une incarnation de ce non-je. C'est un "tu". Déployer une totale confiance en un non-je, je sais en l'expérimentant que c'est extrêmement difficile. Pour ma part, en tout cas.
J'habite à Nice, et je souhaite développer des relations de confiance quasi-absolues. Ou du moins m'en approcher. Quelqu'un souhaite-t-il tenter l'aventure ? |
|
| Revenir en haut |
|
 |
riseohms
Inscrit le: 30 Nov 2009 Messages: 4343 Localisation: paris
|
Posté le: Je 22 Avr 2010 20:21 Sujet du message: Re: Confiance en l'Autre |
|
|
Bonjour Sephres
Ce que tu demandes est bien difficile
Un tel appel risque de n’avoir aucune réponse
Je ne suis pas sur qu’une telle rencontre se produise sur demande
Bien sur, un équilibre entre le ‘’je’’ et le ‘’tu’’ peut se produire dans une rencontre mais dure t-elle ?
Tu demandes quelque chose d’absolu à un être qui ne l’est pas et je crains la désillusion
Je te suggère une autre piste :
Et si cet ami que tu cherches était tout près de toi ?
Et s’il était tout simplement toi-même, en toi-même. ?
Es tu sûr de n’être qu’un ‘’je’’ que tu juges illusoire et que tu souhaiterais faire disparaitre en t’abandonnant à l’autre. ?
Mais si'' je'' est une illusion, l’autre aussi car ils sont indissociables
En réalité tu n’es pas que’’ je ‘’ mais aussi un ‘tu’’
L’autre que tu cherches est en toi-même, il est la conscience.
conscience qui est présence
présence qui est nous mêmes et plus que nous mêmes
Je est un autre disait Rimbaud-
Le je n'est rien ou plus exactement un ''presque rien ''parce qu’il est accueil de l’autre et sans ‘’je’’ pas d’accueil et donc pas d’autre,.
le problème n'est pas le je mais le faux plein qui le remplit et auquel il est identifié
faux plein qui fait du je une opacité qui empêche toute vraie relation
ce faux plein est fait d'attentes, de revendications, de peurs,refus etc
il est le passé qui nous voile le présent
il faut se vider de tout cela , se rendre transparent alors on devient accueil
et d'abord à ce vrai plein qui est au fond de nous, la présence de la réalité vivante
Je ne me sens jamais seul quand je suis avec moi-même.
Le soi même est déjà un rapport avec soi, il est déjà union et relation du moi et du non moi, du je et du tu
et cela s’appelle la conscience, la présence, .présence à soi même qui est aussi présence au monde.
Cette présence à soi et au monde, c’est la présence à ce qui est
et l’acceptation totale de ce qui est
C’est dans l’acceptation que se révèle cette présence, cet autre qui est en toi-même car l'acceptation dissout tout ce qui est refus ( le faux plein )
dans cette présence, rien ne manque,, aucun ennui ou sentiment de solitude n’y est possible : en elle il n’y a que plénitude, unité et confiance, telle est la véritable confiance en soi
Cette présence est une rencontre intérieure avec soi même en tant que je et tu
Et c’est de cette rencontre intérieure que pourra éventuellement se faire une rencontre extérieure avec autrui
Parce que de toi émanera une confiance, une liberté, une plénitude qui attirera les autres
mais s’ils sentent le contraire, s'ils te sentent en demande, ils fuiront.
comme on dit, c'est en se sentant bien avec soi même qu'on se sent bien avec les autres .
et si les autres ne sentent pas cette unité et autonomie en toi, ils ne se sentiront pas bien avec toi et t'éviteront
Amicalement
Joël |
|
| Revenir en haut |
|
 |
sephres
Inscrit le: 24 Jan 2010 Messages: 49
|
Posté le: Je 29 Avr 2010 9:11 Sujet du message: |
|
|
Je pense que tu as raison sur le fond, mais que ce chemin là est infiniment plus hasardeux et long.
Il est difficile car ce n'est pas "moi avec moi même" qui ait généré ces peurs et ces illusions protectrices. J'étais, comme tout bébé, un et entier.
Totalement dans l'instant, dans mes sensations, en accord absolu avec qui j'étais et ce qui m'entourait.
Et progressivement, j'ai du faire face à l'illusion de la séparation, subir, comme tous et toujours les peurs et les désirs d'autres parties de l'univers (mes parents, principalement).
