Regards sur l'éveil
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riseohms Modérateur
Inscrit le: 30 Nov 2009 Messages: 348 Localisation: paris
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Posté le: Ma 29 Juin 2010 1:14 Sujet du message: l'éveil comme décision de soi |
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bonsoir à tous
L’éveil comme décision de soi
| joaquim, ICI a écrit: |
Le geste que je suis
________________________________________
Nous sommes tous d’accord, je crois, pour reconnaître que seule l’humilité peut nous conduire à ce retournement de nous-mêmes qui permet de se découvrir être, au sens d’être de l’être de Dieu. Il s’agit de se reconnaître n’être “rien”, pour devenir espace d’accueil de “tout”. Dit comme cela, c’est logique et complet au niveau des mots, mais pourtant il manque une partie essentielle. Il manque la part active. Celle-ci est plus difficile à décrire. Car bien peu d’actes méritent le terme d’acte, au sens d’acte créateur. Ils sont la plupart du temps de simples réactions. Une réaction conditionnée par les caractéristiques de l’organisme que l’on est lorsqu’il entre en contact avec son environnement. Même nos révoltes trahissent une forme de conditionnement. On refuse quelque chose au nom d’une idée que l’on se fait de soi. Une idée construite sur des emprunts multiples que l’on a fait à notre environnement. L’humilité, c’est reconnaître notre incapacité propre à sortir de ce conditionnement, c’est reconnaître que nous sommes entièrement conditionnés. Accepter cela, accepter de n’être “rien”, c’est déjà développer une activité qui n’est pas une simple réaction. C’est devenir attentif, simplement présent, sans rien saisir, sans rien s’approprier. C’est devenir pure attention. C’est gravir l’arête vive de soi. Au bout de ce chemin de dépouillement, lorsqu’il n’y a vraiment plus aucune autre attente que l’attente elle-même, l’attente de rien, l’attente satisfaite d’elle-même, on bascule en Dieu. Mais pour que ce basculement se produise, il faut un dernier geste, un geste neuf, un geste qui “se” fait en même temps qu’il “me” fait. Il faut renoncer à la toute dernière coquille, il faut oser ne plus être seulement “rien”, mais “je”. Après avoir renoncé à tout, il faut se donner à soi-même tout pouvoir, se faire entière confiance, ne plus rester sur un chemin d’humilité, mais sur le chemin que “je” suis. C’est cette confiance, qui risque tout, qui transgresse même l’impératif d’humilité, c’est être ce que je suis sans aucune limitation, c’est un geste par lequel on advient à soi. L’orgueil de ce geste, c’est de se donner à soi-même tout pouvoir. Mais là, on est à la limite des mots, car ils n’ont de sens que dans cet instant solennel on est seul avec soi-même, anéanti dans le “rien” assumé de notre être conditionné. C’est un geste de soi aussi bien que de Dieu, c’est le geste que “je” suis. |
Je voudrais souligner l’extrême importance de ce texte de Joaquim sur ’’ le geste que je suis’’
Texte qui va à l’encontre d’une certaine vision de l’éveil qui le voit plutôt comme abandon du je, lâcher prise et pure réceptivité à une dimension qui viendrait remplir le rien que l’on est devenu dans ce lâcher prise.
Or là, il s’agit d’un éveil très actif qui est affirmation du ‘’ je », un geste de naissance à soi, une volonté d’en finir avec tous les subterfuges et les fuites devant le vide , la solitude et la liberté que l’on est
C’est dans cette liberté où l’esprit est libre de toutes déterminations et définitions qui le limitent que l’on se découvre et que l’on est vraiment soi-même. On peut appeler cet éveil et ce geste : décision de soi
Le problème n’a jamais été le ‘’je’’ cad le sujet mais son rapport aux objets, le fait de s’y perdre, de s’y identifier et de s’y accrocher, que ces objets soient externes (les perceptions) ou internes (pensées et émotions)
Le lâcher prise c’est se détacher des objets ou de l’approche objectivante du monde et de soi-même.
C’est faire cesser tous les artifices, ruses ou efforts de la pensée pour garder le contrôle et aller vers l’intérieur de la même façon qu’elle va vers l’extérieur.
Notre esprit n’étant pas un objet et une chose qu’il faudrait s’approprier
On parle alors de non faire, de laisser faire et de rester dans notre état naturel.
Ce lâcher prise cad la cessation de toutes nos visées et volonté de saisir est déjà un progrès, une libération
Et effectivement à un moment dans ce repos de l’esprit, on peut ressentir la présence de soi comme étant toujours déjà là, il y a une révélation de soi qui peut survenir comme une grâce
Dans cette immobilité, pure passivité et réceptivité où l’on a vidé son esprit de tout contenu demeure le contenant, l’esprit lui-même que l’on reconnait alors comme résidu du grand nettoyage qu’est le lâcher prise.
On ne peut pas aller plus loin
On a découvert son moi pur, le je suis cad la conscience elle-même en tant que toujours présente dans l’arrière plan
Et cette découverte qui est reconnaissance la met au premier plan
La problématique qui a été la mienne pendant des années a été : comment approcher cet arrière- plan ?
Délibérément, intentionnellement ou de façon non intentionnellement, en faisant confiance à l’état naturel cad en restant dans le non faire et en attendant la grâce de la révélation de la présence de cet arrière plan
Dans le premier cas, j’avais vite l’impression de m’emprisonner moi-même et d’être dans le souci de soi et le désir de lâcher prise venait vite
Dans le deuxième cas, même si je ressentais souvent cet arrière plan dans une sorte d’auto reconnaissance de soi cad sans intervention du je, cela restait trop aléatoire, car trop passif et ne durait pas
D’où ma question à Joachim : le geste de l’éveil doit il être intentionnel ou pas ?
Sa réponse a toujours été : intentionnel
Et maintenant je m’aperçois qu’il a totalement raison
Ma problématique était faussée par une approche trop objectivante de la présence à soi
Justement l’expression présence à soi est révélatrice : présence au soi cad à quelque chose, à un donné qui serait soi-même
Il y a dans l’expression même une extériorité qui implique que l’on devrait prendre conscience de soi comme un donné qui apparait devant soi
Or le donné, tout donné est de l’ordre de l’objet. L’objet est ce qui est devant et qui est vu
Un objet on va vers lui (activité) ou on le reçoit (passivité)
Un donné est de l’ordre de la connaissance et de l’expérience et tout cela est du domaine de la pensée
Or le soi est la source de la pensée, il est avant la connaissance car il est le sujet connaissant
La présence à soi n’est pas une expérience ou une connaissance qui est toujours expérience et connaissance d’un donné
La connaissance implique toujours la distance ou la dualité d’un sujet connaissant et d’un objet connu
La véritable méditation c’est l’expérience du pur sujet qui est donc d’un tout autre ordre
Comment l’appréhender ?
Ce sujet pur est appelé arrière-plan et effectivement il est toujours là car il est ce que nous sommes
Il est l’expérience que l’on est
Mais des qu’on l’aborde comme un donné ou arrière-plan dont il faudrait prendre conscience, on en fait une expérience que l’on fait ou que l’on a
Cad on est de nouveau dans la dualité et on s'éloigne de ce que l'on est
Parler d’arrière plan implique encore une extériorité car ce plan est compris comme un donné alors qu’on le fasse venir au premier plan et que cette expérience se fasse délibérément ou naturellement ne change rien au problème
Il y a nous et le plan, nous et la présence, nous et ce qui est,
En réalité ce ‘’nous ‘’est une pensée
Il faut sortir complètement de la pensée et non pas prendre conscience de cet arrière plan mais l’être,
L’être sciemment puisque c’est ce que nous sommes
Faire disparaitre toute extériorité cad sortir de l’objet , le transcender
Sartre quand il utilisait l’expression présence à soi l’écrivait ainsi : présence (à) soi ou conscience (de ) soi
Afin de lever toute ambigüité et risque de dualité
La dualité implique une rupture, une distance.
Pourtant le fait d’être soi et présent à soi c’est aussi une conscience, une connaissance ce qui implique une distance sinon on serait inconscient
C’est pourquoi j’aime parler d’un pli de soi pour expliquer la conscience de soi,
Pli qui permet de penser la distance sans rupture de la ligne de soi, une dualité minimale qui ne brise pas la non dualité,
Une autre connaissance qui n’est pas celle d’un sujet vis à vis d’un objet,
il y a bien une distance de soi à soi mais une distance nulle car ce que l’on'' est'' est rien. La conscience qui n'est rien ne sépare pas mais relie, élimine tout espace, elle est un trait d’union entre les termes distincts et non un trait de séparation
Cette présence soi est plutôt de l’ordre du sentiment et non d’une connaissance ou plutôt c’est une intuition directe de soi qui serait comme l’union de la connaissance et du sentiment, de la pensée et de l’affect
Il ne s’agit pas d’être présent à soi mais d’être présence-soi
D’être soi, affirmativement, activement
Alors on sort du rapport à l’objet et de l’identification à lui
Ce qui était une façon de se nier soi même, on ne s’appréhende plus comme un donné et on n’aborde pas non plus le monde comme tel
On est soi même et le monde est en soi même
On était toujours soi même mais pas complètement, pas sciemment car trop focalisé sur les objets ou sur les images ou idées de soi qui nous réduisaient à être un objet pour nous même, prisonnier de notre représentation au lieu d’être une présence active ou le geste que l’on est
L’éveil s’il nécessite le lâcher prise cad l’arrachement et le détachement vis-à-vis de tout objet n’a rien à voir avec un non faire, une passivité ou une réceptivité, La réceptivité c’est toujours par rapport à une extériorité
L’éveil est un geste, un acte de liberté, totalement affirmatif de soi et de sa puissance, ce geste ne tombe pas du ciel, il faut le faire, il faut se revendiquer soi même, décider d’être soi.
