Regards sur l'éveil
Café philosophique, littéraire et scientifique
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tourist
Inscrit le: 25 Juin 2010 Messages: 8
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Posté le: Ve 25 Juin 2010 10:28 Sujet du message: Qu'est-ce que la vie? |
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C'est quoi être vivant?
Les enseignements nous disent que le monde est illusion, maya, moi, ça ne me parle pas, quand je me cogne la tête, je trouve que cette illusion a la peau dure.
Par contre quand je me demande: qu'est-ce que c'est que d'être vivant (pour un être humain) la je trouve une entrée.
Ca me rappelle la blague de Bagwan (Poona): un homme demande à une femme:"crois-tu à une vie après la mort?" la femme répond:"je la vis déjà"
Je n'avais pas saisi la portée de cette histoire.
La aujourd'hui à la question:"qu'est-ce qu'être vivant?" une réponse sourde en moi:" n'est-ce pas déjà être mort?"
Ce que l'on appelle la vie, n'est-ce pas la mort?
Nous prétendons vivre, courir après mille petites choses, poussés par nos instincts et nos ambitions (comme celle de ne pas en avoir).
Ah le désir! c'est cela qui nous rend vivant, qui nous communique un enthousiasme, et qui donne la direction de nos actions, aussi multiples soient les chemins empruntés; et par quels détours ne passons-nous pas pour les réaliser, au risque de nous perdre en chemin ou d'être acculé dans des impasses.
Mais ça nous rend vivant, nous avons un but à atteindre et nous courons après, focalisés sur notre objectif, sans nous laisser distraire par tous les inconvénients que notre aspiration entraîne. Et ces inconvénients qui peuvent parfois devenir des obstacles, nous obligent à les traiter en programmant de nouveaux objectifs, tels tous ces problèmes qu'il nous faut régler à longueur de temps.
La, du coup, nous voila bien occupés à courir, à élaborer des itinéraires pour parvenir à ce que nous prenons pour le but de nos vies. Nous voila bien occupés à nous agiter, sinon toujours en action, du moins dans nos têtes à ressasser nos préoccupations, à imaginer des parcours vers des issues toujours incertaines.
Nous avons tant besoin de nous sentir vivant, inscrivant nos actions dans la réalisation de projets, qui, une fois atteints sont remplacés par d'autres, ou d'obligations auxquelles nous ne pensons pas pouvoir nous soustraire.
En somme, toujours focalisés exclusivement sur l'objectif suivant, nous manquons d'avoir une appréhension plus globale de la réalité;
Est-ce cela que l'on dit:"être vivant?"
A la rigueur pourrions-nous parler juste de survie. si le sens de notre vie consiste dans le projet de payer nos prochaines factures ou notre tiers provisionnel...
Moi, j'ose me faire une autre idée de la vie et d'un sens qu'on pourrait lui trouver.
Alors je dis qu'être vivant comme ça, même au prix des extravagances de la jet 7, qui veut brûler la vie par les 2 bouts, c'est être déjà mort. Justement dans la satisfaction de ce besoin de se croire vivant. Ce besoin d'agir et de faire et de prétexter n'importe quoi pour employer et pour épuiser cette énergie;
Bienvenu au club des morts vivants qui ont tant besoin de se prouver qu'ils sont vivants qu'on se demande s'ils ne sont pas déjà morts.
Échapper à cette mort de tous les jours, à cette mort de toute une vie, c'est peut-être se savoir seulement survivant?
Récemment encore, je me culpabilisais de dire que j'employais ma vie à passer le temps (à attendre son terme).
Me répondra-t-on que la vie dépend de ce que l'on en fait.
Dans le sens que comme le temps et l'énergie, elle n'est qu'un moyen à notre disposition.
Mais en même temps elle ne se prête pas (espérons le) au déroulement parfait d'un programme, ses aléas et ses accidents (souhaitons les) peuvent venir perturber un parcours tracé d'avance, et au travers d'épreuves nous amener à lui découvrir un sens;
Par ailleurs les vies comme parcours, histoires de vie, témoignages, sont éminemment respectables. Comme des scénarios, dont les acteurs ont réaliser la performance de remplir leur rôle.