J'ai déjà travaillé sur "ma réconciliation intérieur". C'était le travail préalable à la renaissance de ma sensibilité, des émotions qui me traversent. J'ai du apprendre à aimer toutes manifestations de la vie en moi, ou sans l'aimer, au moins à l'accepter comme une réalité de l'instant.
Maintenant que cela est fait, la seconde étape, et la plus difficile aussi, c'est d'aller au coeur du cyclone ; oser montrer cette intégrité avec laquelle j'ai renouée, au monde. Et monde, pour moi, c'est tout ce qui n'est pas "moi".
En fait, il s'agit d'aller au fond de l'illusion de séparation, ce voile qui nous caractérise tous. Savoir que le "je" est un mensonge ne sert à rien. Le tout, c'est de le sentir dans ses tripes, et dans son coeur.
Et je ne ressens ça qu'une fois que j'ai affronté le coeur de cette illusion.
Cette illusion, c'est l'autre (la phrase elle même porte ce paradoxe...)
J'ai reçu un MP de Dodo-Chan qui habite à Nice et qui souhaite me rencontrer. Même si ce n'est pas spécifiquement pour tenter ma proposition, cela signifie quand même que certaines personnes ont l'intuition qu'une relation d'échange et d'amitié transparente et consciente, ce n'est pas inatteignable.
Amicalement. Guillaume. |
|
| Revenir en haut |
|
 |
riseohms
Inscrit le: 30 Nov 2009 Messages: 4343 Localisation: paris
|
Posté le: Je 29 Avr 2010 11:50 Sujet du message: |
|
|
bonjour sephres
| sephres a écrit: | | Je pense que tu as raison sur le fond, mais que ce chemin là est infiniment plus hasardeux et long. |
oui , très long, en tout cas pour moi ( plusieurs décennies )
et je dois avouer que derrière cette recherche de l'éveil, chemin vers soi et de réconciliation avec moi même, il n' y avait pas seulement un désir de combler un manque , un désir d'unité mais aussi un refus du monde, une peur de l'autre
mais pouvait il en être autrement ?
car quant on se sent séparé alors le monde et l'autre sont ressentis comme extérieurs ,étrangers et donc comme une menace
la séparation implique la peur et un comportements de défense
pour s'en sortir ,on peut soit aller à la source du problème cad en soi et faire partir ce sentiment de séparation par la présence à soi et effectivement dans les moments d'éveil, la peur disparait,la confiance est revenue car on se sent relié intimement à l'autre et au monde
mais l'ego est toujours là, je veux dire le passé et il peut se réactiver si la confrontation avec les autres touche à des attachements plus profonds
et provoque des émotions qui nous mettent hors de nous mêmes
l'autre chemin est d'aller vers le monde,les autres, d'affronter directement sa peur, de sortir encore plus de soi, je pense à la voie chrétienne, le don de soi, l'altruisme, l'action
les deux chemins ont le même résultat, on prend l'un ou l'autre selon sa sensibilité mais l'un mène à l'autre et réciproquement
en allant au bout de l'intériorisation, cad en soi, on se retrouve hors de soi, on rencontre l'autre
et en allant au bout de l'extériorisation, hors de soi, on se rencontre soi même, on est en soi
et il arrive un moment où être en soi et hors de soi ne sont plus vécus comme differents
| sephres a écrit: | | Maintenant que cela est fait, la seconde étape, et la plus difficile aussi, c'est d'aller au coeur du cyclone ; oser montrer cette intégrité avec laquelle j'ai renouée, au monde. Et monde, pour moi, c'est tout ce qui n'est pas "moi". |
j'en suis au même point
revenons à l’idée de séparation. C’est avant tout la séparation sujet- objet. l’objet c’est ce qui en face de moi, extérieur, différent de moi : le monde, les autres
l’éveil fait éclater cette séparation qui est illusoire en tant qu’elle est le fait de notre pensée.
Non pas que le monde devienne nous-mêmes
mais que toute distance soit aboli avec lui, il ne nous est plus extérieur mais en quelque sorte intériorisé, subjectivé, tout en restant différent et distinct de nous,
il est nous mêmes tout en n’étant pas nous-mêmes totalement sinon on ne le verrait même pas, je veux dire l’éveil abolit toute distance tout en la maintenant,
l’éveil c’est ne plus vivre que dans notre pensée qui par nature sépare et distingue mais retrouver un pur ressenti où la vie s’éprouve,
et au niveau du ressenti qui est présence, il n’y a pas de distance.
