daniel
Inscrit le: 15 Fév 2006 Messages: 11248 Localisation: belgique
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Posté le: Je 03 Juin 2010 16:02 Sujet du message: les archives du forum ... que du bon ! |
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luce à touTEs !
ça fait, un moment, que je traîne mes "guilles" sur le forum ...
comme c'est, un peu calme, pour le moment, je lis (relis) les trésors que l'on retrouve dans les archives ... que du bon !
ci-bien, que je me permet, à toutes celles et ceux qui passent par là, de vous inviter à aller s'yeuter, un coup ...
en ce qui me concerne, ça me permet de comprendre des notions qui m'échappaient, jusqu'à lors ... ou, encore, d'éclairer des zones d'ombre ...
par exemple, concernant cet article sur le blog du forum ...
http://www.cafe-eveil.org/campostellae/ (être ou ne pas être "je" ...) ...
| Citation: | | Dire “je”. Être un “je”. Réaliser qu’on existe. Être le sujet d’une existence. Faire briller l’être en le découvrant “être pour soi”. S’étonner. Voilà le mot. Il faut être un “je” pour s’étonner. Ou bien est-ce l’affleurement d’un étonnement sur l’eau lisse de la conscience qui crée “je”? Oui, c’est peut-être bien cela. Une irrégularité dans la machinerie bien huilée des enchaînements mentaux, un accroc qui frappe, qui étonne. Et qui s’étonne. S’étonner d’être étonné. Voilà ce qui fait “je”. Une boucle qui se génère elle-même. La boucle étrange, comme la nomme Hofstadter. Une boucle totalement autonome. Tout peut la nourrir, n’importe quoi peut alimenter son étonnement, mais l’étonnement lui-même n’est dépendant de rien, il est entièrement sien, rien que sien. Il est vide de tout, hors soi. Il est “je”, et rien d’autre. Il est du coup aussi “rien”. Et cela redouble son étonnement. Ce qui en retour le renforce. Se découvrir n’être “rien” conduit l’étonnement qu’est “je” à sa pointe extrême. L’étonnement abyssal de n’être qu’un paradoxe. Une énigme dont la seule solution semble résider dans sa propre disparition. Accepter la vérité de n’être “rien”, cela ne pourrait, en toute logique, vouloir dire que disparaître. Et pourtant, accepter de n’être “rien”, et le faire, ne conduit nullement à disparaître, mais au contraire à intensifier l’étonnement, à lui donner toute latitude, et à devenir ainsi d’autant “plus” qu’on accepte de n’être “rien”. L’accepter totalement, s’abandonner tout entier à l’évidence de n’être rien, c’est se couler dans la vie qui nous crée, c’est devenir la vie par laquelle l’esprit “se” crée. |
dans cet article, cette histoire d'"étonnement" me semblait obscure ... s'étonner, mais s'étonner de quoi ... puis-je, encore, dans mes vieux jours (45 ans, quand même) m'étonner de quoi que ce soit ... et voila qu'aujourd'hui, je viens de lire ce texte qui m'explique de quoi il en retourne ... jusque là, je faisais mine que rien ... joaquim parlait, donc, de ça ... voici cette "réponse" ...
http://www.cafe-eveil.org/archives/neant.html
| Citation: | A partir du moment où les êtres humains ont réalisé qu’ils existaient, à partir du moment où ils ont été véritablement frappés par la lumière de cette évidence, ils en ont du même coup découvert l’ombre, c’est-à-dire qu’ils auraient pu ne pas être. Car s’étonner d’être, c’est en même temps, et nécessairement, envisager la possibilité de sa non-existence. Et c’est ouvrir un espace imaginaire, un monde où sa propre existence pourrait ne pas avoir lieu, où elle serait reléguée dans le néant.
La question du néant, l’étonnement à se découvrir être, est la première question philosophique. Un être entièrement immergé dans le présent, comme il semble que le soient les animaux, ne saurait s’étonner d’être. Pour s’étonner d’être, il faut, pour ainsi dire, prendre appui sur quelque chose qui se trouverait en-dehors de l’être, à partir duquel l’être pourrait faire question: il faut prendre appui sur le néant. Je crois qu’on touche là du doigt le fait que la conscience qui s’étonne d’être, sent bien au fond d'elle-même qu'elle est néant. Excusez cette formulation paradoxale, mais je crois pourtant que c’est bien ça: l’étonnement qui me saisit face à ma propre existence provient d’une zone en marge de l’être, où l’être n’est pas assuré, d’un néant sur lequel je me sens reposer. Chacun porte en lui un gouffre, une béance, qui se fait jour au moment où surgit l’étonnement d’être. On a beau tenter bien vite d'oublier ce traumatisme, la prise de conscience est irréversible, et on ne pourra la tenir en respect qu'en s’affairant à remplir l’existence d'une multitude de choses chargées de lui donner sens et de masquer le vide angoissant sur laquelle elle repose.
A partir du moment où la possibilité de ne pas être a surgit dans la conscience, l’existence ne peut plus être la même qu’avant: il existe un danger, vital, et il est tapi en soi-même. Il faut oublier, s’étourdir, empiler des montagnes de sécurité faite de concepts, de biens matériels et d’image sociale, pour ériger une barrière qui puisse nous mettre à distance du gouffre. Entreprise vouée d'ailleurs à l’échec, puisque nous sommes ce gouffre. A partir du moment où la conscience prend conscience (excusez la répétition, mais c’est vraiment un jeu de miroir) de sa propre finitude, naît l’ego. L'ego n'est autre qu'une conscience entièrement affairée à se prouver à elle-même sa propre réalité, bien qu'elle soit en rupture radicale avec l’être, qui la menace continuellement de la faire basculer dans le néant.
Celui qui veut, dès lors, se mettre en chemin pour s’immerger à nouveau dans l’être, pour retrouver son lien essentiel avec l’être, se heurte à un paradoxe apparemment insurmontable: pour retourner à l’être, il doit se reconnaître comme néant. C’est réellement un saut, et pas seulement métaphorique: c’est plonger dans le gouffre qu’on est soi-même. C’est faire silence, c’est faire table rase de tout cet assemblage rassurant qu'on a patiemment construit pour faire échec au néant qui nous fonde. C’est regarder ce néant résolument en face. Cela, c’est l’éveil. Plonger dans le gouffre qu'on est à soi-même, s’anéantir soi-même en réalisant son propre néant, pour ne laisser subsister plus que l’être. Disparaître en tant que conscience séparée, et se découvrir, avec un étonnement qui et le miroir du tout premier étonnement d'être, uni à l’intégralité de l’être, être — être en Dieu.
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et voilà ! tout ça pour dire ...
je m'étonne de ne pas m'y être attelé, avant ...  |
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