Regards sur l'éveil
Café philosophique, littéraire et scientifique
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sephres
Inscrit le: 24 Jan 2010 Messages: 49
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Posté le: Lu 03 Mai 2010 19:27 Sujet du message: Immense souffrance...Joaquim, je t'en fais don. |
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Bonjour.
Quelle ironie de venir poster ce message sur café-éveil ; c'est probablement le lieu que je devrais fuir en tout premier. Mais puisque ce site porte et nourrit l'effroyable prison dans laquelle je me trouve aujourd'hui, autant le voir et être tout à fait honnête avec la situation sans issue dans laquelle je nage.
Mon ami Jérémy a éclairé le fait, qu'encore une fois je cherche à atteindre le but, que je me trouve esclave, plus que jamais, de mon désir d'un état de paix durable. Je suis toujours attaché à cet éveil que je cherche, ce désir guidé par une soif intense, et jamais je ne me suis senti plus prisonnier qu'aujourd'hui.
J'ignore si vous affrontez les mêmes affres, mais je me sens totalement esclave de ce désir partagé par vous. Et ce qu'il y a de plus douloureux, c'est que je sens que je ne peux pas m'en défaire.
Je suis l'esclave de ma quête d'éveil.
D'ou que je me tourne, je suis face à l'éveil, à ma rage de le trouver et mon désespoir de ne pas le posséder. Je suis terrassé, parce que bien qu'étant dans des conditions matérielles, humaines, structurelles parfaites, je n'obtiens pas l'éveil.
Je sais d'avance ce que vous me répondrez. L'éveil ne se trouve pas, l'illusion de l'égo, etc etc....
Mais toutes les analyses que vous pourrez me retourner ne me sortiront pas de l'étau mental qui me broie.
Vous me direz : "acceptes ta souffrance", et je vous dirai que je ne peux pas. Et mon diabolique cerveau ne peut pas ne pas me dire "c'est quand l'éveil sera mort en toi que tu seras libre". Lâcher l'idée d'éveil crée immédiatement l'opportunité de l'obtenir.
C'est comme ça et je n'y peux rien. Cela m'emmène au bord de la folie.
Je ne sais plus quoi faire.
Merci de m'avoir lu. |
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joaquim Administrateur
Inscrit le: 06 Août 2004 Messages: 7128 Localisation: Suisse
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Posté le: Lu 03 Mai 2010 21:05 Sujet du message: |
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Bonjour sephres,
Je suis touché par ta souffrance, d'autant plus que je connais le remède, mais que je suis incapable de te l'administrer. Mais ce qui me soulage, c'est que je sais que tu le connais toi aussi. Ou plutôt quelque chose en toi le connaît, même si toi-même l'ignore. Le problème, c'est que celui qui le connaît, c'est celui sur qui tu ne miserais pas un seul kopek. Il n'a aucun panache, il ne brille pas, il est insignifiant, il est si prosaïquement "je". Oui, "je" est celui qui sait, mais son savoir ne se trouve pas dans les pensées au milieu desquelles il se cache. Ce savoir est en lui, pas dans les pensées. Et c'est là toute la difficulté. Parce que sans ses pensées, il se sent tout nu. Il y tient beaucoup, elle le tiennent au chaud, elle lui évitent de devoir être, d'accomplir cet acte qui lui fait peur. Il peut se contenter grâce à elles d'être simple spectateur. Les pensées font leur cinéma sur son écran intérieur, et lui reste confortablement calé dans l'ignorance de lui-même. Alors il faut lui retirer les coussins. Le mettre à nu. Sans violence, bien sûr. La violence, c'est un excellent thème pour son cinéma intérieur. On se bat, on lutte, tout cela permet d'oublier d'être. Non, essayer de le rassurer, de l'apprivoiser. Lui retirer les coussins de pensée, mais lui laisser le plaisir de regarder. Au fond, il est fait tout entier de curiosité et d'étonnement. Mais il a du mal à être pure curiosité et pur étonnement. Il aspire à ce que quelque chose vienne calmer sa curiosité, pour lui permettre de s'y caler comme dans un coussin. Ce quelque chose, c'est une pensée. Elle vient coiffer la curiosité en lui apportant une réponse. Alors, ce qu'il faut, c'est chasser toutes les réponses. Questionner ce qu'on voit, la