L’éveil c’est accorder notre pensée à ce ressenti, équilibrer intellect et émotionnel, ils jouent l’un avec l’autre
alors que dans le non éveil, ils jouent l’un contre l’autre.
L’éveil est distance dans la non distance, non dualité dans la dualité, un dans le multiple
les objets ne sont plus vraiment des objets mais des événements, le monde devient étonnant
mais c’est une chose de ressentir ce sentiment d’unité avec le monde et les autres quand on est seul ou qu’on se ballade dans la rue et où les autres sont des passants comme une voiture cad des objets
et c’est autre chose quand on le rencontre car l’autre n’est pas seulement un objet mais un sujet et là, on peut rencontrer d’autres limites qui sont nos propres limites ou résistances, plus intérieures et qui sont en fait d’autres voiles ou niveaux de séparations
le voile de la séparation entre soi et le monde au niveau des perceptions où on se sent être le monde n’est que le premier voile, il y en a d’autres, le chemin de l’éveil n’a pas de fin, il y a plusieurs couches de séparation
et effectivement la rencontre réelle avec un autre peut nous faire évoluer dans notre éveil, cad dans notre vie vraiment vécue
Joachim en a parlé dans ce forum, ICI
sa rencontre avec l'autre a relancé et transformé son éveil
Amicalement. Joël |
|
| Revenir en haut |
|
 |
sephres
Inscrit le: 24 Jan 2010 Messages: 49
|
Posté le: Sa 01 Mai 2010 11:12 Sujet du message: |
|
|
salut !
Je n'ai pas lu l'ensemble du message de joaquim que tu m'as joint. Je me sens souvent découragé face à la longueur des échanges.
Il m'arrive tant de sentir la simplicité de ce que nous recherchons, que les pavés (toujours intéressant et contenant une part d'essentiel) me donnent la sensation de retourner dans ma propre prison de pensées.
J'ai parfois l'impression qu'on se trompe d'outils. Que là ou nous cherchons le sensoriel, nous mettons l'intellect. C'est comme essayer de repeindre un appartement avec une pioche, et creuser la terre avec un pinceau.
Peut être notre problème n'est il qu'on problème d'outil adapté, finalement...Toute cette énergie à décortiquer une sensation, pour la retrouver... ça m'épuise.
J'ai retenu ce que tu disais sur l'intériorité, le chemin qui consiste à aller à tout au bout de soi, de cet isolement supposément illusoire ; plonger dans son identité, pour voir qu'elle est une construction mentale.
Moi, ce que je dis, c'est que la savoir illusoire n'enlève rien à sa puissance et à sa prégnance.
C'est ce qui m'a poussé à quitter cette recherche là.
Le choix inverse, que tu définis comme "extériorité" (je ne partage pas ton avis); n'est absolument pas une voie de l'altruisme, du "don de soi". Je n'ai jamais cru à cela.
Je suis dans l'intériorité totale quand je me confronte, ou me fond dans cet "autre". L'autre est toujours conditionné par ce "moi". sans "moi", l'autre n'est pas ; donc cet autre est une méditation ; la rencontre que je fais avec lui, si elle est juste et lucide, vaut bien 10 méditations.
Et dans le cas ou elle aboutit sur la dissolution des douleurs et des peurs quasi-systématiques qui habite la relation, la rencontre et la fusion de ce qu'il y a au fond de nous permet la rencontre réelle, c'est à dire la disparition du "je" et du "tu", laissant place à "nous", ce "nous" lié par l'amour et la sensation d'unité somme toute complètement naturelle, que de nombreuses années de perdition nous font ressentir exceptionnelle.
C'est le non-éveil qui est absurde, l'éveil est l'état de béatitude naturelle que les peurs et les conditionnements viennent couvrir de toute leurs puissances.
Je répète le seul leitmotiv qui m'habite : c'est dans ce qu'il y a de plus douloureux que se trouve le plus grand potentiel de libération.