Si la conscience est la liberté même, c’est librement cad volontairement que l’on se libère, comme c’est volontairement que l’on s’emprisonne (une volonté masquée, de l’ordre de la mauvaise foi)
Bien sur à partir de cet éveil, on va recevoir beaucoup de choses, des intensités, des expériences, un rapport différents aux objets mais cet éveil en tant que geste c’est d’abord être libre vis-à-vis de tout avoir, c’est être et se sentir être
La conscience qui est ‘’ je ‘’ est la liberté même, une puissance d’action et en même temps d’arrachement à tout donné, extérieur ou intérieur
, c’est rester soi même sans jamais se perdre ou s’oublier dans les objets, c’est vivre dans ce monde d’images mais sans être hypnotisé par lui, en restant toujours au centre, à la source, centré
Un centre immobile et actif en même temps, qui fait tourner la roue du monde et se retrouve aussi à chaque point de la circonférence
L’ego, le je, la pensée n’a jamais été un problème, c’est la manière de les comprendre et de les vivre qui peut poser problème
Il y a un usage de soi et de la pensée que l’on peut appeler dualiste et qui fait que l’esprit s’emprisonne dans des contraires, des contradictions qui aboutissent à aller contre soi et à se nier soi même, on vit à l’envers.
on fait ce que l’on ne désire pas et on ne fait pas ce que l’on désire, on se brime, on brime sa vie, on vit à contre courant de soi, en résistant à soi
L’autre usage est non dualiste : on l’on va dans le sens de la vie et de soi même, où tout coule de source, dans l’unité des contraires.
C’est vivre à l’endroit
.on fait ce que l’on désire et on ne fait pas ce que l’on ne désire pas.
C’est cela la liberté, la vie affirmative de soi, la décision de soi
Au début de mon arrivée sur le forum, je vivais une libération, une sorte d’éveil et de lâcher prise où la présence s’imposait d’elle-même, spontanément, sans que mon’’ je ‘’intervienne, sa seule tache était de veiller à ne pas contrôler tout cela et à ne pas se rabattre sur cet éveil
J’avais le sentiment d’une auto-reconnaissance de soi même cad naturelle
Cad d’un choix de soi même venant d’un moi plus profond, ma volonté personnelle se soumettant à une volonté plus profonde se manifestant par le spontanéité et le naturel
Mais finalement on reste ici encore dans une division intérieure : il y a deux volontés celle du moi de surface et celle du moi profond
, un je naturel et global et un je artificiel et partiel
Il faut aller plus loin et sortir de ces distinctions, ne plus faire de différences entre elles. La surface doit rejoindre la profondeur
Il n’y a pas deux moi, deux volontés mais un seul je, une seule volonté, , il y a moi, à point c’est tout. Le point que l’on est est tout
Il faut simplement se réveiller, se lever, se dresser et se libérer de toutes nos charges qui nous font plier et qui ne sont que des objets auxquels on s’est accroché et identifié (appelons cela un rêve, une distraction)
Se réveiller c’est se retrouver soi même et s’affirmer comme tel.
Alors décidons-nous. Décidons de nous-mêmes
Amitiés
Joël
Dernière édition par riseohms le Me 30 Juin 2010 10:33; édité 2 fois |
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latululireli
Inscrit le: 28 Jan 2010 Messages: 19
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Posté le: Ma 29 Juin 2010 12:03 Sujet du message: Re: l'éveil comme décision de soi |
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| riseohms a écrit: | bonsoir à tous
L’éveil comme décision de soi
| joaquim, ICI a écrit: |
Le geste que je suis
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Nous sommes tous d’accord, je crois, pour reconnaître que seule l’humilité peut nous conduire à ce retournement de nous-mêmes qui permet de se découvrir être, au sens d’être de l’être de Dieu. Il s’agit de se reconnaître n’être “rien”, pour devenir espace d’accueil de “tout”. Dit comme cela, c’est logique et complet au niveau des mots, mais pourtant il manque une partie essentielle. Il manque la part active. Celle-ci est plus difficile à décrire. Car bien peu d’actes méritent le terme d’acte, au sens d’acte créateur. Ils sont la plupart du temps de simples réactions. Une réaction conditionnée par les caractéristiques de l’organisme que l’on est lorsqu’il entre en contact avec son environnement. Même nos révoltes trahissent une forme de conditionnement. On refuse quelque chose au nom d’une idée que l’on se fait de soi. Une idée construite sur des emprunts multiples que l’on a fait à notre environnement. L’humilité, c’est reconnaître notre incapacité propre à sortir de ce conditionnement, c’est reconnaître que nous sommes entièrement conditionnés. Accepter cela, accepter de n’être “rien”, c’est déjà développer une activité qui n’est pas une simple réaction. C’est devenir attentif, simplement présent, sans rien saisir, sans rien s’approprier. C’est devenir pure attention. C’est gravir l’arête vive de soi. Au bout de ce chemin de dépouillement, lorsqu’il n’y a vraiment plus aucune autre attente que l’attente elle-même, l’attente de rien, l’attente satisfaite d’elle-même, on bascule en Dieu. Mais pour que ce basculement se produise, il faut un dernier geste, un geste neuf, un geste qui “se” fait en même temps qu’il “me” fait. Il faut renoncer à la toute dernière coquille, il faut oser ne plus être seulement “rien”, mais “je”. Après avoir renoncé à tout, il faut se donner à soi-même tout pouvoir, se faire entière confiance, ne plus rester sur un chemin d’humilité, mais sur le chemin que “je” suis. C’est cette confiance, qui risque tout, qui transgresse même l’impératif d’humilité, c’est être ce que je suis sans aucune limitation, c’est un geste par lequel on advient à soi. L’orgueil de ce geste, c’est de se donner à soi-même tout pouvoir. Mais là, on est à la limite des mots, car ils n’ont de sens que dans cet instant solennel on est seul avec soi-même, anéanti dans le “rien” assumé de notre être conditionné. C’est un geste de soi aussi bien que de Dieu, c’est le geste que “je” suis. |
Je voudrais souligner l’extrême importance de ce texte de Joaquim sur ’’ le geste que je suis’’
Texte qui va à l’encontre d’une certaine vision de l’éveil qui le voit plutôt comme abandon du je, lâcher prise et pure réceptivité à une dimension qui viendrait remplir le rien que l’on est devenu dans ce lâcher prise.
Or là, il s’agit d’un éveil très actif qui est affirmation du ‘’ je », un geste de naissance à soi, une volonté d’en finir avec tous les subterfuges et les fuites devant le vide , la solitude et la liberté que l’on est
C’est dans cette liberté où l’esprit est libre de toutes déterminations et définitions qui le limitent que l’on se découvre et que l’on est vraiment soi-même. On peut appeler cet éveil et ce geste : décision de soi
Le problème n’a jamais été le ‘’je’’ cad le sujet mais son rapport aux objets, le fait de s’y perdre, de s’y identifier et de s’y accrocher, que ces objets soient externes (les perceptions) ou internes (pensées et émotions)
Le lâcher prise c’est se détacher des objets ou de l’approche objectivante du monde et de soi-même.
C’est faire cesser tous les artifices, ruses ou efforts de la pensée pour garder le contrôle et aller vers l’intérieur de la même façon qu’elle va vers l’extérieur.
Notre esprit n’étant pas un objet et une chose qu’il faudrait s’approprier
On parle alors de non faire, de laisser faire et de rester dans notre état naturel.
Ce lâcher prise cad la cessation de toutes nos visées et volonté de saisir est déjà un progrès, une libération
Et effectivement à un moment dans ce repos de l’esprit, on peut ressentir la présence de soi comme étant toujours déjà là, il y a une révélation de soi qui peut survenir comme une grâce
Dans cette immobilité, pure passivité et réceptivité où l’on a vidé son esprit de tout contenu demeure le contenant, l’esprit lui-même que l’on reconnait alors comme résidu du grand nettoyage qu’est le lâcher prise.
On ne peut pas aller plus loin
On a découvert son moi pur, le je suis cad la conscience elle-même en tant que toujours présente dans l’arrière plan
Et cette découverte qui est reconnaissance la met au premier plan
La problématique qui a été la mienne pendant des années a été : comment approcher cet arrière- plan ?
Délibérément, intentionnellement ou de façon non intentionnellement, en faisant confiance à l’état naturel cad en restant dans le non faire et en attendant la grâce de la révélation de la présence de cet arrière plan
Dans le premier cas, j’avais vite l’impression de m’emprisonner moi-même et d’être dans le souci de soi et le désir de lâcher prise venait vite
Dans le deuxième cas, même si je ressentais souvent cet arrière plan dans une sorte d’auto reconnaissance de soi cad sans intervention du je, cela restait trop aléatoire, car trop passif et ne durait pas
D’où ma question à Joachim : le geste de l’éveil doit il être intentionnel ou pas ?
Sa réponse a toujours été : intentionnel
Et maintenant je m’aperçois qu’il a totalement raison
Ma problématique était faussée par une approche trop objectivante de la présence à soi
Justement l’expression présence à soi est révélatrice : présence au soi cad à quelque chose, à un donné qui serait soi-même
Il y a dans l’expression même une extériorité qui implique que l’on devrait prendre conscience de soi comme un donné qui apparait devant soi
Or le donné, tout donné est de l’ordre de l’objet. L’objet est ce qui est devant et qui est vu
Un objet on va vers lui (activité) ou on le reçoit (passivité)
Un donné est de l’ordre de la connaissance et de l’expérience et tout cela est du domaine de la pensée
Or le soi est la source de la pensée, il est avant la connaissance car il est le sujet connaissant
La présence à soi n’est pas une expérience ou une connaissance qui est toujours expérience et connaissance d’un donné
La connaissance implique toujours la distance ou la dualité d’un sujet connaissant et d’un objet connu
La véritable méditation c’est l’expérience du pur sujet qui est donc d’un tout autre ordre
Comment l’appréhender ?