C'est quoi la vie? |
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advaita
Inscrit le: 25 Mai 2010 Messages: 187
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Posté le: Ve 25 Juin 2010 11:50 Sujet du message: |
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La vie est mouvement; la mort absence de mouvement.
Le désir provient du fait qu'on croit qu'on est le mouvement, et qu'il faut donner un sens a cette danse (le sens de danser, c'est de danser)
Peut étre que tout ça est engendrer par le vouloir d'un mouvement perpétuel.
On essai de diriger tout ça dans un certain sens, c'est tout un art la danse, ce qui est le plus plaisant c'est de se laisser aller sur la musique.
Et oui, en se considérant absence de mouvement c'est peut étre la meilleur façon d'étre le mouvement. |
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daniel
Inscrit le: 15 Fév 2006 Messages: 11248 Localisation: belgique
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Posté le: Ve 25 Juin 2010 20:22 Sujet du message: |
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luce à touTEs !
ce que tu dis plus haut, tourist, par rapport à la frénésie, en mouvement, des humains rejoint me semble-t-il, ce que j'ai pu connaître, il y a qques années, et que j'ai appelé "l'éveil de l'athée" ... sans prétention ...
tout à coup, heureux comme un pinson, je me suis dit ... "je suis l'univers entier dans une forme particulière et passagère ..."... "le fait de le savoir, permet de ne plus vouloir que dure ce qui ne dure pas ... et de ne plus courir après des chimères ..." ... cela rejoint-il ton observation !?
pour ce qui est de la vie, ... du point de vue matérialiste, le vivant n'est qu'un ensemble de molécules plus complexes que le "non-vivant" ... alors, vivant, pas vivant ... d'un point de vue matérialiste, le vivant, ça n'existe pas, si on y réflèchit, un peu ...
j'ai un ami, un vieil anar, qui dans son lit, disait, juste avant de mourir, que la vie, ce n'était qu'une péripétie bio-chimique ...
je rejoins ce qu'il dit, la vie n'a pas de sens (au, sens où nous l'entendons, en tant qu'humain ...), ou alors, qu'un sens chimico-physique ...
joaquim arrive lui, aussi, à la conclusion possible ... qu'au bout, l'on puisse, déjà, être mort, alors que l'on se croit vivant ... cette conclusion, on l'a trouve à la fin d'une de ses interventions que j'ajoute, ici ... et qui donne tout son panache à ce dont nous "traîtons" ici ... l'éveil, la non-dualité ...
http://www.cafe-eveil.org/forum/viewtopic.php?p=14089#14089
| Citation: | Bonjour Plume ! Quel plaisir de te relire.
Permets-moi de dégager les bases sur lesquelles repose ta réflexion. Tu pars de ta-vie, à raison je trouve, car on ne saurait pour un sujet comme la mort, qui nous est, comme tu le soulignes, par définition étranger, faire des théories générales qui soient autre chose que des outres vides. Alors que dans la perspective de ma-vie, la pensée de ma-mort apporte une tension, une intensité, qui confère à ma vie sa vraie dimension. Sans la mort, et comme cela semble être le cas pour les animaux, pour qui la mort n'apparaît pas comme présente, la vie n'est qu'une succession d'instants. Ma mort fait qu'elle est une durée, une durée finie, mais aussi une durée totale. Je veux dire par là qu'il ne saurait y avoir, dans la perspective que j'ai prise — parce que je t'ai suivi dans la tienne — de durée après ma mort. Les limites que sont ma naissance et ma mort définissent un espace clos, une durée limitée, bien que pour l'heure indéfinie, mais en même temps totale: c'est ma vie. Il n'y en a pas d'autre, il n'y en a ni avant, ni après. Après, c'est du non-moi, donc, dans la perspective qui est mienne, du non-être. Tout ce qui pourrait déborder la durée de ma vie, est vu nécessairement depuis la perspective de ma vie, et à l'intérieur de celle-ci. Même le non-être qui devrait me succéder, il ne peut être nommé qu'à partir d'un point qui se trouve dans ma vie, et non pas en dehors d'elle. Si bien que l'extension la plus considérable du temps que l'on puisse imaginer, tout, en fait, ce qu'on peut imaginer, mon passé et mon futur, le passé et le futur de l'humanité, et celui de l'univers aussi, tout prend place à l'intérieur de ma vie. Ma vie se comporte un peu comme l'univers dans l'hypothèse d'un univers fermé: elle contient tout le possible, et se referme sur elle-même. La conséquence ultime d'une telle conception, c'est l'éternel retour. La vie, ma-vie, est close sur elle-même, mais elle est faite de durée. Elle constitue l'intégralité de l'univers, et pourtant elle est limitée. Donc elle se rejoue indéfiniment à l'identique. C'est la seule manière possible d'envisager simultanément les impératifs conjoints d'une vie à la dimension de l'univers et en même temps de durée limitée.