chaise, le plancher, l'arbre, et les regarder sans rien se dire. Juste regarder. On se dira bientôt : "Qu'est-ce qui peut bien sortir de cette observation ? Il n'y a rien de plus banal." Rien de plus banal ? C'est bien, on est sur la bonne voie. Il n'y a rien d'intéressant. C'est bon signe. Parce que ce qu'on cherche, ce n'est pas quelque chose qui vienne assouvir l'intérêt. C'est sa source. Cette source est sans intérêt. C'est pourquoi on passe si facilement à côté. Elle est là au milieu du chemin, mais on passe à côté, tant elle est sans intérêt. Donc on regarde simplement, attentivement, ce qui est devant soi, sans rien se dire, en maintenant simplement cette attention, sans forcer, mais sans se décourager non plus. Tant qu'on se dit "C'est sans intérêt", c'est bon. Lorsqu'on sent qu'on touche quelque chose d'intéressant, il faut le lâcher, le laisser partir. Il s'agit de prendre plaisir à ce que ce soit sans intérêt. C'est bien s'il y a du plaisir. Du plaisir à ce qu'il ne se passe rien d'intéressant. Combien de temps peux-tu tenir ainsi ? Une minute, dix minutes, une heure, toute la nuit ? Et bien, pour atteindre l'éveil, il suffit de tenir le temps qu'il faut. Tu ne peux pas échapper à ce que tu es. Si tu retires toutes les distractions qui t'éloignent de toi, tu tombe sur tes propres fondements. Nécessairement. Ce n'est qu'une question de temps. |
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sephres
Inscrit le: 24 Jan 2010 Messages: 49
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Posté le: Lu 03 Mai 2010 23:12 Sujet du message: |
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Je sens la simplicité et la profondeur de ta réponse. C'est peut être pour cela que "quelque chose" a dit "non", à la lecture de ton message.
Et un "non" de survie. Un "non" de quelqu'un qui se trouve acculé au bord du gouffre ; sauter me prendra le temps qu'il faudra. Je ne suis plus inquiet, car j'ai senti que je n'avais que peur.
Ce que tu m'as offert, Joaquim, c'est la vision de me fuite en avant ; ma fuite vers les sensations, vers le plaisir, vers la "réponse". Cette fuite hors de moi dont tu dis si bien qu'elle est futile : je ne peux pas échapper à ce que je suis.
Je me vois tellement clairement dans cette fuite en ce moment. A chacune de mes cigarettes, à chaque fois que je viens sur ce forum, cette façon si systématique de bouger de là ou je suis, pour aller vers l'endormissement de ma conscience.
Merci, mon ami. Je verrai bien ce que je ferai de ton cadeau. |
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Renard
Inscrit le: 11 Déc 2009 Messages: 146 Localisation: Montréal
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Posté le: Ma 04 Mai 2010 2:29 Sujet du message: |
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| Alors oui vraiment le Renard il se demande une question toute bête...Pourquoi désir tu l'éveil? |
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sephres
Inscrit le: 24 Jan 2010 Messages: 49
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Posté le: Ma 04 Mai 2010 14:13 Sujet du message: |
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Parce que j'ai fabriqué l'éveil avec les moments les plus agréable de ma vie, et que je désire les retrouver ; parce que je suis enchainé à ces désirs, et que je sens que je ne peux pas les faire mourir par la violence ou la volonté.
Je désire l'éveil, parce que j'ai crée de toute pièce l'illusion de l'avoir déjà vécu.
Parce que je veux absolument y croire. |
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riseohms
Inscrit le: 30 Nov 2009 Messages: 4343 Localisation: paris
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Posté le: Ma 04 Mai 2010 16:50 Sujet du message: |
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bonjour Sephres
| sephres a écrit: | Parce que j'ai fabriqué l'éveil avec les moments les plus agréable de ma vie, et que je désire les retrouver ; parce que je suis enchainé à ces désirs, et que je sens que je ne peux pas les faire mourir par la violence ou la volonté.
Je désire l'éveil, parce que j'ai crée de toute pièce l'illusion de l'avoir déjà vécu.