Ce sujet pur est appelé arrière-plan et effectivement il est toujours là car il est ce que nous sommes
Il est l’expérience que l’on est
Mais des qu’on l’aborde comme un donné ou arrière-plan dont il faudrait prendre conscience, on en fait une expérience que l’on fait ou que l’on a
Cad on est de nouveau dans la dualité et on s'éloigne de ce que l'on est
Parler d’arrière plan implique encore une extériorité car ce plan est compris comme un donné alors qu’on le fasse venir au premier plan et que cette expérience se fasse délibérément ou naturellement ne change rien au problème
Il y a nous et le plan, nous et la présence, nous et ce qui est,
En réalité ce ‘’nous ‘’est une pensée
Il faut sortir complètement de la pensée et non pas prendre conscience de cet arrière plan mais l’être,
L’être sciemment puisque c’est ce que nous sommes
Faire disparaitre toute extériorité cad sortir de l’objet , le transcender
Sartre quand il utilisait l’expression présence à soi l’écrivait ainsi : présence (à) soi ou conscience (de ) soi
Afin de lever toute ambigüité et risque de dualité
La dualité implique une rupture, une distance.
Pourtant le fait d’être soi et présent à soi c’est aussi une conscience, une connaissance ce qui implique une distance sinon on serait inconscient
C’est pourquoi j’aime parler d’un pli de soi pour expliquer la conscience de soi,
Pli qui permet de penser la distance sans rupture de la ligne de soi, une dualité minimale qui ne brise pas la non dualité,
Une autre connaissance qui n’est pas celle d’un sujet vis à vis d’un objet,
il y a bien une distance de soi à soi mais une distance nulle car ce que l’on ''est'' est rien. La conscience qui n'est rien ne sépare pas mais relie, élimine tout espace, elle est un trait d’union entre les termes distincts et non un trait de séparation
Cette présence soi est plutôt de l’ordre du sentiment et non d’une connaissance ou plutôt c’est une intuition directe de soi qui serait comme l’union de la connaissance et du sentiment, de la pensée et de l’affect
Il ne s’agit pas d’être présent à soi mais d’être présence-soi
D’être soi, affirmativement, activement
Alors on sort du rapport à l’objet et de l’identification à lui
Ce qui était une façon de se nier soi même, on ne s’appréhende plus comme un donné et on n’aborde pas non plus le monde comme tel
On est soi même et le monde est en soi même
On était toujours soi même mais pas complètement, pas sciemment car trop focalisé sur les objets ou sur les images ou idées de soi qui nous réduisaient à être un objet pour nous même, prisonnier de notre représentation au lieu d’être une présence active ou le geste que l’on est
L’éveil s’il nécessite le lâcher prise cad l’arrachement et le détachement vis-à-vis de tout objet n’a rien à voir avec un non faire, une passivité ou une réceptivité, La réceptivité c’est toujours par rapport à une extériorité
L’éveil est un geste, un acte de liberté, totalement affirmatif de soi et de sa puissance, ce geste ne tombe pas du ciel, il faut le faire, il faut se revendiquer soi même, décider d’être soi.
Si la conscience est la liberté même, c’est librement cad volontairement que l’on se libère ou comme c’est volontairement que l’on s’emprisonne (une volonté masquée, de l’ordre de la mauvaise foi)
Bien sur à partir de cet éveil, on va recevoir beaucoup de choses, des intensités, des expériences, un rapport différents aux objets mais cet éveil en tant que geste c’est d’abord être libre vis-à-vis de tout avoir, c’est être et se sentir être
La conscience qui est ‘’ je ‘’ est la liberté même, une puissance d’action et en même temps d’arrachement à tout donné, extérieur ou intérieur
, c’est rester soi même sans jamais se perdre ou s’oublier dans les objets, c’est vivre dans ce monde d’images mais sans être hypnotisé par lui, en restant toujours au centre, à la source, centré
Un centre immobile et actif en même temps, qui fait tourner la roue du monde et se retrouve aussi à chaque point de la circonférence
L’ego, le je, la pensée n’a jamais été un problème, c’est la manière de les comprendre et de les vivre qui peut poser problème
Il y a un usage de soi et de la pensée que l’on peut appeler dualiste et qui fait que l’esprit s’emprisonne dans des contraires, des contradictions qui aboutissent à aller contre soi et à se nier soi même, on vit à l’envers.
on fait ce que l’on ne désire pas et on ne fait pas ce que l’on désire, on se brime, on brime sa vie, on vit à contre courant de soi, en résistant à soi
L’autre usage est non dualiste : on l’on va dans le sens de la vie et de soi même, où tout coule de source, dans l’unité des contraires.
C’est vivre à l’endroit
.on fait ce que l’on désire et on ne fait pas ce que l’on ne désire pas.
C’est cela la liberté, la vie affirmative de soi, la décision de soi
Au début de mon arrivée sur le forum, je vivais une libération, une sorte d’éveil et de lâcher prise où la présence s’imposait d’elle-même, spontanément, sans que mon’’ je ‘’intervienne, sa seule tache était de veiller à ne pas contrôler tout cela et à ne pas se rabattre sur cet éveil
J’avais le sentiment d’une auto-reconnaissance de soi même cad naturelle
Cad d’un choix de soi même venant d’un moi plus profond, ma volonté personnelle se soumettant à une volonté plus profonde se manifestant par le spontanéité et le naturel
Mais finalement on reste ici encore dans une division intérieure : il y a deux volontés celle du moi de surface et celle du moi profond
, un je naturel et global et un je artificiel et partiel
Il faut aller plus loin et sortir de ces distinctions, ne plus faire de différences entre elles. La surface doit rejoindre la profondeur
Il n’y a pas deux moi, deux volontés mais un seul je, une seule volonté, , il y a moi, à point c’est tout. Le point que l’on est est tout
Il faut simplement se réveiller, se lever, se dresser et se libérer de toutes nos charges qui nous font plier et qui ne sont que des objets auxquels on s’est accroché et identifié (appelons cela un rêve, une distraction)
Se réveiller c’est se retrouver soi même et s’affirmer comme tel.
Alors décidons-nous. Décidons de nous-mêmes
Amitiés
Joël |
Des textes claies aux textes clés :
Où la lectrice que je suis se dit : ici le temps s’est arrêté pour celui-ci.
Je vis, je ne peux jamais dire « comme toi », ma configuration singulière me l’interdit.
Je vis ce fameux contrepoint « une volonté musicienne » c’est comme ça que je l’ai perçu ce mot « attention » délivré de son homophone névrotique : fait gaffe !
Le parcours de toute une vie, que j’ai lu chez toi, droit, dans des yeux même absents, sans connaître ton enveloppe sociale/corporelle, sans même qu'effleure un quelconque interrogation.
Je me dis, les larmes valent le coup d’être versées, pour recueillir cette eau là.
Cette décision ultime : « c’est à cette source là que je veux boire et pas une autre »
alors le fond et la forme qui se cherchait dans dans l’un co-errance deviennent contrepoint.
« Le contrepoint lui-même a une âme, en ceci que le parallélisme de ses voix a été expressément réglé note pour note par une volonté musicienne qui fait chanter ensemble ou converser plusieurs parties mélodiques également expressives, et pourtant l'une sur l'autre brodées dans le colloque vivant de la polyphonie.
JANKÉLÉVITCH, Le Je-ne-sais-quoi et le presque-rien »
Les mots m’ont été un souffrance, longtemps, un longtemps relatif quand j’y repense.
Mais, grâce, à tous vos textes, textes en V.O.
…
Je peux vivre le mien.
Des textes clés aux textes claies où s’égouttent… des textes à venir. Des -Je suis- vivants
Où la volonté ne fait plus barrage au désir.
Merci d’avoir et dans la pause et dans l’effort, retranscrit un de ces instants que nous savons, inoubliables.
Alors me vient un expression familière : ça c’est de l’entraide, ça, ça vaut le coup !
Lise |
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advaita
Inscrit le: 25 Mai 2010 Messages: 63
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Posté le: Ma 29 Juin 2010 12:13 Sujet du message: |
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Drôle de coincidence, je voulais posté un sujet parlant de tout ça hier!
Séparation et unité...
L'esprit commence par séparer le moi et le pas moi.
Puis les distinctions continue ainsi a l'infini...
Ces distinctions ont un coté pratique mais font oublier la source.
La décision de cesser les distinctions nous raméne a l'essentiel.
Tout est dans la présence
Tout ce qui est est présence
C'est l'unité.
