Regards sur l'éveil
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Jean-Yves
Inscrit le: 11 Oct 2007 Messages: 295 Localisation: Var
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Posté le: Me 06 Août 2025 10:22 Sujet du message: Libération, éveil, méditation... |
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Bonjour à tous, toutes,
J'exprime dans ce post ce que je ressens ou vis, en relation avec différentes notions qui ont été évoquées sur le forum. Je n'ai pas ressenti de répondre en direct, donc voici un petit cumulé .
N'hésitez pas à commenter si vous en avez envie...
Ce qui caractérise les éveillés, c'est qu'ils sont dans le courant. Il n'y a donc pas en eux l'idée de libérer quelqu'un ou même de dire ou de faire quoi que ce soit. Pour eux il n'y a pas l'idée que quelqu'un doive être libéré. Bien sûr, il y a en eux une mise en mouvement, mais celle-ci est le mouvement de l'intelligence du Vivant, de la force de Vie, pour faire ceci ou cela.
Pour eux ce n'est pas une individualité qui tient les rênes de leurs vies, car celles-ci sont remises à cette intelligence du Vivant. Ceci, car l'illusion d'être une personne séparée s'est dissoute à travers ce "Oui" (à ce plan suprême de soi) qui est une sorte de lâcher prise de l'individualité.
Ce qui commande leurs vies, c'est le plan le plus subtil d'eux-mêmes, qui se situe au-delà, ou plutôt en deçà, des structures d'enfermement de l'individualité.
Lorsqu'un être réalisé se met en mouvement pour faire ceci ou cela, c'est la force de Vie agissante à travers lui qui le fait. C'est ce qu'on appelle : le "non-agir"!" Il n'y a donc "personne" (pas une individualité) qui va venir nous aider à nous libérer, et ceci même si les apparences semblent parfois montrer le contraire.
Il n'y a en eux aucune apparence extérieure qui pourrait permettre de les reconnaître. Ils peuvent tout aussi bien être en costume cravate ou habillés comme des clochards. Ceci selon la nécessité de l'instant, en fonction de ce qu'ils ont à faire dans leurs vies. Souvent, l'apparence qu'ils vont donner aura comme effet de déstabiliser notre structure individuelle qui porte un jugement ; ou, en d'autres termes, si on les imagine en costume cravate, ils peuvent se montrer dans une tenue négligée... et inversement.
Tendance à juger et libération:
Tant que l'on reste soi-même enfermé dans la structure qui juge ceci ou cela, on se maintient à l'intérieur de nos propres limitations. Il n'y a que la reconnaissance sincère de ce qui constitue notre limitation qui peut permettre que celle-ci soit dépassée, libérée. Ou, en d'autres termes, la lucidité qui permet de voir que l'on ne possède pas, dans une perception individuelle, la possibilité (capacité) de juger qui que ce soit. Tant qu'il y a "jugement", on reste identifié à "celui" qui juge. Si on peut reconnaître que ce niveau de soi est limité et donc dans l'incapacité de savoir, on ouvre alors à une vision plus vaste et beaucoup plus intuitive. Une vision qui ne juge pas.
Reconnaître la structure en soi ? :
Mais il sera sans doute difficile pour beaucoup de reconnaître cette structure qui se pose en juge... Car la reconnaître semble nous faire perdre en un instant tout ce qu'il peut y avoir de stabilité en soi. Ça peut faire peur, car à travers cette reconnaissance, c'est un peu le vide qui s'ouvre sous les pieds. Et si l'on se considère comme "avancé" sur le plan spirituel, c'est toute l'idée du "je" qui a l'air, en un instant, de s'effondrer.
Et on peut alors ressentir tout ceci comme un recul dans notre cheminement spirituel. Mais fondamentalement, il n'y a rien qui recule, et rien qui avance non plus, car alors nous pouvons nous reconnaître nous-mêmes comme étant cette conscience insondable, illimitée…
Mais il y a malgré tout ce passage inconfortable, qui est comme une sorte de sursaut du besoin d'authenticité en soi. Inconfortable sans doute, sur le moment, mais essentiel, sinon on reste enfermé dans la structure.
Différents cheminements ?