C'est un poids écrasant que de porter sur ses épaules — sur sa vie — la totalité de l'univers. Et pourtant, si on fait l'inventaire de cet univers, force est de reconnaître qu'il tient tout entier dans ma-vie. Je mets au défi quiconque de mentionner un seul élément, même le plus insignifiant, qui ne tienne pas à l'intérieur de sa vie. Les pharaons, les voyages dans le temps, la cuisine moléculaire, tout ça, pour moi, c'est dans ma vie que ça se passe. Et nulle part ailleurs. Parce que l'éventuel ailleurs en question, c'est également dans ma vie qu'il se situe. Donc, revenons-en à Nietzsche. Il a porté ce fardeau-là tout entier sur ses épaules. Et si on veut être aussi conséquent que lui, on n'a pas d'autre choix que de le porter nous aussi. A moins qu'on choisisse de remettre en question une des données du problème. Ou tout au moins qu'on en approfondisse un des éléments. Je veux parler de l'être — eh, oui... L'être est intégralement contenu dans ma-vie, selon le point de vue qu'on a adopté. Ma vie et l'être constituent l'un et l'autre une même expression du Tout. La manifestation, c'est l'intégralité du monde qui se déploie dans ma vie, aussi bien en acte qu'en potentialité. Et à travers cette manifestation infiniment profuse et changeante, il y a un élément immuable, qui lui confère son unité: moi. Un élément invariant, immuable, inaltérable, sur lequel le temps n'a point prise. "Je" suis l'identité persistant égale à elle-même tout au cours du ma vie, non tributaire de la durée, qui permet à cette durée de se constituer en une unité : ma vie. En poursuivant dans cette voie, on éclaire ainsi un paradoxe assez troublant : non seulement je ne saurais mourir — cela, on l'avait déjà accepté dès le départ —, mais je ne saurais non plus être tributaire de la durée. En fait, je m'en rends compte maintenant en butant sur ce paradoxe, la réflexion ci-dessus, partant de l'inexistence d'un être hors de ma-vie, n'a pas été menée de manière assez radicale. Parce que ce que je nomme "ma vie", c'est en fait une pensée, une représentation, au même titre que la représentation d'un monde qui serait hors de ma vie. Un tel monde, on l'a déjà dit, se situe pour moi nécessairement à l'intérieur de ma vie. Mais c'est là que la réflexion manque de rigueur. Car ce n'est pas à l'intérieur de ma vie qu'il se situe vraiment, c'est à l'intérieur du moment présent. Et c'est la même chose pour ma vie elle aussi : elle n'est située nulle part ailleurs qu'à l'intérieur du moment présent. Dans ce moment actuellement présent. Il n'y en a pas d'autre, il ne saurait y en avoir d'autre. Parce que tous les autres, passés ou futurs, ne sont que des pensées présentes à l'intérieur de cet instant, celui qui est là, maintenant.
