Regards sur l'éveil
Café philosophique, littéraire et scientifique
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daniel
Inscrit le: 15 Fév 2006 Messages: 11378 Localisation: belgique
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Posté le: Je 16 Oct 2025 14:38 Sujet du message: De la conscience biologique |
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Bonjour tout le onde
Voici les conditions suffisantes pour la conscience
Points forts
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La neuroimagerie relie l’activité corticale, sous-corticale et cérébelleuse à la conscience.
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L’altération de l’activité corticale, sous-corticale et cérébelleuse peut affecter l’expérience subjective.
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Seule une altération de l’activité sous-corticale peut abolir et induire la conscience.
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Les humains congénitalement décortiqués (ayant perdu leur cortex) présentent des signes comportementaux de conscience.
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Des mammifères adultes décortiqués (ayant perdu leur cortex) expérimentalement présentent des signes de conscience.
J'ai fait court  |
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Alain V
Inscrit le: 24 Fév 2007 Messages: 7223
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Posté le: Je 16 Oct 2025 20:25 Sujet du message: |
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C' est ce que disent les neuro sciences.
Pat rapport à la notion de " liberté " la branche la plus dure et radicale des neuro sciences estime que nous ne sommes pas libres ( la liberté est une illusion ).
Les conditionnements et determinismes nous imposent une dictature.
La génétique aussi.
Chez les neuro scientifiques un peu plus " cools " ils ont une théorie qui parle de compatibilité.
C' est à dire que le cerveau décide certes avant " moi " ... mais ce qu' il décide est tout à fait compatible avec ce que " je " décide.
Mais tout ça n' est pas très clair encore.
Pour Henri Laborit, c' était un devoir impérieux que d' apprendre aux humainsqu' ils ne sont pas libres.
Tout d'abord je n' ai pas voulu reconnaître notre absence de liberté.
Ensuite j' en suis arrivé à l' idée que nous étions partiellement libres.
Puis je me suis dit que ce ne peut être que l' altérité qui nous libère. _________________ " Le réel c' est quand on se cogne " Lacan
" la guerre, ce sont des hommes qui ne se connaissent pas et qui se massacrent au profit d'hommes qui se connaissent et ne se massacrent pas ".
Paul Valery |
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joaquim Administrateur
Inscrit le: 06 Août 2004 Messages: 7149 Localisation: Suisse
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Posté le: Je 16 Oct 2025 21:33 Sujet du message: |
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| Alain V a écrit: | Tout d'abord je n' ai pas voulu reconnaître notre absence de liberté.
Ensuite j' en suis arrivé à l' idée que nous étions partiellement libres.
Puis je me suis dit que ce ne peut être que l' altérité qui nous libère. |
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Philophile
Inscrit le: 07 Avr 2020 Messages: 346
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Posté le: Di 19 Oct 2025 8:56 Sujet du message: |
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Pourquoi faudrait-il répondre à cela ?
Et pourtant, cela suscite réponse et réponse par logique se destine à l'émetteur qui la suscite.
Qu'en est-il du fait de prendre la liberté de déclamer que les humains ne seraient pas libres ?
Nulle difficulté... le déclarant ne peut s'extraire de sa prison, il ne voit pas, il est limité ans son observation.
L'altruisme pour lui doit, ne se peut que — selon la vision qui lui a été inculquée — être l'ouverture vers ses semblables, là où l'altruisme est l'ouverture vers la Totalité dont se soustrait la conscience altruiste.
Henri Laborit n'a pas conscience de sa liberté... et tout ce qui n'est pas en conscience... n'existe pas. _________________ Il est des mots qui blessent...
Il est des mots qui guérissent... |
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Philophile
Inscrit le: 07 Avr 2020 Messages: 346
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Alain V
Inscrit le: 24 Fév 2007 Messages: 7223
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Posté le: Me 22 Oct 2025 9:31 Sujet du message: |
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C' est très juste, à mon sens, ce qu' il dit.
Je vais essayer de prendre le temps de visualiser la vidéo complète.
C' est clair : l' hyper réel est entrain de gommer le réel.
On peut s' interroger sur les motivations psychologiques de cet hyper réel.
Et en réalité, il me semble qu' il y a celle ci : si le réel nous rebute - qu'elles que soient les raisons de ce rejet - on va FUIR. Et cette fuite peut se faire aussi dans la création d' un monde parallèle, ou la technologie viendrait nous sauver. _________________ " Le réel c' est quand on se cogne " Lacan
" la guerre, ce sont des hommes qui ne se connaissent pas et qui se massacrent au profit d'hommes qui se connaissent et ne se massacrent pas ".