Parce que je veux absolument y croire. |
Pourquoi illusoire, le vécu n'est pas illusoire
Mais c'est du passé maintenant et le vécu c'est maintenant
Et le vécu ce n’est pas seulement un contenant cad des expériences mais surtout le vécu de quelqu’un.
Se reconnaitre comme vivant des expériences (pensées, perceptions, émotions, désirs), c’est cela l’éveil.
Les expériences de l’éveil aussi belles qu’elles soient et que tu as pu vivre sont juste des effets passagers,
faut pas s’y attacher et les oublier afin de rester à leur source cad toi-même ici et maintenant
En fait tu confonds les fruits de l’éveil avec l’éveil.
Tu y mets un contenu, tu en as fait un savoir, une image, un souvenir
Mais l’éveil n’est pas un contenu, il est le contenant de toutes les états et vécus possibles, agréables ou désagréables
Ce n’est pas un état spécial, c’est l’état le plus banal qui soit cad toi-même, celui qui accompagne tous tes vécus,
Et ce que tu es, c’est presque rien c’est pourquoi comme dit Joaquim on passe toujours à coté car on est focalisé sur des expériences ou désirs d’expériences
Accepter de vivre avec ce rien que je suis, s’en contenter et se détacher de tout ce qui est pas soi cad tous nos contenus de conscience fait que alors rien ne sera plus banal.
Ce désir de l'éveil n'est pas à détruire car tu es ce désir
, il s’agit de déplacer ton attention de l’objet du désir, l’éveil
vers celui qui désire et qui n’est pas ailleurs que dans ce désir et cette soif, qui l’habite, mieux qui est désir et soif
Pour l’instant tu te vis négativement car tu crois que tu es ailleurs dans cet éveil à venir
Alors que tu es bien là dans cette soif, ce désir et ce manque
Le désir est désir de soi, ce qui définit bien le désir de l’éveil mais l’illusion du désir c’est qu’il croit son objet ailleurs qu’en lui-même
voilà pourquoi aucun objet extérieur ne peut pas réellement le satisfaire
Ce qu’on recherche à travers eux ce sont des émotions, cad s’éprouver soi même à travers une musique, un film, le sexe, une cigarette cad se sentir vivant, se sentir
Ce que l’on recherche à travers nos désirs c’est nous mêmes en tant qu’éprouvant
et ce qu’on éprouve c’est toujours soi même.
Ce que l’on recherche c’est toujours soi même,
si on écoute une musique ou qu’on regarde un film en ne ressentant rien, en s’en sentant extérieur, cette musique ou ce film, c’est du néant
Mais un objet nous lasse vite des qu’on est satisfait, on passe à un autre et la vie c’est cette course au plaisir
Il n’ y a aucun mal à cela, faut juste comprendre que le vrai plaisir, celui qui ne nous enchaine pas est en soi même, est déjà là à chaque instant
Plaisir d’être soi, d’être vivant, plaisir de regarder, d’écouter, plaisir qui peut passer par des objets mais qui n’en est pas dépendant.
Plaisir d’être, juste là, ici et maintenant
Ce qui est intéressant c’est quand l’objet du désir est absent, nous manque comme par exemple cet éveil tant attendu
Parce que là ,on n’est que désir, manque et soif, on se vit soi même mais dans l’insatisfaction, dans la souffrance
et je dirais qu’il vaut mieux être dans cette frustration que dans une satisfaction illusoire parce que là il y a une porte possible vers l’éveil
parce que le désir y est pur, renvoyé à lui-même, pur affect ,soif, manque c’est un vécu négatif mais c’est vécu
Et il s’agit de se reconnaitre soi même, de se sentir comme étant ce vécu
et cela ce n’est pas des mots, c’est dans ta chair,
être pleinement dans ce vécu désirant au lieu de se focaliser sur l’objet manquant qui est juste une pensée, une image, un souvenir soit qu'on l'ai déjà vécu soit qu'on en a entendu parler
être cette attente, l’habiter, dire oui à ce manque, à cette soif, à cette attente
Et dire oui c’est habiter ce à quoi on dit oui
Ce oui va positiver ce qui était vécu comme négatif, remplir le manque et nous ouvrir à cet éveil qui est juste le fait de se reconnaitre, de se retrouver, comme étant et ayant été toujours là
| joaquim a écrit: | | Donc on regarde simplement, attentivement, ce qui est devant soi, sans rien se dire, en maintenant simplement cette attention, sans forcer, mais sans se décourager non plus. Tant qu'on se dit "C'est sans intérêt", c'est bon. Lorsqu'on sent qu'on touche quelque chose d'intéressant, il faut le lâcher, le laisser partir. Il s'agit de prendre plaisir à ce que ce soit sans intérêt |
oui, Parce qui si on est trop intéressé on colle trop à l’objet et on se perd en tant regard simple
D’un autre coté en étant pleinement intéressé, passionné, on peut se retrouver aussi soi même en tant que regard désintéressé, on vit pleinement l’instant sans le figer et sans se figer non plus
J’ai un credo: le soi ,celui qu’on cherche dans l’éveil ,n’est pas au bout du regard, il est le regard lui-même
A rapprocher de ce que je viens d’écrire sur le désir
Pour terminer sur la vision :
A la lettre, l’éveil c’est avoir les yeux ouverts, juste ouvert
L’éveil n’est pas voir quelque chose et le posséder
Mais juste voir, être simplement vision
Question : nos yeux ne sont ils pas déjà ouvert ?