Merci pour ton message risehoms (et pour la citation de joaquim )
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riseohms Modérateur
Inscrit le: 30 Nov 2009 Messages: 348 Localisation: paris
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Posté le: Me 30 Juin 2010 10:50 Sujet du message: Re: l'éveil comme décision de soi |
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merci advailta
merci lise
pour vos commentaires qui m'ont fait du bien
''volonté musicienne'' très belle expression qui illustre magnifiquement la décision de soi
cette décision m'harmonise et harmonise le monde qui m'entoure
la décision de soi c'est s'affirmer, se revendiquer, se posséder et se réapproprier soi même , pas dans le sens d'un objet que l'on possederait
mais dans le sens de se rassembler, rassembler tout ce qui était épars, et de s'unifier, d'être un
et dans cette unité active de moi, mon environnement m'apparait aussi comme un bloc unitaire dont je fais partie ( en tant qu'individu )
je me rassemble alors tout se rassemble
chacun peut alors se sentir le chef d'orchestre de cette symphonie et la symphonie elle même
nous devenons musique
we are the king of the world
joel |
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joaquim Administrateur
Inscrit le: 06 Août 2004 Messages: 394 Localisation: Suisse
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Posté le: Sa 03 Juil 2010 21:05 Sujet du message: |
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Bonjour Joël, bonjour à tous,
Désolé d'être si peu présent ces temps sur le forum. Mais j'ai l'impression de n'avoir rien d'intéressant à dire. Je rebondis malgré tout sur ton texte, Joël, car il pointe sur une question qui m'a l'air absolument centrale, en même temps que terriblement difficile à cerner. On pourrait la résumer ainsi, pour en souligner toute l'ambiguité : "Je est-il personnel ou impersonnel ?" Formulée ainsi, elle semble presque loufoque, et pourtant, c'est bien là le noeud du problème. L'éveil, c'est découvrir que "Je est un Autre". La question est donc : cet Autre, est-ce une conscience impersonnelle ? Se sentir prisonnier de soi, c'est le lot de la conscience humaine lorsqu'elle réalise qu'à l'intérieur de la soi-conscience, il n'y a rien d'autre que soi. Tout ce qui arrive m'arrive, et c'est parce que ce qui arrive m'arrive que j'en prend conscience. En-dehors de ce qui m'arrive, il n'y a absolument rien qu'un néant inconnaissable. Et même ce néant que j'imagine exister en-dehors de ce qui m'arrive, c'est encore moi qui l'imagine, et donc même cela, c'est en moi que ça se produit. La prison est vraiment hermétique. Il semble tout simplement impossible de sortir de soi. Et pourtant, d'un coup, la prison peut disparaître. C'est l'éveil. Je regardais aujourd'hui une vidéo de Denis Marie mise en lien par Patrice sur son blog, dans laquelle l'interviewer lui demande :
Interviewer — Pour que ce soit parfait, il y a toujours cette idée qu'il faudrait que ce soit (...) une sorte de paix dans le relatif, une paix qui s'incarne forcément dans le relatif. Si c'est pas paisible dans le relatif, c'est que c'est pas encore ça. C'est pas ça le dernier bastion ?
Denis Marie — Non. Le dernier bastion, ça n'existe pas. (Rires) C'est une idée dangereuse. On pourrait se dire, ah oui, c'est le bout, donc c'est l'extrémité, en même temps, c'est peut-être encore une solidification de plus. C'est un concept. Il n'y a pas de dernier bastion. Y'en a pas du tout. Mais regarde comme l'esprit peut se sentir heureux quand il a encore un dernier bastion dont il peut prendre l'assaut, dont il peut s'emparer. (...) C'est le problème de décrire toujours les choses avec le relatif, de décrire l'absolu surtout, ou de décrire cette notion justement d'éveil qui serait quelque chose qui arrive dans le relatif. Mais non. C'est quelque chose qui n'arrive pas dans le relatif.
Ce que Denis Marie décrit là, c'est le fait que la prison (le relatif) n'a aucune porte de sortie, que de vouloir chercher une porte (le dernier bastion), c'est encore et toujours coller sur les murs de la prison l'image d'une fenêtre. L'éveil, ce n'est pas sortir de la prison, c'est réaliser qu'il n'y a pas à en sortir, qu'on a toujours été là, qu'il n'y a pas de prison, qu'il n'y a personne à éveiller, personne qui doive sortir d'une prison.
Cette manière de présenter les choses induit facilement l'idée que la prison, ce serait le personnel, et que sortir de la prison, ce serait accéder à l'impersonnel. Or, si on garde l'image de la prison, on peut parfaitement considérer qu'il y a bel et bien quelqu'un qui en est prisonnier, que c'est moi, je, et que ce qui m'emprisonne, ce sont les reflets de moi-même que je projette sur le monde, qui sont comme les marques d'appropriation que je dépose sur lui et qui m'empêchent d'avoir accès à lui directement. Donc oui, je suis bien enfermé en moi-même, mais il ne s'agit pas pour autant de sortir de moi pour quitter la prison. Il s'agit au contraire de cesser de me prendre pour ce que je ne suis pas, c'est-à-dire ces marques d'appropriation que je produis, et découvrir "qui" je suis. Il y a bien un dépouillement, mais il ne concerne pas "je" lui-même, mais un certain mode d'être de "je". Ce dont il s'agit en fait de se dépouiller, c'est de sa paresse. C'est parce que "je" suis paresseux, que je ne rencontre pas directement le monde, sans filets ni outils, mais que je reste bien confortablement installé au centre de mon esprit, ne laissant filtrer jusqu'à moi les éléments du monde que lorsqu'ils ont été habillés par un jugement qui me les rende assimilables et donc personnels. C'est ce personnel-là qui est l'illusion. En jugeant le monde, j'en fais un monde "personnel", au sens acquisitif du terme, et par le même mouvement, je fais du monde à l'origine des éléments que je juge un monde étranger. Ce monde est l'origine de tout ce qui est, donc aussi en fin de compte l'origine de moi-même, mais en même temps il demeure l'inconnaissable, l'océan qui porte la barque de ma personne, et qui l'engloutira au jour de ma mort. Vu sous cet angle, on se rend compte que l'illusion ne m'est pas imposée de l'extérieur, mais que c'est moi qui la produit, parce que je succombe à l'inertie. La levée de l'illusion, ce n'est pas perdre moi, c'est me réveiller. Me réveiller, c'est découvrir avec stupéfaction que tous ces reflets que je prenais pour moi sont comme les images d'un rêve, et que ce que je suis, c'est ce qui se révèle dans ma rencontre avec tout ce qui est. Il n'y a pas moi ici, et la réalité là-bas. Je veille lorsque je rencontre la réalité et découvre en elle ma propre substance, celle qui la fait être (parce que c'est cela, être un "je" : c'est donner l'être), et je dors lorsque je lui emprunte un être apparent dont je m'habille, comme si c'est d'elle que je tirais mon être. |
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octave
Inscrit le: 15 Juin 2007 Messages: 64 Localisation: centre
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Posté le: Lu 05 Juil 2010 10:22 Sujet du message: |
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Bonjour,
Joaquim écrit | Citation: | | Donc oui, je suis bien enfermé en moi-même, mais il ne s'agit pas pour autant de sortir de moi pour quitter la prison. Il s'agit au contraire de cesser de me prendre pour ce que je ne suis pas, c'est-à-dire ces marques d'appropriation que je produis, et découvrir "qui" je suis. |
Cette partie du texte ainsi que la suite me font penser à une image sur laquelle j'ai tendance à méditer. Il s'agit de la vague sur l'océan, de ce qui les réunit ou de ce qui les sépare.
Bien sûr, il faut se rendre compte que la vague n'existe que tant qu'elle a un nom et une forme. Mais l'intéressant c'est aussi d'orienter son attention vers les questions suivantes (ou d'autres).
Qu'est-ce qui sépare la vague de l'océan?
Où est la racine de la vague?
Comment se rattache-t-elle à l'océan?
A partir de quelle profondeur la vague est-elle différente de l'océan?
Ou est la vague et que devient-elle, lorsque la mer est parfaitement lisse?
...
Ces questions résonnent bien avec la fin du message de Joaquim
| Citation: | Cette manière de présenter les choses induit facilement l'idée que la prison, ce serait le personnel, et que sortir de la prison, ce serait accéder à l'impersonnel. Or, si on garde l'image de la prison, on peut parfaitement considérer qu'il y a bel et bien quelqu'un qui en est prisonnier, que c'est moi, je, et que ce qui m'emprisonne, ce sont les reflets de moi-même que je projette sur le monde, qui sont comme les marques d'appropriation que je dépose sur lui et qui m'empêchent d'avoir accès à lui directement. Donc oui, je suis bien enfermé en moi-même, mais il ne s'agit pas pour autant de sortir de moi pour quitter la prison. Il s'agit au contraire de cesser de me prendre pour ce que je ne suis pas, c'est-à-dire ces marques d'appropriation que je produis, et découvrir "qui" je suis. (...)
(...) Ce monde est l'origine de tout ce qui est, donc aussi en fin de compte l'origine de moi-même, mais en même temps il demeure l'inconnaissable, l'océan qui porte la barque de ma personne, et qui l'engloutira au jour de ma mort. Vu sous cet angle, on se rend compte que l'illusion ne m'est pas imposée de l'extérieur, mais que c'est moi qui la produit, parce que je succombe à l'inertie.
La levée de l'illusion, ce n'est pas perdre moi, c'est me réveiller. Me réveiller, c'est découvrir avec stupéfaction que tous ces reflets que je prenais pour moi sont comme les images d'un rêve, et que ce que je suis, c'est ce qui se révèle dans ma rencontre avec tout ce qui est.