C'est pour ça que je n'aime pas trop la pensée. C'est beaucoup trop facile et confortable. |
|
| Revenir en haut |
|
 |
riseohms
Inscrit le: 30 Nov 2009 Messages: 4343 Localisation: paris
|
Posté le: Sa 01 Mai 2010 13:35 Sujet du message: |
|
|
bonjour sephres
C’est vrai j'écris longuement parce que je veux toujours allé au fond des choses et il faut surement du temps et de la disponibilité pour me lire
| sephres a écrit: | Il m'arrive tant de sentir la simplicité de ce que nous recherchons, que les pavés (toujours intéressant et contenant une part d'essentiel) me donnent la sensation de retourner dans ma propre prison de pensées.
J'ai parfois l'impression qu'on se trompe d'outils. Que là ou nous cherchons le sensoriel, nous mettons l'intellect. |
Bergson a écrit: | Citation: | | <en ce point est quelques chose de simple, d'infiniment simple, de si extraordinairement simple que le philosophe n'a jamais réussi à le dire... et c'est pourquoi il a parlé toute sa vie |
la philosophie cherche à exprimer et à traduire cette simplicité, à donner l'envie de la retrouver
Mon langage est philosophique et j'aime la philosophie , j'aime penser
mais il y a d'autres langages comme la poésie, l'art etc
En tout cas dans un forum, on ne peut pas échanger directement du silence et du sensoriel mais juste des mots
et il faut faire en sorte que ces mots désignent et expriment ce silence, cet au delà des mots que l'on partage alors ensemble dans le forum
alors la pensée n'est pas vaine ou bavardage
| sephres a écrit: |
plonger dans son identité, pour voir qu'elle est une construction mentale.
Moi, ce que je dis, c'est que la savoir illusoire n'enlève rien à sa puissance et à sa prégnance.
C'est ce qui m'a poussé à quitter cette recherche là. |
Ce voir n’est pas un savoir intellectuel mais une conscience,une attention, une perception directe accompagnée ou précédée d’une compréhension.
comprendre c’est prendre avec soi, c’est aussi ce qu’on entend par l'acceptation
ce voir, cette acceptation permet de diminuer la puissance de tout ce qui est construction mentale cad conditionnement, elle fait le vide.
en fait être conscient de quelque chose revient à être conscient de soi, la conscience met à distance les choses, permet de les traverser,de ne plus y coller et par là de se retrouver dans ce vide
| sephres a écrit: |
Le choix inverse, que tu définis comme "extériorité" (je ne partage pas ton avis); n'est absolument pas une voie de l'altruisme, du "don de soi". |
Ce don de soi n’est pas forcement intentionnel
J’ai rencontré des gens qui sans se poser des questions existentielles, sans recherche de soi, se sont rencontrés en vivant à fond leur vie professionnelle et familiale
J’appelle cela un karma yoga, yoga de l’action.
dans l’action pleinement acceptée cad dans laquelle on s'investit à fond, on s’oublie soi même et par retour on se retrouve spontanément :se perdre pour mieux se retrouver),
c’est un éveil naturel.
une règle: agir et vivre à fond, c'est être le fond et le rencontrer, le fond c'est soi-même
ces amis m’ont dit’’ mais cette lumière que tu cherches est déjà en toi. Pour la trouver, il suffit de la donner, de l’exprimer et de la transmettre’’- l’intériorité leur est venue dans l’abandon totale à l’extériorité
Tant qu’on garde cette lumière naturelle pour soi, elle nous brule et nous aveugle et trop chercher l’éveil ou l’attendre est une forme d’aveuglement
C’est viser une cible mais en retenant sa flèche.
Pour que l’éveil se produise, il faut l’oublier cad lâcher sa flèche. Se donner dans l’action, dans l’extérieur, c’est lâcher la flèche et cesser de viser
Dans le domaine de la foi, la prière fonctionne ainsi : on prie intensément puis dans la confiance, on l’oublie alors elle peut être exhaussée
Chercher l’éveil, l’attendre, c’est ne pas arrêter de prier, se bloquer
| sephres a écrit: |
Je suis dans l'intériorité totale quand je me confronte, ou me fond dans cet "autre".
Le seul leitmotiv qui m'habite : c'est dans ce qu'il y a de plus douloureux que se trouve le plus grand potentiel de libération. |
Tout à fait d’accord avec toi
| sephres a écrit: |
C'est pour ça que je n'aime pas trop la pensée. C'est beaucoup trop facile et confortable. |
Tout dépend comment on pense
La pensée,c’est un outil, qui convient à certains et pas à d’autres, cet outil peut nous enfermer ou nous ouvrir. C’est une arme à double tranchant
Toi, elle t’a enfermée ,dis tu .