Il y a-t-il un effort spécial à faire pour les ouvrir ?
C’est déjà donné naturellement
L’éveil consiste à se contenter de cela et à comprendre qu’il y a une plénitude à juste voir , peu importe ce que l’on voit
Voir sans se soucier de ce qui est vu
L’éveil c’est voir et voir qu’il n’y a rien à voir
On est vision, à la source de la vision
A zéro cm de ses yeux cad à zero cm de soi même
C’est en ce sens qu’on peut dire que l’on est toujours éveillé
Car nos yeux sont toujours ouverts
Mais on vit comme des aveugles car hypnotisé par ce qui est vu
Les objets et les états vécus (pensées et émotions) qui les accompagnent
La liberté, le bonheur c’est de juste voir ce que l’on voit
Sans rien projeter dessus, sans s’y attacher, sans se focaliser ou s’en soucier
Être juste dans l’acte de voir et cela est naturel, est déjà en train de se faire
Chercher l’éveil, c’est comme si on cherchait ses lunettes alors qu’on les a sur le nez
Dormir c’est coller trop à ce qui est vu et oublier qu’on les voit, s’oublier soi même
Amicalement Joël |
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sephres
Inscrit le: 24 Jan 2010 Messages: 49
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Posté le: Ma 04 Mai 2010 17:25 Sujet du message: |
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Merci Joël.
J'accomplis ce que Joaquim propose.
Je prend l'objet le plus insignifant qui soit. Une poignée de porte, mon oeil, la porte de chez moi.
J'observe, je questionne, je regarde.
Je maintiens mon attention ; rien n'en ressort pour l'instant. Tu me dis que c'est le but. Probablement. Je n'en sais rien.
Je plonge dans ces méditations. Je n'en suis pas satisfait, évidemment.
Mais puis je faire autre chose que continuer à regarder ?
Alors je regarde, de tout mon être. Parfois, j'en sors, pour aller me remplir de ce qui me rappelle à moi même.
Une chose est sûre, j'en ai assez de courir. Alors, je m'arrête et je regarde.
Ca prendra le temps qu'il faudra. Pour quoi ? Je n'en sais rien.
En fait, je n'en sais rien de rien.
Je vous lis et j'accomplis.
Voilà.
Je cherche quelque chose, que vous me dites être rien. Alors je regarde.
Chaque mot écrit ici est une absurde blague.
Que puis je faire d'autre ? sincèrement, mes amis, QUE PUIS JE FAIRE D'AUTRE ? |
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riseohms
Inscrit le: 30 Nov 2009 Messages: 4343 Localisation: paris
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Posté le: Ma 04 Mai 2010 18:16 Sujet du message: |
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| sephres a écrit: |
Mais puis je faire autre chose que continuer à regarder ?
Je cherche quelque chose, que vous me dites être rien. Alors je regarde.