Paul Valery |
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Philophile
Inscrit le: 07 Avr 2020 Messages: 346
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Posté le: Sa 25 Oct 2025 9:41 Sujet du message: |
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Bizarrement, lorsqu'il exprime que "la méthode scientifique trompe le scientifique", que cette méthode ne fonctionne pas, se fait une vision.
Il y a une clôture qui s'étend à l'infini de part et d'autre d'un passage.
Sur le côté de ce passage il y a un entassement, et de cet entassement dépasse un goulot de bouteille opaque. Il se pourrait être transparent, mais il est opaque. L'entassement n'est pas clair, il n'y a pas de vision nette sur cet entassement. Il peut y avoir n'importe quoi.
Dans l'incertitude de ce que signifie cette vision, il semble cependant qu'elle révèle ceci:
"Pour vous il n'y a qu'un passage, et au passage vous ne voyez que ce qui est prépondérant pour vous, n'emportant ainsi au passage que ce qui vous paraît important, mais cette importance vient de vous. Cela est un goulot d'étranglement et il n'y a nulle considération de ce qui à vos yeux n'aurait nulle importance et que vous laissez de côté. Ce goulot ainsi vous place dans une opacité".
Attention que ceci ne s'adresse pas au lecteur actuel de cette rédaction
Ce qui est exprimé ici est le fait qu'il y aurait une prédétermination dans l'observation scientifique qui l'oblige à n'emprunter qu'un passage sans ouvrir la clôture, et que cette prédétermination le mettrait en état de cécité.
Ainsi un scientifique imagine qu'il n'y a pas de liberté dans le fait même qu'il trace lui-même le corridor sans fenêtre transparente.
A noter qu'il se pourrait que moi-même, dans la description de cette vision, pourrait très bien me voir être victime dudit phénomène
Le refus d'un prédéterminisme... pourrait se révéler être un prédéterminisme. _________________ Il est des mots qui blessent...
Il est des mots qui guérissent... |
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Alain V
Inscrit le: 24 Fév 2007 Messages: 7223
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Posté le: Sa 25 Oct 2025 10:11 Sujet du message: |
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Oui.
Ce goulot d' étranglement n' est ce pas la représentation des choses ?
Et cette représentation des choses n' est elle pas la conséquence de notre vécu ?
En fait ne va t' on pas chercher en priorité ce qu' on espère trouver ?
L' eveil est censé transcender ce schéma.
Mais je ne vois pas bien encore comment ça marche.
En attendant j ESSAYE d' avoir les idées LARGES ... _________________ " Le réel c' est quand on se cogne " Lacan
" la guerre, ce sont des hommes qui ne se connaissent pas et qui se massacrent au profit d'hommes qui se connaissent et ne se massacrent pas ".
Paul Valery |
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daniel
Inscrit le: 15 Fév 2006 Messages: 11378 Localisation: belgique
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Posté le: Ve 24 Juil 2026 18:59 Sujet du message: |
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Bonjour tout le monde
Des nouvelles, par rapport, au fonctionnement conscient
Comment le réglage des ondes cérébrales maintient la conscience.
Résumé : Une nouvelle étude a révélé un phénomène physique appelé « réglage informationnel » : alors que le volume absolu de transfert d'informations brutes est étonnamment plus élevé sous anesthésie, le cerveau éveillé canalise sélectivement l'information avec une grande précision directionnelle le long de l'axe de propagation des ondes progressives.
Cette optimisation spatiale de la transmission de l'information assure une communication corticale fiable à l'état de veille, tandis que l'anesthésie perturbe ce réglage, noyant le cerveau dans un flux de signaux non structuré et bruyant.
Faits clés
Réglage directionnel sélectif : l’information dans le cortex cérébral circule sélectivement le long de la direction de propagation physique des ondes progressives, une propriété appelée « réglage informationnel ».
Précision plutôt que volume : le cerveau éveillé privilégie la fiabilité du signal et la précision directionnelle au détriment du volume de données brutes. À l’inverse, le cerveau anesthésié présente une entropie de transfert globale plus élevée, mais manque d’organisation directionnelle.