Mais pour certains, le cheminement spirituel ne se trouve pas ici, ou en cela, ou bien cet aspect des choses ne constitue qu'un fragment de la possible libération intérieure. Pour certains, cela passe par le fait d'accepter de "se poser", et d'amener ainsi, une cessation des habitudes d'activités qui sont souvent une sorte de fuite du ressenti d'un malaise intérieur.
Il peut y avoir, dans ces cas-là, une sorte de besoin de résilience progressive. Cela peut sembler "petit" d'un certain point de vue, mais il vaut mieux un "petit pas" réel, que l'illusion d'un pas de géant.
L'intensité de la souffrance intérieure en tant que critère d'éveil ?
Cependant, il est intéressant de noter que tout en ressentant une très grande intensité de souffrance, il tout à fait possible que nous soyons juste en bordure d'une possible libération intérieure. On ne devrait pas considérer que cette intensité de souffrance soit le signe d'une conscience éloignée de la libération intérieure.
Car cette intensité de souffrance ne provient que de l'identification que l'on entretient vis-à-vis de notre individualité.
Se poser ?
Cette nécessité de "se poser" est essentielle car c'est à travers elle que s'ouvre la possibilité de reconnexion avec le Soi. Car c'est justement, cette conscience fondamentalement libre qui nous libère, c'est Elle qui nous montre ce que sont les choses, qui nous montre que ce que nous sommes, même sur le plan le plus limité, ce n'est rien d'autre qu'Elle-même.
Ainsi, "se poser", c'est un peu se donner l'opportunité de cette reconnexion. C'est un peu "s'offrir à...", c'est un peu "déposer nos limites sur...".
Rien de compliqué en cela, s'assoir, éventuellement fermer les yeux, et laisser être ce qui est là en soi... L'inspire et l'expire, les pensées qui vont et qui viennent, les émotions qui s'élèvent...
J'ai l'intuition que cette pratique de "méditation" que l'on peut appeler "non-méditation" (car on ne fait rien en fait) deviendra sûrement universellement reconnue et pratiquée, et ceci indépendamment des cultures et conditionnement que l'on peut avoir, car qu'y a-t-il de plus naturel que de se poser et de "se reposer"! Il s'avère qu'elle est à la fois extrêmement simple et très très puissante.
Le moment où l'on s'éveille ?
Pour ce qui est du choix du moment où l'on "s'éveille", ce n'est pas la conscience individuelle qui le détermine.
Sur un arbre, certains fruits mûrs peuvent tomber même si l'arbre n'a pas été secoué.
Ainsi, certains connaissent l'éveil sans même l'avoir cherché.
D'autres fruits mûrs tombent quand on secoue l'arbre. Mais d'autres, encore verts, ne tombent pas même si on secoue l'arbre avec virulence. Pour eux il faudra le temps de maturation…
Combien de temps ? Aucune idée ! Mais il s'avère que dès le moment où s'anime en soi le désir de libération, c'est déjà une porte qui s'ouvre. Et dès l'instant où l'on met soi-même en mouvement avec sincérité pour ouvrir en soi, on ouvre une autre porte...
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Reality66
Inscrit le: 27 Avr 2024 Messages: 332 Localisation: Languedoc-Roussillon
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Posté le: Je 07 Août 2025 12:06 Sujet du message: |
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Bonjour Jean-Yves
Merci d'avoir pris le temps de faire une synthèse de ta perception des choses entre méditation et libération.
Je ne dissocie pas vraiment le fait de juger de la souffrance, d'abord parce qu'elle en est une à travers la difficulté à reconnaître l'autre ou soi-même dans son intégrité, son essence. Selon cette "idée", quelle fonction sédative pourrait avoir le fait de juger ?
Je soulève cette question pour éviter de tomber dans le piège du jugement sur celui qui jugerait et ainsi lui suggérer, maladroitement en quelque sorte, d'arrêter de souffrir lui-même à travers son jugement qui vient comme symptôme de sa souffrance.
Pour la partie méditer naturellement sans méthode comme attitude de repos de régénération de prise de distance d'avec certains objets comme le jugement la souffrance l'identification, je dirais qu'il manque bien souvent à cette attitude innée du temps un espace une distance soi/autrui... bref des choix de vie qui s'opposent souvent au bonheur de la simplicité.