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oui ,il n' y a rien à voir mais le regard est tout et t'ouvre à tout
je ne sais pas si tu connais ramana maharshi
à toute question sur l'éveil, sur la souffrance, la recherche etc
il avait une unique réponse: qui souffre, qui cherche ?
c'est sa méthode du ''qui suis je?''
ce qui compte c'est la question
la réponse est uniquement dans la question,
il faut chasser toutes réponses intellectuelles , sensations, perceptions et autres
la seule question''qui suis -je ''suffit
à condition de n'attendre aucune réponse extérieure à la question car cela t'empêcherait de t'ouvrir à la réponse vivante qui est déjà dans la question
pourquoi?
parce que cette simple question'' qui suis -je ? implique un regard tourné vers l'intérieur
et le soi, cad toi est dans ce regard, dans ce geste, est ce regard
donc tu regardes
alors pose toi la question qui regarde ?
et n'attend rien
vis cette question, sens la et fuis toute réponse ou expérience
la sensation de toi n'est pas autre ou cachée dans la question , elle est à la fois la question et la réponse
grâce à cette question : qui regarde ? tu détournes ton regard de tout objet extérieur
et comme il n' y a rien à voir à l'intérieur de toi, tu es renvoyé à toi même en tant que regard
et là tu es présent à toi
le regard est conscient de lui même
la conscience, qui est ce regard ,est consciente d'elle même
ce que tu es c'est cette conscience, et elle est toujours là accompagnant toute tes expériences, c'est toi même, pas Dieu mais toi Sephres ou Dieu en tant que Sephres, sephres un ''rien '' qui est ''tout''
tu es toi et tu te sens toi même, c'est l'éveil
un évènement qui n'a jamais lieu à un moment précis car il a toujours lieu
quand on se sent soi même, on se rend compte qu'on n'a jamais cessé de se sentir soi même , même quand on se croyait perdu et qu'on cherchait l'éveil
oui continue à regarder et poses toi la question: qui regarde ?
la question suffit
n'attend aucune réponse
la question est l'éveil
* dans ton post, tu emploies constamment ,comme nous tous, le mot ''je ''
tu vois bien que tu es déjà là!
le Dieu, le Soi de l'éveil n'est pas autre chose que ce ''je'' mais un je qui se reconnait en tant que'' je''
ce je si banal qu'on use et abuse est un trésor, le saint Graal, il ne nous quitte jamais,( mais nous on le quitte , on l'oublie)
c'est aussi notre cœur
car quand on se désigne soi même physiquement, on tourne la main vers ce cœur,
le corps est son temple
Joël |
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joaquim Administrateur
Inscrit le: 06 Août 2004 Messages: 7128 Localisation: Suisse
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Posté le: Ma 04 Mai 2010 20:13 Sujet du message: |
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Bonjour sephres,
Joël a tout dit, mais je conçois bien que tu ne le perçoives pas, parce que tu es présentement à l'extérieur de toi-même. Tu as connu pourtant cette intériorité, ce droit d'être toi-même, comme tu disais dans le premier post qui décrivait ton expérience, et tu as connu que c'est cela, véritablement, être. Tu disais : « J'ai quitté mon obsession le temps de quelques jours, j'ai vécu pleinement des relations de transparence, ou j'ai pu exprimer dans la plus absolue simplicité qui j'étais, ce qui m'animait, ce que je ressentais dans ma plus pure nudité identitaire. ». Et maintenant, tu dis, c'est cela que je veux. Le problème, c'est qu'en disant cela, tu en fais une chose. Tu avais quitté tes obsessions, et c'était cela la liberté. Mais cette liberté, tu en fais maintenant une chose. Une nouvelle obsession. Ce faisant, tu te places à l'intérieur de l'obsession, là où se trouve le manque d'être, et tu as soif de ton être, qui se trouve à l'extérieur. Tu aimerais sortir de l'obsession, mais le fait même de vouloir en sortir, c'est la construire, puisque ton obsession, c'est retrouver cette liberté perdue. Vraiment retors, le piège. Et pourtant, il suffit d'un rien pour qu'il s'effondre. Que tu réalises la vanité de tout ce cinéma. Une simple prise de conscience intellectuelle ne suffira toutefois pas. Il faut que tu te penches vers le petit garçon rageur qui fait tout ce cinéma, parce qu'il est tellement dépité d'être abandonné, et que tu le prennes dans les bras. Comme tu as pris ton père dans les bras (réellement ou métaphoriquement, c'est égal) lorsque tu as osé t'ouvrir à lui. Il était là depuis toujours, près de toi, mais tu ne l'avais jamais vu, vraiment, tel qu'il est. Parce que tu n'avais pas osé le regarder. C'est vrai, il faut du courage. Tu l'as eu à ce moment-là. Il s'agit d'un courage qu'on ne peut pas forcer. Il faut qu'il surgisse lorsque l'occasion opportune se présente. Ce qu'on peut faire, c'est favoriser l'occasion opportune. Avec ton père, c'était lui parler. Avec toi, c'est... ce que tu fais maintenant : te battre, et cesser de ta battre. Comme tu l'avais déjà fait :
| sephres a écrit: | Je suis l'enfant de moi même.