Présence des ondes vs. flux d'information : la présence physique d'ondes progressives se propageant ne garantit pas à elle seule un transfert d'information structuré ; un alignement précis entre la direction des ondes et l'entropie de transfert est nécessaire pour un traitement conscient.
Mécanisme de la perte de conscience anesthésique : L’anesthésie aplatit la courbe de réglage informationnel, remplaçant la communication corticale nette et vectoriellement alignée par une propagation de signal bruyante et isotrope.
Mesure quantitative de la conscience : la combinaison de la mécanique des ondes biologiques et de l’entropie de transfert fournit un référentiel mathématique pour évaluer l’efficacité de la communication corticale à travers différents états de conscience.
Source : Université de Kyoto
Comment et pourquoi nous faisons l'expérience de la conscience est une question qui a longtemps intrigué philosophes et scientifiques. Nous savons désormais que, à l'état de veille, notre cerveau organise l'information neuronale pour la perception, mais que cette organisation disparaît complètement sous anesthésie.
Les raisons de ce phénomène restent un mystère de longue date en neurosciences, car de simples modifications des niveaux d'activité de régions cérébrales spécifiques ne parviennent pas à expliquer cette disparition de la conscience.
Plusieurs théories ont émis l'hypothèse que la perception consciente repose sur deux piliers fondamentaux : la capacité du cerveau à encoder les caractéristiques externes et sa capacité à transmettre l'information entre différentes régions corticales. Si la première est bien étayée, la preuve physique directe de la seconde restait jusqu'alors difficile à obtenir. Une équipe de chercheurs de l'université de Kyoto s'est attelée à combler cette lacune cruciale entre les signaux neuronaux et la dynamique de l'information.
L'équipe a mis au point des dispositifs d'électrocorticographie ( ECoG ) haute densité couvrant la majeure partie du cortex cérébral de l'hémisphère droit d'un rat. Ceci leur a permis d'extraire les ondes progressives , phénomènes physiques où l'activité électrique se propage dans le cerveau comme des ondulations à la surface d'un étang. Les scientifiques ont ensuite analysé ces signaux par simulation à l'aide de l'entropie de transfert , une mesure mathématique quantifiant le flux directionnel de l'information. Cette approche leur a permis d'étudier le degré de corrélation entre les signaux neuronaux et les flux d'information.
Les résultats de la simulation ont révélé que la simple présence d'ondes progressives et leur propagation ne garantissent pas le transfert d'information. Cependant, les scientifiques ont confirmé que l'information dans le cortex cérébral circule sélectivement le long de la direction de propagation des ondes progressives, un phénomène qu'ils appellent accord informationnel .
Ils ont observé que les courbes résultant de ce réglage sont nettement plus abruptes à l'état de veille qu'à l'état d'anesthésie. Par ailleurs, les chercheurs ont été surpris de constater que la valeur absolue de l'entropie de transfert était en réalité plus élevée à l'état d'anesthésie qu'à l'état de veille.
« Cette découverte inattendue suggère que, tandis que le cerveau anesthésié est submergé d'informations aléatoires et confuses, le cerveau éveillé régule sélectivement l'information dans des directions spécifiques », explique Yutaka Komura, auteur principal de l'étude. « Autrement dit, le cerveau éveillé excelle dans la fiabilité et la précision de la communication de l'information, plutôt que dans sa simple quantité. »
En associant la réalité biologique des ondes progressives à la rigueur mathématique de l'entropie de transfert, cette étude démontre comment le cerveau éveillé affine efficacement sa communication interne pour assurer un flux d'informations fiable, et fournit une mesure quantitative pour évaluer l'efficacité de la transmission d'informations entre les régions corticales.
Mais il reste encore beaucoup à découvrir.
« Notre objectif futur est de combler le fossé entre nos découvertes sur le réglage informationnel et les mécanismes plus profonds des circuits neuronaux », explique Komura.
Réponses aux questions clés :
Q : Que sont les ondes progressives dans le cerveau ?
A : Les ondes progressives sont des événements de propagation physique coordonnés où des oscillations électriques balayent la surface du cortex cérébral comme des ondulations se propageant sur un étang, coordonnant la communication entre des régions cérébrales éloignées.
Q : Pourquoi était-il surprenant que le cerveau anesthésié présente une entropie de transfert totale plus élevée ?