Il n'y a pas moi ici, et la réalité là-bas. Je veille lorsque je rencontre la réalité et découvre en elle ma propre substance, celle qui la fait être (parce que c'est cela, être un "je" : c'est donner l'être), et je dors lorsque je lui emprunte un être apparent dont je m'habille, comme si c'est d'elle que je tirais mon être. |
Bonnes vacances à tous  |
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joaquim Administrateur
Inscrit le: 06 Août 2004 Messages: 394 Localisation: Suisse
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Posté le: Ma 06 Juil 2010 0:17 Sujet du message: |
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Bonjour octave,
J'ai toujours été gêné par cette image de la vague, et je n'ai jamais bien compris non plus celle du pli de Joël. Mais j'aperçois grâce à toi la possibilité de les réconcilier — et moi avec elles. Je trouve ta question : "A partir de quelle profondeur la vague est-elle différente de l'océan?" éclairante, parce que la seule réponse possible, à mon avis, c'est que la vague n'a aucune profondeur, qu'elle n'est qu'une surface — un pli sur l'océan. Elle n'a pas d'épaisseur, pas de substance — et pourtant elle existe. L'océan est égal à lui-même de bout en bout, et pourtant, il a une surface, et c'est parce qu'il a une surface qu'on le nomme "océan". La surface apparaît lorsque quelque chose, à l'intérieur de l'océan, se découvre autre que l'océan. Le sujet qui s'interroge sur lui-même et sur son rapport à sa propre matérialité, à son corps, à sa personnalité, et à l'intégralité du monde qui l'entoure, ce sujet-là ne fait pas partie du monde qu'il interroge. Il est comme la surface de l'océan. La surface délimite l'océan, elle lui donne une forme, et pourtant, elle n'est pas matérielle. Elle n'a d'existence que virtuelle, elle n'est qu'une limite (cf. Wittgenstein : "Le sujet n'appartient pas au monde, mais il constitue une limite du monde"). Tant qu'elle se croit constituée des quelques atomes qu'on trouverait sous la surface des vagues, elle se leurre sur elle-même, en s'accrochant à une matérialité qui lui masquerait sa condition de n'être rien. Parce qu'elle n'est rien — que le contenant de l'océan entier. |
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riseohms Modérateur
Inscrit le: 30 Nov 2009 Messages: 348 Localisation: paris
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Posté le: Ma 06 Juil 2010 20:20 Sujet du message: |
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Bonsoir Joaquim et bonsoir à tous
| joaquim a écrit: | | Ton texte, Joël, il pointe sur une question qui m'a l'air absolument centrale, en même temps que terriblement difficile à cerner. On pourrait la résumer ainsi, pour en souligner toute l'ambigüité : "Je est-il personnel ou impersonnel ?" |
Oui, on ne peut sortir de soi,
Le soi est vécu comme une prison lorsqu’il est limité à un contenu personnel
et comme liberté dans l’éveil lorsqu’il n’est plus identifié à un contenu
On peut dire que le ‘’je ‘’de ce point de vue est impersonnel par rapport aux multiples personnalités manifestées mais en réalité il est l’unique personnalité réelle et substantielle cad Dieu
Le je, notre je est Dieu
Ce n’est donc pas le je qui est une prison mais les limites imaginaires que nous lui imposons et dont les effets néfastes sont bien réels
| joaquim a écrit: | | Ce dont il s'agit en fait de se dépouiller, c'est de sa paresse…on se rend compte que l'illusion ne m'est pas imposée de l'extérieur, mais que c'est moi qui la produit, parce que je succombe à l'inertie. La levée de l'illusion, ce n'est pas perdre moi, c'est me réveiller |
La paresse vient d'un manque de motivation et de désir (de vie, )
Désir éteint par notre inertie
L’inertie est le fruit des habitudes qui nous endorment
Le temps passe si vite, on se dit bien qu’il faudrait se réveiller mais on remet à plus tard, toujours plus tard
Ce qui montre bien qu’on est tout à fait conscient quelque part de ce qui se passe en nous
Il y a toujours la conscience en nous, en arrière plan derrière notre moi de surface car elle est notre réalité
Cette conscience, elle est comme une petite voix qu’on entend bien mais qu’on refuse d’écouter parce que c’est plus facile d’écouter les voix de la surface, celles qui viennent de nos habitudes
De ce point de vue, est vraiment responsable de notre situation.
on a le choix d’écouter la petite voix des profondeurs ou les grosses voix de la surface, du moins à un certain moment, au tout début avant qu'on soit entrainé dans le cercle vicieux de nos pensées
On dit qu’on est victime de l’illusion
Mais est on vraiment illusionné ?
On peut tromper les autres mais peut-on vraiment être dupe de soi même ?
Je ne le crois pas, on est simplement de mauvaise foi et celle-ci n’est pas sans conscience
On se laisse embarquer dans nos habitudes mais avec une certaine mauvaise conscience dont l’effet est un mal être
La conscience qui est Dieu en nous se manifeste d’abord sous la forme de la conscience morale
Celle de l’œil de Dieu qui dit à Caïn à propos d’Abel : qu’as-tu fait à ton frère?
Le remord ou le sentiment de culpabilité qui accompagne notre vie ‘’endormie ‘’ est bien la preuve de notre liberté
La liberté c’est la conscience elle-même et on la réalise des que l’on vit à la première personne
L’habitude, les habitudes qui mécanisent notre vie concernent notre je à la 3 eme personne du singulier
Et là il n’y a que déterminismes.
Le monde extérieur nous affecte, s’écrit sur notre corps et imprime sur lui les habitudes et c’est ce qui constitue notre moi personnel
À ce niveau il n’y a pas de libre arbitre, si ce libre arbitre consiste à débattre pour choisir ceci ou cela, un tel débat reste au niveau de la 3 e personne
Pourtant on est aussi un je à la 1er personne et c’est à ce niveau qu’il y a liberté et responsabilité et que l’on peut penser le véritable libre arbitre
En dernière instance, on est libre, rien ne nous oblige à choisir la facilité, le mal, les pulsions ou ce qui nous détermine
C’est le fondement de la justice, elle doit déterminer la présence du je dans les choix de l’accusé
Et si le pulsionnel à complètement étouffé le je, il est déclaré irresponsable cad fou
C’est sur cette présence immanente de la conscience morale en nous, cad inconditionnée et à priori que Kant a fondé sa morale :
| Citation: | | <<ne fais pas à autrui ce que tu n’aimerais que les autres te fassent ou agis toujours de telle manière que la maxime de ton action puisse être érigée en loi universelle<< |
Même s’il s’est refusé à prouver par la raison l’existence ou l’inexistence de la conscience ou de Dieu. (La raison pour lui doit se limiter à ce qui lui est donné par l’expérience et renoncer à ses prétentions métaphysiques à accéder à la réalité)
Il n’a pu que constater ‘’pratiquement ‘’la présence de la conscience et sa nécessité pour la société
La première personne qui est liberté doit se manifester dans la 3e personne, il faut penser ce lien cad penser à la fois la liberté et le déterminisme
Si on vit seulement au niveau de la 3 e personne, on n’est pas vraiment actif, mais simplement réactif
Les vrais actes comme celle de ''la décision de soi ''viennent de la 1er personne et comme tu dis, Joaquim, , ces actes sont rares,
ils viennent de l’intérieur, de notre nature véritable et non de que l’environnement à construit en nous
Amitiés
Joël |
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riseohms Modérateur
Inscrit le: 30 Nov 2009 Messages: 348 Localisation: paris
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Posté le: Ma 20 Juil 2010 21:38 Sujet du message: |
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bonsoir à tous
On dit que notre nature réelle et absolue est déjà là, réalisée et qu’il suffirait de s’en rendre réceptif en nous dégageant de tous les conditionnements qui la recouvriraient comme un voile
et l’obstacle serait notre activité mentale qui créerait ces voiles auxquels on est identifié, identifications qui nous cacheraient notre nature absolue, le soi, et dont il nous faudrait prendre conscience afin de devenir silencieux et retrouver notre immobilité et passivité naturelle, dans un non faire, non savoir et non vouloir cad dans un silence
Cette façon de formuler les choses qui correspond à l’approche traditionnelle, voir orientale, de l’éveil est- elle compatible avec l’éveil considéré comme geste, acte ou décision de soi ?
Je dirai que cette description n’est pas fausse mais elle pèche par trop de passivité
Il lui manque la dimension active de la conscience que traduisent les termes de geste ou de décision
Dans l’approche passive, on part de la dualité pour aller vers la non dualité, notre nature réelle est comme un soleil caché à notre vue par les nuages et nous depuis la terre, on s’efforce de prendre conscience des nuages pour les dissiper .notre nature réelle reste encore extérieure à nous
Dans l’approche active, on saute directement au ciel dans la non dualité sans s’occuper des nuages, on est immédiatement le soleil et les nuages qui sont en dessous de nous ne nous dérangent pas. La séparation étant illusoire s’occuper des prétendus obstacles à l’éveil renforce l’illusion
Là on affirme immédiatement le réel, le soi
On ne se prend plus pour le petit je, on l’oublie et on s’affirme d’emblée en tant que grand je
On ne prend pas conscience du soi, on est le soi –on ne s’éveille pas à lui, on s’éveille simplement, on se redresse, le soi n’est pas vu, il se révèle comme vision, pur voir, et une telle vision élimine toute séparation
Quand on dit que notre nature réelle est ‘’déjà là ‘’, on l’appréhende comme un donné ( le ‘’déjà là )
Il me semble qu’il y a là un piège du langage qui peut fausser notre approche concrète de notre réalité
Un donné c’est une extériorité et c’est le propre de la pensée de s’extérioriser du vécu et de se positionner un donné de connaissance ou d’expérience cad un objet
On risque ainsi de faire de notre nature, du silence, de la conscience un donné à connaitre ou à expérimenter et donc de créer une nouvelle division entre soi et soi
L’être est ainsi abordé comme une chose ‘’en soi’’
Kant a montré l’impossibilité d’accéder à cette réalité cad de la connaitre et de l’expérimenter, on peut juste la penser, c'est ce qu'on appelle la métaphysique
Ce que je veux dire c’est qu’une telle formulation est contaminée par la pensée, par nature objectivante et avec le risque de nous emprisonner dans cette pensée et de rendre impossible l’accès à notre nature subjective qui est fondamentalement une non chose, justement parce que subjective
Il faudrait trouver le moyen de sortir de cette formulation, la formulation qu’on emploie dans le discours spirituel n’est pas neutre, elle induit concrètement une certaine approche, voir une pratique spirituelle qui lui correspond
Je reste persuadé que la pensée n’est pas séparée de la vie et que l’on vit comme on pense et inversement, la pensée est un mode du vécu.
La pense objectivante a son utilité dans vie pratique mais ne convient pas du tout à la vie spirituelle : le silence, la conscience, l’esprit ne sont pas des objets cad des données extérieures à nous mais sont la subjectivité même
Nous sommes silence, conscience et esprit, nous n’avons pas besoin d’en avoir ou d’en faire l’expérience car nous sommes cette expérience et ceci avant et parallèlement à toutes les autres expériences, nous avons juste besoin d’y être sciemment et de s’affirmer fermement en tant que cette expérience que l’on est
Le soi n’est pas donné, il est ce qui donne.