En somme j'ai mis l'accent sur des mécanismes de résistance et dont l'éveil suggère un autre vécu de soi. _________________ S'il suffisait de croiser les jambes pour atteindre l'illumination toutes les grenouilles seraient Bouddha. ( Taisen Deshimaru )
Dernière édition par Reality66 le Je 07 Août 2025 17:38; édité 1 fois |
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Jean-Yves
Inscrit le: 11 Oct 2007 Messages: 295 Localisation: Var
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Posté le: Je 07 Août 2025 15:38 Sujet du message: |
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Reality66 a écrit: | Bonjour Jean-Yves
Merci d'avoir pris le temps de faire une synthèse de ta perception des choses entre méditation et libération.
Je ne dissocie pas vraiment le fait de juger de la souffrance, d'abord parce qu'elle en est une à travers la difficulté à reconnaître l'autre ou soi-même dans son intégrité, son essence. Selon cette "idée", qu'elle fonction sédative pourrait avoir le fait de juger ?
Je soulève cette question pour éviter de tomber dans le piège du jugement sur celui qui jugerait et ainsi lui suggérer, maladroitement en quelque sorte, d'arrêter de souffrir lui-même à travers son jugement qui vient comme symptôme de sa souffrance.
Pour la partie méditer naturellement sans méthode comme attitude de repos de régénération de prise de distance d'avec certains objets comme le jugement la souffrance l'identification, je dirais qu'il manque bien souvent à cette attitude innée du temps un espace une distance soi/autrui... bref des choix de vie qui s'opposent souvent au bonheur de la simplicité.
En somme j'ai mis l'accent sur des mécanismes de résistance et dont l'éveil suggère un autre vécu de soi. |
Bonjour Reality et merci pour ta réponse,
Oui, effectivement le jugement (la critique) que l'on porte sur l'autre apparait comme une forme d'expression de la souffrance qui permet de fuir, d'éluder, ce qui a mal en soi. Oui, je pense que cela a un effet sédatif.
Il ne s'agit pas, à travers mon expression, de juger celui qui juge.
Mais j'avance plutôt avec une invitation, à une sorte de... retournement du regard.
C'est toujours la question que je me pose avant d'exprimer quoi que ce soit : "est-ce que tu dis ça pour prouver quelque chose ? Est-ce que tu parles pour convaincre ? Ou bien ton expression s'élève en toi en toute liberté ?"
Ou, en d'autres termes : "est-ce que ton expression s'élève dans la paix et la joie ? (ce qui témoigne d'une action libre) ou bien dis-tu ça parce que tu considères que l'autre devrait être différent (plus tolérant par exemple) ?"
C'est cela la différence, à mon sens, entre "action" et "réaction". Il peut y avoir des "envies d'action" qui s'écoulent naturellement de soi, et même si elles semblent être un "jugement", ce n'est pas forcément le cas.
Après, bien sûr, à chacun de voir en lui-même, s'il est "aligné" ou pas... s'il parle à partir du mental (qui revendique... qui croit qu'il a raison, qui veut prouver que…) ou bien à partir d'un niveau de lui-même qui n'attend rien. (Oui je crois le terme "être aligné" est couramment utilisé à notre époque pour désigner la cohésion avec l'aspiration de notre cœur).
Je comprends ce que tu veux dire "inviter à voir que ce jugement est peut-être un appel, une manifestation d’une souffrance intérieure. Et qu’en le voyant ainsi, il serait possible d’en sortir", toutefois, il m'apparait que la tendance à critiquer, à se poser en juge, est en elle-même une mécanique d'enfermement (comme une spirale sans fin) qui génère de la négativité en soi...
Oui, pour la pratique du silence (qui est davantage une "non-pratique"), c'est évident qu'il est important qu'il y ait une intention au départ, ne serait-ce que juste "pour s'assoir". Pour ce qui est du temps, nous l'avons tous, je pense, c'est juste une question de choix...
De même, c'est juste une question de choix de suivre ou non dans l'expression ce plan de soi qui sans cesse se pose en critique et en juge...
Ce que je veux dire en cela, c'est que ce plan de soi qui a envie de critiquer, on peut choisir de le suivre et de se mettre à critiquer, ou bien se placer dans l'accueil de ce qu'il est, et en faire ainsi une occasion "de travail sur soi" (c'est-à-dire d'approfondissement de soi).
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