Ce que j'ai dit plus haut de ma vie, je me rends compte que c'est de l'instant présent qu'il me fallait le dire : c'est lui qui contient la totalité de l'univers. Et là, je m'aperçois que plusieurs paradoxes se résolvent d'un coup : il n'est plus besoin d'invoquer un éternel retour, en tous cas pas un éternel retour contre-intuitif comme celui de Nietzsche, puisqu'intuitivement il semble évident que l'instant présent se renouvelle tel que lui-même indéfiniment. Donc exit le paradoxe temps - éternité. Plus de paradoxe entre moi et ma vie non plus, entre un moi inaccessible à la durée et une vie faite de durée : l'instant présent, non plus que moi, n'a pas de durée. Ainsi ce que je disais tout-à-l'heure de ma vie, je dois le dire en fait du moment présent : il ne saurait exister rien en dehors de lui, tout ce qu'on se représente le débordant vers le passé ou vers le futur est simplement représenté en lui. Tout ce qu'on se représente, passé et futur, l'espace le plus étendu, la multitude des possibles, c'est à l'intérieur de lui qu'on le fait. Je peux donc déposer le poids écrasant de devoir porter sur mes épaules l'intégralité de l'univers, puisqu'il repose non pas sur de ma-vie, mais sur le moment présent. Ne subsiste plus que cette question : quel rapport est-ce que j'établis, moi, avec le moment présent ? Je dois bien le reconnaître : je le porte à l'existence, c'est moi qui fait que le moment présent est... présent. Sans moi, il ne serait qu'absence. C'est moi qui lui donne sa qualité d'être présent. Parce qu'en fait, c'est moi qui suis présent. Il n'y a pas de moment — le moment, c'est encore une pensée — il n'y a qu'une présence, et cette présence, si on la dépouille de tous ses attributs représentatifs, n'est habitée que par moi. La réponse à la mort ne se situe donc pas aux confins de la vie, mais dans ma présence à l'instant. Que je faillisse à cette tâche, que je m'absente du présent pour n'exister plus qu'en creux à l'intérieur de ma représentation, alors oui, j'ai raison de m'inquiéter de ma mort, parce qu'en fait je le suis déjà. |
bonne lecture !?  |
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tourist
Inscrit le: 25 Juin 2010 Messages: 8
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Posté le: Ma 29 Juin 2010 12:13 Sujet du message: Qu'est-ce que la vie? |
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Merci pour vos participations.
J'aime beaucoup l'idée de la danse comme un mouvement perpétuel, ça rend les choses relatives dans une dimension d'éternité.
Pour moi la mort ne s'oppose pas à la vie, lequel des deux contient l'autre?
On n'imagine pas la vie qu'il peut y avoir dans la mort (à travers les témoignages de N.D.E.), quant à la mort que nous vivons au quotidien, je peux nous faire confiance... pour ces parties de nous-mêmes qui ont été détruites et qui viennent rappeler leur ruine quand on les restimule, ces petites morts qui font partie de nous et qui nous collent à la peau, que l'on appelle névrose et qui, dans notre condition humaine sont absolument inévitables.
Ces réactions qui nous submergent ne viennent-elles pas surimposer la désolation sur une réalité innocente qui leur est si étrangère?
Je veux parler de ces impressions grâce auxquelles ou malgré lesquelles nous nous sommes construits une identité, nos fondements, soit ils ne supportent pas d'être dérangés, soit ils ramènent la douleur de leur implantation au présent, ou les deux en même temps.
Alors je qualifie cette part de nous de morbide, nous l'entretenons et nous en reproduisons les causes pour continuer à répandre cette pathologie de notre condition déjà tellement contagieuse, sous toutes ses formes.
Et c'est ce qui crée le tableau que nous connaissons, aussi bien à l'échelle de notre microcosme qu'à celle de la globalité.