Parler de lui en tant que donné qui se révèle à nous implique une passivité par laquelle nous sommes affecté par ce donné, on le reçoit d’abord puis on veut le garder
L’être n’est pas un donné qui repose immobile en lui-même comme dans la vision métaphysique traditionnelle. , ce qui revient à faire de l’être'' ce qui est'' une substance, une chose
Et je répète c’est le propre de la pensée de chosifier, de figer le réel ou l’esprit
Et qu’est ce qui n’est pas une chose ? C’est un acte, un devenir, un mouvement
La conscience est libre par ce qu’elle n'est rien (presque rien,, un je ne sais quoi ) vide, silence sans aucune détermination, toute détermination la limiterait
Elle est donc libre et comme elle n’est pas une chose et encore moins une chose vide, elle est un acte.
Une liberté qui ne serait pas active serait abstraite
La conscience, l’esprit est un acte qui à la fois se donne et se perd dans cette donation qu’est le monde. La création est ce don de soi, le don de Dieu.
Dieu se limite dans cette donation et disparait à lui-même d’une certaine façon au profit de l’apparition du monde qui est justement le donné. Le donné n’est donc pas directement lui-même mais une expression de lui-même,
En même temps si l’esprit se perd dans son expression, dans les formes qu’il se donne et nous donne,
il ne se perd jamais dans les actes même de ces donations
Il est toujours présent à lui-même tout en étant présent à ses formes, ses expressions.
Pour s’en rendre compte il suffit juste de cesser d’être hypnotisé par les objets, non pas en se détournant d’eux mais en les traversant
En ne s’arrêtant ni à ses perceptions internes (pensées et émotions) ni aux perceptions externes
Ces perceptions traduisent un désir.
Mais on se trompe en croyant désirer des objets, ce qu’on désire ce sont des émotions et ces émotions sont en nous-mêmes .c’est pourquoi on peut dire que le désir est toujours désir de soi, à travers les objets.
Il importe pour le soi d’être ce désir actif et de toujours désirer car cesser de désirer serait la mort, devenir immobile comme une chose
Mais il lui importe aussi de ne pas se tromper sur son désir cad ne pas s’arrêter sur ses formes et objets, ce qui est aussi une mort.
s’arrêter c’est aller contre sa nature et contre la vie
le sens de la création qui est don serait le désir et la volonté de Dieu de toujours se différencier de lui-même afin de ne pas s’enfermer en lui-même, dans une identité stable, immobile, figée en ‘’en soi ‘’ cad en chose.
Se différencier, c’est ne pas coïncider avec soi même.
Dieu ne coïncide pas avec lui-même c’est pourquoi il y a un monde,
Un exemple de cette non-coïncidence ou non égalité c’est dans le christianisme où Dieu qui se divise en père, fils et st esprit
Se différencier c’est se faire ‘’autre’’, vous, moi, le monde, toutes les créatures mais sans non plus se figer et s’arrêter dans des identités, en faire juste des lieux de passage, d’expression, d’individuation
La nature de dieu c’est d’être vie, devenir, mouvement, passage c’est là qu’il est vraiment lui-même. Les créatures, les choses, les identités ce sont du passé, Des représentations et traces de sa présence et de son passage
D’où vient l’arrêt du mouvement de la conscience sur les identités cad l’identification aux perceptions internes et externes ?
C’est à cause de la passivité de notre sensibilité qui est réceptivité à tout ce qui l’affecte extérieurement et extérieurement.
La sensibilité vit sans distance ce qui l’affecte d’où l’identification.
Nos pensées, nos émotions, nos perceptions on les vit passivement, on les reçoit, on les subit.
Cette sensibilité est une présence passive à ce qui vécu, passive car sans conscience.
C’est la conscience qui permet à la présence de s’apparaitre à elle-même
La conscience est acte et active et c’est elle qui permet de sortir de la passivité et donc de l’identification.
Elle permet de se détacher de l’objet en le traversant, en glissant sur lui
la pensée avec le langage s’empare des données sensibles pour en faire des objets reconnaissables mais tout cela s’effectue passivement par l’effets de l’habitude e de la mémoire, ce sont des processus automatiques de l’entendement
Il n’est rien de plus profond que le mot de Rimbaud : je est un autre,
Telle est la véritable nature de soi-même.
non pas être soi même comme une identité qui reposerait en elle-même mais être soi même en tant que toujours se différenciant de soi
, se faire autre afin d’être toujours dans un devenir- soi sans jamais cesser de le devenir,
On peut comprendre le ‘’devenir ce qu’on est ‘’de Nietzsche comme un advenir à soi, un naitre à soi même à chaque instant,
Aussitôt que l’on est, il faut mourir à soi afin de ne jamais se figer et de faire de soi une identité, fut elle ultime
C’est pourquoi le ‘’je suis ‘’n’est pas une identité mais la conscience elle-même en acte
C’est dans nos actions que l’on est vraiment soi-même et que l’on se retrouve et c’est aussi dans un rapport actif à soi que l’on se retrouve
Tel est le sens de la décision de soi
Ce rapport actif à soi c’est se découvrir en tant que l’expérience que l’on est
Et non pas en tant que donné d’expérience ou de connaissance que l’on reçoit toujours passivement et auquel on risque de s’attacher
Là on sort complètement de la relation à l’objet, au donné, autrement dit on sort complètement de la pensée.
, on est dans le pur ‘’je suis’’ avant toute pensée de je suis, auquel il est inutile de s’attacher, on ne s’attache qu’à des objets
Ce je suis’’ n’est un sujet identique lui-même mais un sujet identique à l’acte même de vivre, la vie, ce qui est , n’étant pas hors de lui
Cette vie consistant toujours ‘ créer des différences et pour le’’ je suis ‘’ à se faire toujours différent de lui-même car il est cette vie
Kant considérerait que l’homme dans ses connaissances et expériences ne pouvait prétendre à une connaissance et à une expérience de l’absolu
Car il est limité par son entendement qui, en quelque sorte, met ‘’en forme’’ la réalité extérieure tant au niveau de sa sensibilité par les formes de l’espace et du temps qu’au niveau de sa pensée qui par ses catégories lui présente des objets reconnaissables.
La réalité est donc filtrée et représentée dans son esprit
et il n’a plus d’accès à la réalité en tant que présentation directe, elle n’est plus que phénomène pour sa conscience
Telles sont les expériences que nous avons et faisons ordinairement et qui fait que le monde n’est plus le monde en lui-même mais notre monde
Pourtant il existe une expérience qui ne tombe pas dans la critique de Kant : c’est l’expérience et la connaissance que nous sommes
Ce n’est pas une connaissance de ceci ou cela mais l’expérience de la connaissance en tant que telle
Pour Kant le sujet de cette connaissance appelé sujet transcendantal était aussi inaccessible que la réalité extérieure ou chose en soi, il appartient au domaine non phénoménal cad nouménal
Mais inconnaissable signifie d’abord non connaissable comme un objet
Le seul moyen de s'en sortir c’est de renoncer à l’idée de réalité nouménale en tant que sujet absolu (l’être) ou objet absolu (monde en soi)
et de considérer qu’il n’y a pas de réalité nouménale cachée derrière les phénomènes que nous percevons et que la seule réalité nouménale et absolue est la connaissance en elle-même cad l’acte de connaissance, acte de connaissance ou tout autre acte
La seule réalité nouménale serait la phénoménalité en elle-même qui nous ouvre à tous les phénomènes, elle serait le champ de l'apparaitre où se produise toutes les apparitions, ce champ est un espace dynamique et actif
Le sujet absolu ou conscience ou être se confond à cet acte d’apparaitre et en tant qu’acte il est devenir
Connaitre sa nature réelle c’est se connaitre en tant qu’éclairage sur le monde cad en tant que connaissance, expérience, perception et non se connaitre en tant que chose éclairée, connue, expérimentée,
Être cet éclairage, cette lumière,
l’éveil est donc simplement être l’expérience que l’on est
dans laquelle, Il n’y a aucun rapport objectivant avec soi même
Ne pas s’appréhender comme une chose, c’est ne pas être pour soi même une expérience que l’on fait ou que l’on a car alors on fait de soi une extériorité, un donné
Mais au contraire être l’expérience que l’on est, cela signifie que l’on n’est pas ‘’devant soi ‘’
Ce qui est devant soi c’est toujours l’objet
On est partout : devant derrière au dessus ou en dessous cad nul part, non localisé
Si l’on fait de soi-même un objet de conscience, on va se concentrer sur lui et par là faire de soi un centre, cad un sujet
Il ne s’agit ni d’être concentré ni d’être centré, il s’agit de sortir de cette logique des points ou des pôles mais d’être espace, espace d’accueil, la conscience comme espace
Cet espace c’est d’abord l’espace entre les deux pôles (sujet et objet)
et cet espace c’est l’acte qui les relie : acte de présence, acte d’observation, acte de donation, acte de connaissance ou d’expérience. Quand on se situe dans un des pôles, cet espace, cet acte est séparateur
Mais quand on est dans cet espace, dans cet acte alors il relie et ne sépare plus.
On est dans l’observation pure où l’observateur est un avec l’observé
On est dans une autre logique, non plus celle des points mais celle de la ligne.