A : On a longtemps supposé que l'anesthésie réduisait ou bloquait simplement le flux d'informations dans le cerveau. La découverte d'une entropie de transfert plus élevée pendant l'anesthésie a montré que le cerveau inconscient est en réalité inondé de signaux aléatoires et désorganisés, ce qui signifie que la conscience dépend de la précision de l'information plutôt que de sa quantité brute .
Q : Qu’est-ce que le « réglage informationnel » ?
A : L'accord informationnel est le phénomène par lequel l'information corticale se propage préférentiellement dans la direction exacte de la propagation des ondes physiques. Dans le cerveau éveillé, cette courbe d'accord est extrêmement sélective, concentrant la transmission du signal vers les cibles neuronales visées.
Ces dernières découvertes vont dans le sens de La théorie de l'espace de travail neuronal global développé par Stanislas Dehaene que j'approuve depuis des années  |
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KIYA
Inscrit le: 20 Fév 2014 Messages: 2534
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Posté le: Lu 27 Juil 2026 0:04 Sujet du message: |
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Bonsoir daniel,
Je ne suis pas sûre que les neuroscientifiques étudient la conscience elle même, je dirais plutôt que ce qu'ils étudient, ce sont les corrélats de la conscience : ils identifient les processus cérébraux qui sont systématiquement présents quand un sujet rapporte une expérience consciente et font des observations mesurables. Et c'est cela qu'ils rapportent dans la littérature scientifique. Mais de la conscience elle même ils n'en savent pas plus que quiconque, ils ne savent pas ce qu'elle est. |
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daniel
Inscrit le: 15 Fév 2006 Messages: 11378 Localisation: belgique
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Posté le: Lu 27 Juil 2026 1:32 Sujet du message: |
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Bonsoir Kiya
De toute façon, dans l'éveil, la science fait partie de l'histoire que l'on se raconte et ce qui se dessine dans les scanners sont des représentations qui apparaissent dans la conscience du Sujet
Je vais laisser, un peu la science faire son chemin et reprendre l'approche de l'éveil
Penses-tu que tu pourrais te réincarner, ou, que c'est ta dernière !? Bien-sûr, je me réfère à ce que tu as connu  |
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daniel
Inscrit le: 15 Fév 2006 Messages: 11378 Localisation: belgique
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Posté le: Je 03 Sep 2026 12:57 Sujet du message: |
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Bonjour tout le monde
La cognition et la conscience émergent de calculs analogiques, selon une nouvelle théorie
La capacité du cerveau à générer une pensée volontaire rapide et agile — et une conscience unifiée de la pensée et de l'expérience — découle de calculs analogiques, affirment des neuroscientifiques du MIT dans une nouvelle étude.
David Orenstein | L'Institut Picower pour l'apprentissage et la mémoire
Date de publication:
1er septembre 2026
Une nouvelle théorie, publiée dans le Journal of Neuroscience par trois scientifiques du Picower Institute for Learning and Memory du MIT, propose une explication de la manière dont le cerveau produit la cognition et la conscience : il utilise des ondes progressives d’activité neuronale rythmique pour coordonner des réseaux neuronaux agiles avec des calculs analogiques.
La métaphore selon laquelle le cerveau fonctionne par « circuits » est incomplète, affirme le professeur Earl K. Miller , de l'Institut Picower, principal auteur de l'article. Certes, les circuits cérébraux, physiquement connectés, constituent l'infrastructure nécessaire au stockage de nos souvenirs et à la représentation de nos besoins et objectifs. Mais lorsque nous devons utiliser ces connaissances de manière improvisée dans le contexte sensoriel rapide et imprévisible auquel le monde nous soumet constamment, nous ne pouvons pas nous contenter du processus chimique relativement lent de recâblage de ces connexions, appelées « synapses », explique-t-il.
Le cerveau a besoin d'un système de contrôle capable de coordonner des millions de neurones pour traiter l'information en une fraction de seconde. Les ondes cérébrales, longtemps considérées comme les fluctuations rythmiques synchronisées de grands groupes de neurones, s'avèrent être à l'origine de cette fonction essentielle, affirment Miller et ses collègues, s'appuyant sur des années de données expérimentales issues de son laboratoire et de nombreux autres.