En fait l'Être ne peut s'incarner qu'en apportant avec lui une part de mort, par l'obligation d'être exclu du centre, et c'est là le paradoxe. |
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joaquim Administrateur
Inscrit le: 06 Août 2004 Messages: 7128 Localisation: Suisse
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Posté le: Di 04 Juil 2010 22:19 Sujet du message: |
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Bonjour tourist
En lisant que la vie serait la mort, je craignait qu'on parte dans un méli-mélo où les mots n'auraient plus de sens, mais tu as fait en réalité une brillante démonstration. Notre vie est bien souvent entièrement consacrée à fuir la mort, à nier notre finitude, à entasser des biens et des connaissances qui nous donnent l'illusion de la stabilité. Alors que la vie est flux, mouvement, naissance et mort. C'est peut-être là qu'il y a le noeud. La vie implique la mort. Vouloir la vie sans la mort, comme on le fait en cherchant effrénément à vivre, c'est perdre la vie. Comme si on cessait de respirer. Refuser la mort, c'est comme refuser d'expirer, ne vouloir faire qu'inspirer, et cela, cette absence de vie, de respiration, c'est la mort. C'est le retour à un état stable, minéral. Ce qu'il s'agit, c'est de respirer. Se perdre et se retrouver. Avoir confiance. Qu'en se perdant, on se retrouvera. C'est dans cette confiance-là qu'on est vraiment vivant. |
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tourist
Inscrit le: 25 Juin 2010 Messages: 8
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Posté le: Lu 05 Juil 2010 11:09 Sujet du message: Qu'est-ce que la vie? |
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Le texte que daniel a cité me paraît confus, comme un exercice de style du genre rhétorique où par une argumentation un peu tortueuse on arrive à prouver une chose pas évidente au départ et si c’est un paradoxe, c’est encore mieux.
Par rapport à l’esprit de ma première communication, cette citation me paraît hors sujet.
L’introduction de ce sujet est issu d’une prise de conscience, d’une intuition, il s’agit d’une vision, quelque chose qui, en rien, ne nous empêche de participer au mouvement général, à la routine des obligations et des nécessités, mais à travers lequel nous ne nous laissons pas abuser par les réponses à la question : « Après quoi je cours ? »
C’est sur que cette vision a plus de chances d’arriver tardivement, dans un moment de vie où on est moins impliqué et où on a été amené à faire certains deuils, qui ne sont en fait que des pertes d’illusions, et qui relativisent nos engagements, et surtout notre volontarisme ; cette prétention de se croire libre d’orienter notre vie et nos actions dans le sens que nous avons décidé ; orientation qui nous justifie et par laquelle nous choissions ce qui est assez bon pour nous, digne de nous
Les choses sont ce qu’elles sont, c’est le regard qui est différent
L’approche de la citation me paraît très égocentrée, je suis bien d’accord que, chacun d’entre nous est sel au monde et que celui-ci n’existe que par la perception que nous en avons, mais si nous sommes seuls et uniques, nous n’en sommes sûrement pas le centre, et si nous devions être le centre de quelque chose, nous ne pourrions l’être que de notre dérisoire petite bulle.
« Ma vie et l'être constituent l'un et l'autre une même expression du Tout. La manifestation, c'est l'intégralité du monde qui se déploie dans ma vie, aussi bien en acte qu'en potentialité. Et à travers cette manifestation infiniment profuse et changeante, il y a un élément immuable, qui lui confère son unité: moi. »
Cette vision est extrêmement limitante, désespérément limitante, comment un petit moi peut-il prétendre être au centre de l’univers ? Ce petit moi paraît figé entre deux moments, celui de son apparition et celui de sa disparition, c’est juste une histoire (l’histoire d’un mec) qui sera vite oubliée. Ce n’est pas le petit moi qui est immuable et unique, c’est l’Etre
L’approche en question se situe dans une perspective d’absolu et non de relatif, et si nous pouvons réaliser cette abstraction de comprendre le Tout, qui nous comprend (comme une de ses parties), nous ne pouvons le faire qu’avec humilité et respect.
J’entends bien que la philosophie à laquelle se réfère cette citation n’est pas celle de Socrate.
La prétention est bien souvent l’effet de son contraire : la dévalorisation.