(...)
J'ai lutté, encore et encore, jusqu'à l'épuisement, m'emmenant souvent au bord de la folie. Tous me disaient d'arrêter, de vivre, d'accepter cette vie sombre ou je dormais pieds et poings liés. Mon combat était illégitime, aux yeux du monde, mais je me remercie, sincèrement, d'avoir persévéré.
Quelque chose en moi m'appelait.
(...)
Je portais la graine, en moi ; je la nourrissais de pensées, d'amour forcé qui progressivement devenait sincère.
Une nuit au parc floral ; un dialogue entre moi-parent et ce moi en gestation, et un lien beau à pleurer ; je me disais au revoir, salut à ce Guillaume malheureux, perdu dans une existence morne et incohérente. Je lui pardonnais de n'avoir pas été comme il l'aurait fallu car je voyais bien qu'au fond il n'y avait pas de coupable ; alors que dire et que faire ? Simplement accepter ce passé là, et pardonner à tous les éléments ayant engendrés ces souffrances.
Paisiblement, sans exiger quoi que ce soit. Être un peu soi, en toute ouverture. C'était l'heure de ma mort, et c'était une fin magnifique, empli d'une paix préservée du fracas du monde.
Quelques temps plus tard, je suis né. |
Quelque temps... Combien ? Peu importe. Lorsqu'on ne se met plus la pression, lorsqu'on a accepté, comme tu l'avais fait, lorsqu'on est content avec ce qui est là tout simplement, alors on a tout le temps. C'est alors que c'est là. |
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Yughen
Inscrit le: 05 Avr 2010 Messages: 50 Localisation: Châteauroux
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Posté le: Ma 04 Mai 2010 20:23 Sujet du message: |
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Bonsoir à tous,
Je me permets une petite intervention en passant.
Les écrits de Joël et Joaquim sont, comme d'habitude, très beaux et très justes.
Pourtant, je ne suis pas certain qu'ils répondent pleinement à l'attente de Sephres. Trois précautions valant mieux qu'une, je me lance donc, avec ce tempérament terre-à-terre qui me sied.
A mon avis, l'achoppement vient de ce que les conditions qui permettent l'apparition de l'éveil à la conscience classique sont, tout compte fait, inconnues.
Il est possible de donner des pistes, qui ont été opérationnelles pour soi, mais je ne crois pas qu'il soit réaliste d'envisager dire "fais cela" pour voir aussitôt son interlocuteur accéder à l'illumination (même si cela peut se produire ponctuellement, ce n'est pas le cas général).
Il pourrait par conséquent être intéressant de signaler que l'éveil n'est pas une fin en soi, qu'il ne change pas tant que ça la vie de tous les jours, et qu'il est beaucoup plus sage d'appendre à accepter ce qui est (grâce à un travail philosophique sur soi, par exemple) sans attendre un hypothétique éveil.
Je n'ai hélas pas le temps de développer pour cause de dîner quasi immédiat, mais les grandes lignes doivent être là. |
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sephres
Inscrit le: 24 Jan 2010 Messages: 49
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Posté le: Ma 04 Mai 2010 20:30 Sujet du message: |
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Accepter ?
Accepter ce "je" plein de souffrance et de désir ? Laisser tomber cet idéal de paix ? Me contenter de ce que j'ai et de ce que je suis, là tout de suite ?
Prendre ce petit bonhomme de 25 ans, rageur et insatisfait au possible ?
Dire oui à ça ?
Je ne peux pas faire ça. Pas maintenant, pas comme ça.