Ligne des actes, des devenirs, des espaces où on traverse les choses sans s’y arrêter. L’espace en lui-même est sans limite
Voilà ce qui signifie être l’expérience que l’on est,
Non pas faire ou avoir l’expérience de soi mais l’être
On est conscience pure
Et comme cette conscience n’est pas extérieure à nous, elle est nous-mêmes, notre soi véritable, un pur je suis
Amitiés
Joël |
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joaquim Administrateur
Inscrit le: 06 Août 2004 Messages: 394 Localisation: Suisse
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Posté le: Me 21 Juil 2010 15:33 Sujet du message: |
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Bonjour Joël,
| riseohms a écrit: | Quand on dit que notre nature réelle est ‘’déjà là ‘’, on l’appréhende comme un donné ( le ‘’déjà là )
Il me semble qu’il y a là un piège du langage qui peut fausser notre approche concrète de notre réalité
Un donné c’est une extériorité et c’est le propre de la pensée de s’extérioriser du vécu et de se positionner un donné de connaissance ou d’expérience cad un objet
On risque ainsi de faire de notre nature, du silence, de la conscience un donné à connaitre ou à expérimenter et donc de créer une nouvelle division entre soi et soi
L’être est ainsi abordé comme une chose ‘’en soi’’ |
Cette subtile distinction me semble tout-à-fait capitale. Si l’on affirme qu’il n’y a personne qui s’éveille, parce tout est parfait et éveillé depuis toujours, on se place, comme je l’ai dit dernièrement, du point de vue de la source. Cela ne saurait être, parce qu’aussitôt qu’on parle, on le fait toujours en tant que créature, jamais en tant qu’absolu. Mais plus subtilement, si l’on dit que le petit je s’efface pour laisser la place au grand Je, on chosifie, comme tu le dis, le grand Je, comme s’il était là en arrière-plan, attendant de pouvoir briller à travers cette conscience-je jusque là refermée sur elle-même. C’est dire les choses platement, comme si elles étaient posées quelque part, alors qu’elles sont vivantes, crées à chaque instant (tout au moins lorsqu’on se place du côté relatif — le seul qu'on est en droit d'adopter), et que ce qui les crée, c’est un acte, un geste, une décision. Le grand Je n’est pas simplement en arrière-plan, et apparaîtrait lorsque le petit je s’efface, il naît du geste d’effacement du petit je. Ce geste d’effacement, c’est aussi bien un geste d’amour, et j’aimerais ainsi prolonger la réflexion d’advaita, qui dit (ici) très joliment et justement que le petit je naît de l’amour. De la même manière, parce que le relatif et l’absolu sont Un, le grand Je naît d’un acte d’amour du petit je. Si le Christ ne ressuscite pas dans mon âme, vaine est sa résurrection.
On peut penser le relatif, et on peut penser l’absolu. Mais ces deux ordres logiques sont sans commune mesure. On ne peut pas passer par la pensée (et donc par le langage) de l’un à l’autre. La seule interface qui réunisse ces deux parties disjointes de l’être, c’est moi. Comme tu dis :
| riseohms a écrit: | La pense objectivante a son utilité dans vie pratique mais ne convient pas du tout à la vie spirituelle : le silence, la conscience, l’esprit ne sont pas des objets cad des données extérieures à nous mais sont la subjectivité même
Nous sommes silence, conscience et esprit, nous n’avons pas besoin d’en avoir ou d’en faire l’expérience car nous sommes cette expérience et ceci avant et parallèlement à toutes les autres expériences, nous avons juste besoin d’y être sciemment et de s’affirmer fermement en tant que cette expérience que l’on est |
C’est ma subjectivité même qui unit le relatif et l’absolu. Comme le disait dernièrement dodo-chan : «tout sa dans MOI et pa ailleur». Cette exclamation est un geste par lequel on prend conscience de sa propre subjectivité. Là où on se trompe en général, c’est qu’on considère que sa propre subjectivité, c’est le summum du relatif, alors que les jugements objectifs participeraient en quelque sorte de l’absolu. C’est le contraire qui est vrai. Les jugements sont par définition relatifs, parce qu’ils se rapportent toujours à quelque chose, il ne portent pas en eux-mêmes leur propre source, alors que la subjectivité, c’est ce en quoi tout apparaît, donc elle ne dépend de rien. Si on a bien souvent l'impression qu'elle dépend de tant de choses, c'est parce qu'on s'accroche à son contenu, plutôt qu'à ce qu'elle est.
L’Être est Un. C’est l’apparition d’une conscience consciente d’elle-même qui le scinde en deux : moi et non-moi. Et c’est cette conscience qui à son tour recrée l’unité, en réalisant que non-moi, c’est moi. Mais là, je l'ai redit platement... |
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riseohms Modérateur
Inscrit le: 30 Nov 2009 Messages: 348 Localisation: paris
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Posté le: Me 21 Juil 2010 21:27 Sujet du message: |
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Bonsoir Joachim
. | joaquim a écrit: | | C’est dire les choses platement, comme si elles étaient posées quelque part, alors qu’elles sont vivantes, crées à chaque instant |
C’est bien là toute la limite de la pensée, elle fige ce qui est vivant et met à plat ce qui a plusieurs dimensions
| joaquim a écrit: | | alors que la subjectivité, c’est ce en quoi tout apparaît, donc elle ne dépend de rien |
Et c’est pourquoi, elle est vraiment l’absolu
Merci pour tes commentaires toujours lumineux
amicalement
Joël |
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advaita
Inscrit le: 25 Mai 2010 Messages: 63
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Posté le: Je 22 Juil 2010 11:59 Sujet du message: |
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Bonjour risehoms, joaquim
Dans ton raisonnement risehoms j'ai l'impression qu'il y a quelques contradictions (mais c'est souvent inévitable avec ce genre de sujet )
mais tout ça est trés inspirant...
Peut être que le truc se serait : Notre nature réel est non-connaissance sur laquelle surgit la connaissance... Ne plus se perdre dans le connu, ne plus croire que c'est ce que l'on est, accueillir l'inconnu, reconnaitre (façon de parler)que là est ma demeure, mon état éternel. C'est un plongeon.... |
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riseohms Modérateur
Inscrit le: 30 Nov 2009 Messages: 348 Localisation: paris
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Posté le: Je 22 Juil 2010 19:55 Sujet du message: |
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Bonjour advaita
Tu sais ,dans mes raisonnements, je me considère en recherche et par conséquent je n’ai aucune certitude.
critiques et objections sont donc les bienvenues car elles peuvent me permettre de préciser, de développer et d’avancer
Aussi j’aurais aimé que tu précises les contradictions que tu as relevé mais sans doute elles ont un rapport à ce que tu écris :
| advaita a écrit: | | Notre nature réelle est non-connaissance sur laquelle surgit la connaissance... Ne plus se perdre dans le connu, ne plus croire que c'est ce que l'on est, accueillir l'inconnu, reconnaitre (façon de parler) que là est ma demeure, mon état éternel. C'est un plongeon |
Je suis bien entendu tout à fait d’accord
Cette phrase a le mérite d’indiquer une direction, sa fonction est essentiellement pratique comme beaucoup de formulations spirituelles
Et c’est déjà beaucoup
Mais personnellement, j’ai envie de comprendre, j’ai besoin d’explications, un besoin typiquement occidental, c'est vrai et là on est sur le terrain philosophique que j'aime bien
Qu’entend-t on par non connaissance et inconnu ?
Certainement pas ce que l’on ne connait pas encore
mais ce qui est inconnaissable
cad comme tu l’écris ‘’notre nature réelle de laquelle surgit la connaissance’’
On est d’accord mais une telle formulation ne me suffit pas parce qu’elle se situe uniquement du point de vue relatif cad de l’objet ou comme dirait Joaquim du ‘’ petit je ‘’
Ce que tu appelles ici connaissance, c’est le connu, les connaissances
Et l’inconnaissable la source de cette connaissance, celui qui connait, en lui-même inconnaissable parce que non objet
Il y a donc un sujet connaissant et un objet connu
Mais on oublie ici le troisième élément de la relation, celui qui relie le sujet connaissant et ce qui est connu
À savoir la connaissance elle-même, l’acte de connaitre.cet acte est dans le présent de la perception et de la connaissance, c’est la connaissance vivante
Qu’appelle t on sujet connaissant ?
Une conscience statique et immobile (l’être) qui emmagasinerait passivement les connaissances, dans la mémoire.
Ce sujet pur serait un contenant, une boite, qui reçoit passivement des données et est en elle-même vide, inconnue, inconnaissable ?
vidons le contenu, le connu en se désidentifiant du contenu cad du moi empirique et plongeons dans le vide de cette conscience inconnue
Mais en réalité les choses ne se passent pas ainsi :
Dans le moi empirique, l’individu incarné, la conscience n’est pas que passive, elle reçoit bien par les sens des impressions du monde mais les met aussitôt en formes en fonction des structures de son esprit et du langage afin de se représenter le monde, de répondre à ses sollicitations et d’agir sur lui
La conscience n’est pas simplement immobile, reposant en elle-même mais est surtout active et c’est pourquoi il y a un monde.
Un monde perçu (pôle objet) qui fait face à une conscience incarnée et individuelle, le moi empirique (pôle sujet percevant)
Lorsque qu’on s’identifie à ce moi empirique qui est essentiellement mémoire, on se sent séparé du monde parce que l’on vit uniquement dans un monde de représentations.
On est dans la mémoire du monde réel et présent dont on rate le passage ou la présentation parce que l’on vit dans le passé, fut il immédiat et c’est une question de millième de secondes.
Comme je le disais dans mon post précédant, c’est dans la nature de la sensibilité de provoquer l’identification de la conscience aux impressions des sens, ( en s’incarnant la conscience prend le risque de s’oublier, çà fait partie du jeu, à elle de retrouver sa subtilité naturelle qui lui permet d’être plus rapide que ses pensées afin de les percevoir , en réalité la conscience n'est pas immobile, en tant qu'acte, sa vitesse est absolue, c'est pourquoi elle peut percevoir toutes les vitesses relatives de ses productions)
En s’identifiant à ce que le monde nous présente, on arrête le monde vivant (arrêt sur image) et on s’arrête de vivre aussi, on pense et rêve sa vie au lieu de la vivre
On a pris une photo du réel vivant, un échantillon et on s’en contente mais la reproduction n’est pas la production immédiate, l’enregistrement du concert n’est pas le concert, la copie n’est pas l’original.