La démarche qui s’impose pour moi est de me mettre dans une posture d’accueil, d’accueil de la globalité et au passage de moi-même.
Oui Joaquim, tu m’ouvres une piste, mais comme c’est un sujet tellement vaste, on peut l’aborder sous de nombreux aspects.
« Vouloir la vie sans la mort, comme on le fait en cherchant effrénément à vivre, c'est perdre la vie. »
Donc cette frénésie de vie s’expliquerait par la peur de la mort, selon toi.
Ça me permet de retrouver dans mon texte d’introduction une perspective d’éternité, dans la quelle naissance et mort ne sont que des incidents anecdotiques, et où l’Etre continue à se dérouler.
On en revient toujours à l’égo qui veut se croire le centre et être indestructible, en fait la manifestation de la vie humaine implique la construction d’égos, qui en tant qu’égos ne peuvent que résister au mouvement de la vie en la canalisant en la conditionnant, de telle sorte qu’ils en perdent la substance essentielle. |
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joaquim Administrateur
Inscrit le: 06 Août 2004 Messages: 7128 Localisation: Suisse
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Posté le: Ma 06 Juil 2010 0:49 Sujet du message: |
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Bonjour tourist,
| tourist a écrit: | | Donc cette frénésie de vie s'expliquerait par la peur de la mort, selon toi. |
La peur de la mort est une expression de la mort. C'est un désir de figer la vie pour l'empêcher de s'écouler, pour pouvoir la garder, autrement dit lui retirer ce qui fait d'elle la vie.
On a tendance à considérer la vie et la mort comme une paire de contraires. En fait, en faisant cela, on mélange deux ordres logiques. La mort est le contraire de la naissance. A ce titre, naissance et mort sont toutes deux des expressions de la vie. La vie, elle, est le contraire de la non-vie, autrement dit de l'inanimé, du minéral. La confusion entre les deux vient du fait, je pense, que lorsqu'on meurt, notre corps retourne à l'état inanimé, autrement dit à l'état figé du minéral. Ce serait donc parce qu'on s'identifie à ce corps, qu'on ne voit pas que la mort fait partie de la vie. On se retrouve alors pris dans ce paradoxe qui nous fait introduire de la mort dans la vie — je devrais plutôt dire : qui nous fait minéraliser notre vie comme une chose dont on puisse s'assurer la possession — et si on le fait, c'est à cause de la peur qu'on éprouve à accompagner notre corps dans la minéralité de la mort. |
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tourist
Inscrit le: 25 Juin 2010 Messages: 8
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Posté le: Je 08 Juil 2010 10:50 Sujet du message: Qu'est-ce que la vie? |
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Oui Joaquim la mort est le contraire de la naissance.
Mais la vie a-t-elle un contraire alors?
Par facilité de langage on oppose la vie à la mort, on dit de quelque chose qui manque de vie qu'il est mort, c'est une façon d'utiliser un mot qui frappe.
Mais je ne trouve pas d'opposé à la vie, c'est une puissance toujours jaillissante que rien ne peut arrêter.
J'ai été témoin de quelques agonies, rien de très spectaculaire en apparence, la personne est toujours là mais elle n'est déjà plus là et la vie coule toujours en elle, à vide en quelque sorte, la personne ne communique plus, ne semble plus consciente de son environnement, est incapable de reconnaître ses proches, ne peut plus s'alimenter, mais elle est toujours là, en vie. Il ne se passe rien mais c'est impressionnant de constater la puissance de cette vie qui ne veut pas s'en aller et qui peut durer des jours, voire une semaine. On aurait envie d'en finir, on ne sait pas ce que la personne ressent, on sait qu'elle a dépassé un point de non-retour et on voudrait la voir libérée, eh bien non la vie continue en elle... jusqu'à son terme. Alors on attend le moment.
C'est une autre vision de la vie (une vision tirée d'une expérience vécue, non je précise parce qu'il y a tellement de blabla sur les forums)
Et puis j'ai fait une autre expérience, mais là, il faut que j'y aille... |
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