Es- tu si sûr qu’elle a été si inutile pour toi ?
Elle a été une étape puis tu as eu besoin d’autre chose
Il y a d’autres voies qui probablement ont pu te convenir mieux : un travail sur le corps ou directement sur les émotions ou un travail relationnel etc
Tout cela c’est une question de sensibilité personnelle, chacun selon ses besoins
par contre c’est une erreur de condamner une voie sous prétexte qu’elle ne nous réussit pas
Ne jamais dire d’une chose qu’elle est mauvaise mais dire elle ne me convient pas, je ne l’aime pas.
Rien n’est mauvais ni bon en soi , il y a simplement des choses bonnes ou mauvaises pour soi, c’est un jugement relatif et non absolu
Mon chemin est plus le jnana yoga, yoga de la connaissance, de la discrimination. Tout passe chez moi par la pensée
Et une pensée bien menée calme l’esprit et débouche sur au delà d’elle-même : sur l’intuition, accès direct au réel, unité de l’émotionnel, du sensoriel et de l’intellect
amitiés
Joël |
|
| Revenir en haut |
|
 |
sephres
Inscrit le: 24 Jan 2010 Messages: 49
|
Posté le: Sa 01 Mai 2010 14:50 Sujet du message: |
|
|
Je suis d'accord avec toi sur l'ensemble de tes réponses.
C'est une question de sensibilité et d'étapes. La pensée ne m'a certes pas été inutile ; mais je la critique si elle est refuge face à l'obstacle, tu l'auras compris.
En revanche, s'il y a une chose dont je suis sûr, c'est que notre culture a sur-développé notre intellect, c'est la valeur par excellence ; en ce sens, je sens que le déséquilibre pro-mental peut créer cette illusion de compréhension qui est le pire piège, selon de nombreux maîtres, nous éloignant d'une existence qui contient tout les éléments pour nous éveiller.
Je crois avoir été très loin dans la compréhension mentale, et je me souviens avoir frôlé la folie, confronté violemment aux paradoxes inhérents à cette quête, je me sens donc la responsabilité (probablement excessive) de parler de mon expérience.
De toute façon, je fais confiance à l'existence, qui mène ceux qui en sont habités vers cet éveil ; ça me fait penser au phénomène de la gravité ; et c'est comme si parfois, je cherchais à tomber plus vite.
Je ne fais que partager mon cheminement, avec certes beaucoup de passion voire de radicalité.
Amicalement. |
|
| Revenir en haut |
|
 |
joaquim Administrateur
Inscrit le: 06 Août 2004 Messages: 7128 Localisation: Suisse
|
Posté le: Sa 01 Mai 2010 15:00 Sujet du message: |
|
|
Bonjour sephres et Joël,
| sephres a écrit: | Il m'arrive tant de sentir la simplicité de ce que nous recherchons, que les pavés (toujours intéressant et contenant une part d'essentiel) me donnent la sensation de retourner dans ma propre prison de pensées.
J'ai parfois l'impression qu'on se trompe d'outils. Que là ou nous cherchons le sensoriel, nous mettons l'intellect. C'est comme essayer de repeindre un appartement avec une pioche, et creuser la terre avec un pinceau. |
Effectivement, si ce qu'on écrivait sur le forum avait la prétention de conduire à l'éveil, qui est d'une simplicité au-delà des mots, on se tromperait d'outil. La pensée n'est pas un outil approprié pour saisir l'éveil. L'éveil, ce n'est pas un contenu de pensée, c'est une perception directe. Le problème, c'est que dès qu'on le formule, on en fait un contenu de pensée. Une perception directe ? Mais c'est banal, dira-t-on. N'importe qui fait ça. Oui c'est vrai, tout le monde le fait, sans le savoir. Et aussitôt qu'on cherche à le savoir, on en fait un contenu de pensée. Être dans la perception sans la transformer en contenu de pensée, c'est cela l'éveil. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a plus de pensée. Non, simplement, on n'est plus dans la pensée. On est dans la perception (autrement dit dans l'objet), et la pensée la parcourt, comme les odeurs, les couleurs et les sons parcourent le monde.