Telle est la vie du moi empirique lorsqu’il s’est coupé de sa vie réelle qui est présentation immédiate pour ne vivre que dans un monde représenté (le connu, trace du passage du vivant. monde répété, double du monde premier, monde second, secondaire, règne du chiffre deux, sans l’un
Lorsque ce moi a oublié de vivre dans le présent qui est comme tu l’écris : sa demeure, son état éternel et où réside sa nature réelle
Nature qui transcende et les objets perçus et la mémoire de ces objets, les pensées et les émotions qui les accompagnent
Et où est-elle cette nature réelle ?
Dans l’espace entre le sujet empirique et l’objet cad dans l’acte qui les relie à savoir l’acte de connaissance
Cet acte, la connaissance en elle-même est non pas pôle sujet mais sujet absolu, non relatif à un pôle objet ou subjectivité pure,
La connaissance est ce qui éclaire le monde
.n’est ce pas la conscience ?
Notre nature réelle est cette connaissance et conscience
Tel est l’inconnaissable, cad ce qui connait et qui par conséquent ne peut être connu, dans la mesure où ce qu’on entend par connu c’est l’objet cad le fruit de la connaissance
Mais il y a deux types de connaissance :
.la connaissance ordinaire et courante, celle qui se représente les choses, connaissance médiatisée par ou des images ou des concepts, imagination et raisonnements .
,c'est la connaissance du sujet empirique
Et la connaissance directe, non médiatisée par les concepts , les images, la mémoire et le langage
et qui est intuitive.
c’est la connaissance du sujet réel ou transcendantal
Celle-ci nous donne un accès direct à la chose perçue mais aussi à la totalité qui l’englobe et surtout à l’acte même de la connaissance cad à soi même.
C’est une connaissance qui nous présente le monde au lieu de simplement nous le représenter et en même temps c’est une connaissance présente à elle même,
C’est une présence au monde qui est aussi présence à soi
La première connaissance est une connaissance incomplète, purement intellectuelle et émotionnellement réactive, c’est une connaissance qui oppose les pôles, dualiste, séparée
C’est la connaissance qui est utile au monde et à la société. Celle-ci se garde bien de nous y maintenir, de nous faire croire que l’on est qu’un chainon dans la ‘’machine '' et d’entretenir cette illusion pour des raisons économiques et de pouvoir.
il suffit de regarder l’état du monde actuel pour en mesurer le danger
La deuxième connaissance est complète, là on est à la fois sujet connaissant, monde connu et acte de connaissance.
C’est l’unité et le sujet individuel se sent un avec le monde. à la fois parfaitement incarné et dans son état naturel et éternel
Le moi empirique est relié à son moi pur et ne sont plus qu’un seul moi
Dans cette unité ,parce l’on se sait connaissance qui englobe et notre individualité et le monde, on n’est plus un simple chainon mais on est la machine elle-même, le tout.
notre individualité peut commencer à être active et révolutionnaire dans le sens d’aider à inverser le mouvement de la roue dans un sens non plus destructeur et séparé mais dans un sens créateur, dans le sens de l’unité au service de la vie
Amitiés
Joël
Dernière édition par riseohms le Je 22 Juil 2010 20:26; édité 1 fois |
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octave
Inscrit le: 15 Juin 2007 Messages: 64 Localisation: centre
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Posté le: Je 22 Juil 2010 20:15 Sujet du message: |
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Bonjour à tous,
Risehoms à écrit | Citation: | Dans l’approche active, on saute directement au ciel dans la non dualité sans s’occuper des nuages, on est immédiatement le soleil et les nuages qui sont en dessous de nous ne nous dérangent pas. La séparation étant illusoire s’occuper des prétendus obstacles à l’éveil renforce l’illusion
Là on affirme immédiatement le réel, le soi
On ne se prend plus pour le petit je, on l’oublie et on s’affirme d’emblée en tant que grand je
On ne prend pas conscience du soi, on est le soi –on ne s’éveille pas à lui, on s’éveille simplement, on se redresse, le soi n’est pas vu, il se révèle comme vision, pur voir, et une telle vision élimine toute séparation |
merci pour ce beau texte risehoms et aussi pour les commentaires de joaquim qui lui font suite. Mais si je relève plus précisément ce paragraphe, c'est parce qu'il me fait particulièrement "tilt" dans le sens où si le geste est facile il est encore plus facile de l'oublier pour en se laissant invalider, en croyant qu'on se trompe, ou que c'est trop facile. On retombe très vite dans les nuages qui étaient en dessous de nous.
Dès qu'on cherche à s'expliquer, il est ensuite très simple pour quelqu'un de "mauvaise foi" de te faire parler au sujet de ce que tu vis pour t'accuser d'intellectualisme et détourner la valeur ainsi que le contenu de ton vécu.
Quand je parle de "mauvaise foi", c'est vraiment dans le sens premier qu'il faut le prendre. La mauvaise foi ce n'est pas quelqu'un qui triche ou qui a de mauvaises intentions, c'est plus simplement quelqu'un qui pense quelque chose qui te fait croire ou penser que c'est toi qui tu es dans l'erreur, sur le mauvais chemin.
Si tu fais plus confiance à cette personne qu'à ton vécu et au silence qui l'accompagne, il est normal et obligatoire, que tu retombes dans le petit moi, qui cherche à se défendre, à comprendre, à vérifier etc, bref à faire son travail de petit moi. Patatrac, la vision se referme et la recherche ainsi que les interrogations recommencent.
D'où l'iportance de cette reconnaissance affirmative que risehomes souligne ainsi: | Citation: | | La séparation étant illusoire s’occuper des prétendus obstacles à l’éveil renforce l’illusion | C'est bien ce que je viens de tenter d'illustrer.
Puis il continue ainsi | Citation: | | Là on affirme immédiatement le réel, le soi.On ne se prend plus pour le petit je, on l’oublie et on s’affirme d’emblée en tant que grand je | Ce qui correspond bien au geste d'affirmation qui pour moi est davantage une reconnaissance affirmative. On voit, on sait que c'est comme ça. C'est du silence qui sait, contrairement au bruit assourdissant de l'ego qui cherche à savoir ou à affirmer.
Sincères amitiés à tous. |
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joaquim Administrateur
Inscrit le: 06 Août 2004 Messages: 394 Localisation: Suisse
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Posté le: Je 22 Juil 2010 22:01 Sujet du message: |
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Bonjour advaita,
| advaita a écrit: | Dans ton raisonnement risehoms j'ai l'impression qu'il y a quelques contradictions (mais c'est souvent inévitable avec ce genre de sujet ) |
Ah bon? Pourrais-tu préciser ?
| advaita a écrit: | | Peut être que le truc se serait : Notre nature réel est non-connaissance sur laquelle surgit la connaissance... Ne plus se perdre dans le connu, ne plus croire que c'est ce que l'on est, accueillir l'inconnu, reconnaitre (façon de parler)que là est ma demeure, mon état éternel. C'est un plongeon.... |
C’est intéressant que tu présentes cette réflexion en réponse à celles de Joël. Parce qu’elles me semblent toutes les deux justes, simplement elles ne parlent pas de la même chose. Ou plutôt, elles parlent bien de la même chose, mais avec un autre vocabulaire et une autre démarche (en fait, je me rends compte que c’est précisément ce que tu dis... ). Mais j’en profite pour préciser la différence que je perçois entre les deux démarches.
Joël fait travail de philosophe. Il ne dit pas des choses qu’il pense, je veux dire il ne révèle pas le contenu d’une pensée préformée, il essaie de faire accoucher la pensée, de la saisir dans son émergence. C’est une exploration. De ton côté, tu cherches plutôt, me semble-t-il, à traduire un ressenti à travers des mots. Les pensées sont au service de ton ressenti. Alors que Joël est au service de la pensée. Je ne veux pas prétendre que l’un soit mieux que l’autre. Ce sont simplement des démarches différentes. Mais on comprendra qu’elles utilisent certains mots de manière différente. Je pense à connaissance en particulier. Pour Joël, en explorateur de la pensée qu’il est, la connaissance, c’est le geste d’éclairer ce qui était dans l’ombre. Pour toi (excuse-moi de prétendre savoir ce qui se passe en toi, je ne fais en fait que dire ce qu’il me semble), la connaissance est quelque chose qui s’est construit, une sorte de décantation de ton ressenti, sous forme de mots et de pensées. Vu ainsi, on comprend parfaitement que cette connaissance-là, toute vraie et fidèle qu’elles soit au ressenti qui l’a fait naître, devient aussitôt qu’elle est produite un obstacle qui te barre ta vraie nature, parce que comme tu dis, notre nature ne se laisse jamais enfermer dans une connaissance quelle qu’elle soit. Et là, je crois que vous vous rejoigez tout-à-fait, Joël et toi, puisque c’est précisément ce qu’il prétend lui aussi : «Connaitre sa nature réelle c’est se connaitre en tant qu’éclairage sur le monde cad en tant que connaissance, expérience, perception et non se connaitre en tant que chose éclairée, connue, expérimentée. Être cet éclairage, cette lumière.» Pour Joël, l'acte de connaître, c'est un plongeon à la rencontre des choses et des pensées, et pour toi, le plongeon, c'est de renoncer à tout ce qui est connu. Les deux sont vrais, à mon avis, parce que l'essentiel, c'est le plongeon. Plonger hors de ce qu'on prend pour soi, afin de découvrir que Je est un Autre. |
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