Ce "je" toujours en demande, toujours fait de besoins qui renaissent de leurs cendres.
Ce "je" n'attend-il vraiment que lui même ? |
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joaquim Administrateur
Inscrit le: 06 Août 2004 Messages: 7128 Localisation: Suisse
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Posté le: Ma 04 Mai 2010 20:44 Sujet du message: |
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| sephres a écrit: | | Accepter ce "je" plein de souffrance et de désir ? Laisser tomber cet idéal de paix ? |
Il faudrait donc faire la guerre à ce "je" plein de souffrance et de désir pour accomplir un idéal de paix ? Où est la paix ? Dans l'idéal de paix qui fait la guerre, ou dans la paix qu'on fait avec soi-même ? |
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sephres
Inscrit le: 24 Jan 2010 Messages: 49
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Posté le: Ma 04 Mai 2010 21:12 Sujet du message: |
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J'ai plaisir à te répondre.
Tu as bien sûr raison, Joaq', mais tout ça me semble curieusement légèrement futile, tout à coup.
Bonsoir. |
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sephres
Inscrit le: 24 Jan 2010 Messages: 49
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Posté le: Ma 04 Mai 2010 21:23 Sujet du message: |
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Je voulais aussi signaler à Joël que l'exercice du "qui suis je" m'a...intéressé, disons.
J'y ai trouvé le plaisir de contempler le fait de contempler. Curieuse sensation que maintenant ; ou l'impression de balader ma conscience sur ce qui m'entoure, satisfait que je suis de sentir ma conscience faire cela.
Je recommencerai, ça me fait beaucoup de bien.
Tout à l'heure, pendant l'exercice, j'ai eu l'impression "d'être à l'intérieur de ma tête". Le "qui suis je" grondait en moi, et m'a propulsé dans cet intérieur curieux et assez peu définissable. |
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Jean-Yves
Inscrit le: 11 Oct 2007 Messages: 304 Localisation: Var
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Posté le: Ma 04 Mai 2010 22:26 Sujet du message: |
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Bonsoir Sephres, à tous
Oui je connais ce paysage ; ce sont des moments difficiles. Ce qui m'a permis de m'en dégager, c'est de prendre en considération l'idée que ce niveau de soi qui tape du pied et qui veut l'éveil à tout prix, en toute urgence, est névrotique. C'est à dire qu'il n'y a rien en lui qui puisse l'atteindre, l'obtenir, le gagner; ni même qui puisse l'empêcher de se manifester. Il est comme un enfant qui tape du pied devant sa mère pour que celle-ci lui donne ce qu'il veut.
Je ressens clairement que tous ces mécanismes d'éveil sont un processus on ne peut plus naturel et qu'ils englobent les différents plans de notre être, et qu'en ce sens ils ne se cantonnent pas au seul "mental". Ce que je veux dire, c'est que cette purification doit prendre le temps dont elle a besoin pour être intégrée dans les différents niveaux de soi. Et que c'est un mécanisme sur lequel le mental (cette conscience qui veut ceci ou qui veut celà) n'a aucun pouvoir...
En d'autre termes, c'est le fait de considérer cette conscience névrotique pour ce qu'elle est qui m'a permis de m'en dégager, c'est à dire la laisser tourner autant qu'elle veut, la laisser être ce qu'elle est ; la considérer comme un mal de tête qui tôt ou tard passera.
Mais le fait d'avoir traversé cette période de la révélation intérieure ne signifie pas que tout devienne lumineux, il semble au contraire que l'on soit appelé à traverser des niveaux de plus en plus sombres, comme si on devait aller chercher (reconnaître) la lumière dans des nuits toujours plus profondes. En tout cas c'est l'impression que j'en ai, même la certitude pour ce qui est de ma propre vie. Peut-être est-ce une question de choix personnel, je ne sais pas.
Mais il me semble aussi que cette part mobile (intérieure) qui peut tour à tour vivre la lumière ou la souffrance, ne se cantonne pas à une entité individuelle bien structurée et repliée sur elle-même, mais qu'elle se colore de ce qui l'entoure, des différents affects présents dans notre environnement.
Amitié et bonne continuation
Dernière édition par Jean-Yves le Ma 04 Mai 2010 23:19; édité 1 fois |
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