Aussitôt qu'on le formule, on est, par la force des choses, dans la pensée. Vouloir nier cela, parler comme si on parlait à partir d'un au-delà de la pensée, c'est simplement tomber dans une autre forme d'illusion. Lorsqu'on parle de l'éveil, même s'il est la simplicité même, on est face à une complication extrême, puisqu'il s'agit de rendre tangible la transparence à l'aide ce qui précisément la rend opaque. C'est un travail de polissage de la pensée et de l'expression verbale, comme le fait si bien par exemple Joël. Cette démarche d'allure compliquée, c'est à mon sens la plus fidèle qui soit à la simplicité de son objet. Le témoignage direct du vécu l'est aussi. Mais lorsqu'on a témoigné de son vécu, à moins de se répéter, on n'a plus grand chose à rajouter. Parler de l'éveil, c'est prendre dans les mains un outil inapproprié à le dire, et faire un travail de polissage jusqu'à ce que quelques éclats transparaissent à travers lui. C'est d'ailleurs ce que tu fais toi-même, sephres. Mais ce qui me frappe, c'est que cette qualité qui t'habite, cette exigence vis-à-vis de la limpidité de la pensée, tu as tendance à la dénigrer, comme si elle était un obstacle entre toi et la simplicité que tu es. Je pense pour ma part que l'obstacle, c'est plutôt celui en toi qui (se) dénigre.
| sephres a écrit: | | Toute cette énergie à décortiquer une sensation, pour la retrouver... ça m'épuise. |
Je te comprends. Et je ne crois pas pour ma part qu'un forum puisse apporter des réponses. Les seules véritables réponses qu'il apporte, c'est celles que découvre pour lui-même celui qui poste. Ce que nous apportent les autres, sur un forum, c'est l'envie d'aller chercher au fond de soi des réponses, qu'on découvre grâce à eux. Non pas qu'ils nous donnent des pistes, même si cela peut aussi arriver, mais parce qu'ils nous donnent envie d'explorer. L'autre, on ne le rencontre pas en s'adressant à lui, mais en creusant en soi. Parce qu'en creusant, c'est lui qu'on vise. Une chose qui m'a toujours étonné sur le forum, c'est que les seuls échanges vivants, ce sont ceux qui sont actuels. Il y a quantité de messages anciens magnifiques, mais personne ne les lit, parce qu'ils sont morts. La vie n'est pas en eux, elle était là au moment où ils ont été écrits. Maintenant, ils ne sont plus que des pensées, et ils méritent les reproches que tu leur fait. Mais ils n'ont pas été que cela. A travers eux a brillé une rencontre. On peut d'ailleurs les relire ainsi. Non pas en cherchant en eux des réponses qu'ils ne contiennent pas, mais en écoutant la vie qui a passé à travers eux.
PS. J'ai été absent du forum ces derniers temps, et il a été posté tellement de choses profondes et denses, que je ne suis pas capable de tout lire et absorber d'un coup. J'implore votre indulgence, Joël et viator, et vous remercie pour ces échanges si... vivants. |
|
| Revenir en haut |
|
 |
sephres
Inscrit le: 24 Jan 2010 Messages: 49
|
Posté le: Sa 01 Mai 2010 15:34 Sujet du message: |
|
|
J'ai adoré ta réponse, Joaquim, et je salue ta sagesse.
J'oublie tant de fois de regarder le fond dans la forme, et le vivant sous-tendant la théorie.
tu m'ouvres une toute nouvelle dimension de ce forum, la dimension humaine et la beauté des parcours, que je laisse souvent choir, tout obsédé que je suis à nouveau par le "but".
Eclairage très intéressant sur mes tendances, dont je te remercie sincèrement. |
|
| Revenir en haut |
|
 |
riseohms
Inscrit le: 30 Nov 2009 Messages: 4343 Localisation: paris
|
Posté le: Lu 03 Mai 2010 13:38 Sujet du message: Re: Confiance en l'autre |
|
|
bonjour Lune
merci pour ce beau texte
il n' y a vraiment à rajouter
Joël |
|
| Revenir en haut |
|
 |
|
|
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets Vous pouvez répondre aux sujets Vous ne pouvez pas éditer vos messages Vous ne pouvez pas supprimer vos messages Vous ne pouvez pas voter dans les sondages
|
Powered by php B.B.
© 2001, 2005 php B.B. Group · Theme and Graphics
by Tim Blackman
Traduction par : php.B.B-fr.com
|
|