« Les circuits et les synapses sont importants et fondamentaux, c'est le point de départ. Mais il se passe bien plus de choses », explique Miller, membre du corps professoral du département des sciences du cerveau et des sciences cognitives du MIT. « Le cerveau génère des ondes, et la dynamique de ces ondes est un moyen extrêmement efficace de coordonner et d'effectuer des calculs. »
Alors que les circuits numériques effectuent les calculs étape par étape grâce à des commutateurs et des portes logiques séquentielles, le calcul analogique, qui repose sur l'interférence des ondes, traite plusieurs calculs en parallèle. Non seulement ce procédé est plus efficace, mais les ondes progressives localisées sont également omniprésentes dans le cerveau, soulignent les scientifiques.
« Le cerveau exploite sa propre physique », écrivent Miller et ses co-auteurs Scott L. Brincat et Jefferson E. Roy, chercheurs dans le laboratoire de Miller.
Cette nouvelle théorie est importante non seulement parce qu'elle explique la cognition et la conscience, mais aussi parce qu'elle souligne l'intérêt potentiel de prendre en compte les ondes dans les traitements cliniques. De plus, les ondes peuvent être manipulées de manière non invasive.
« Développer des traitements basés sur la dynamique des ondes cérébrales n’est pas seulement une opportunité, mais aussi une obligation », déclare Miller, dont le laboratoire fait partie d’une collaboration étudiant les ondes cérébrales dans l’autisme .
Construire l'argument analogique
Pour démontrer que le cerveau utilise des ondes pour coordonner les neurones et produire la cognition et la conscience, les scientifiques partent d'une observation désormais bien établie : de nombreux neurones n'ont pas une fonction unique. Ils réagissent à de multiples signaux et contextes, participant ainsi simultanément à plusieurs réseaux fonctionnels, une propriété appelée « sélectivité mixte ». Miller et ses collègues soutiennent depuis des années que cela confère au cerveau une immense puissance de calcul, mais cela a également soulevé la question de savoir comment le cerveau organise ces multiples réseaux imbriqués avec une telle rapidité et une telle flexibilité pour produire la pensée agile dont nous dépendons tous.
Après de nombreuses études, la conclusion qui s'est imposée à Miller et à de nombreux autres neuroscientifiques est que les ondes cérébrales organisent les réseaux neuronaux pour traiter l'information. Miller a démontré que des ondes cérébrales de différentes fréquences régissent des processus cognitifs tels que la mémoire de travail et le codage prédictif. Les ondes de fréquence relativement lentes « alpha » et « bêta », qui représentent les souvenirs et les objectifs, régulent les ondes « gamma », de fréquence plus rapide, qui représentent et transmettent les informations sensorielles entrantes.
La nouvelle théorie postule que ces ondes de contrôle alpha/bêta émergent de l'activité coordonnée des neurones dans des circuits (connectés par des jonctions appelées « synapses ») qui encodent les souvenirs et les objectifs stockés.
« Les synapses stockent des représentations, tandis que la dynamique des ondes aide à déterminer quelles représentations sont actives à un instant donné », écrivent les auteurs.
Dans certaines recherches récentes menées par le laboratoire Miller, l'équipe a mis en évidence que, même lorsque des ondes émergent de l'activité neuronale, ces ondes peuvent croître rapidement et influencer et coordonner directement cette activité via un processus médié par un champ électrique appelé couplage éphaptique . Il est important de noter que les champs électriques peuvent exercer cette influence coordinatrice très rapidement.
Un autre élément essentiel de cette théorie, que le laboratoire de Miller a également démontré expérimentalement, est que les ondes alpha/bêta sont capables d'exercer leur contrôle spatialement , en agissant sur des zones locales du cortex, et temporellement, en se propageant le long de celui-ci . En substance, les ondes bêta agissent comme des gabarits mobiles qui déterminent où et quand les ondes gamma peuvent traiter l'information sensorielle et quels ensembles de neurones y participeront. L'ensemble de ces éléments suggère que le cerveau effectue un « calcul spatio-temporel »,
écrivent les auteurs. Et là où les ondes se croisent, elles peuvent s'additionner et se soustraire, permettant ainsi des calculs analogiques.
Miller reconnaît que la prochaine étape pour son laboratoire devrait être de fournir une preuve directe que les calculs analogiques ont bien lieu.
« Il s’agit d’une théorie. Notre objectif est de la tester en recherchant des signatures de calcul analogique dans les schémas d’ondes cérébrales », explique Miller.
Connexion à la conscience
L'article affirme que la conscience « émerge lorsque ces schémas d'ondes dynamiques amènent le cortex dans un état organisé et globalement intégré, un état qui relie et influence naturellement une activité généralisée ».
Certaines des preuves les plus convaincantes liant la dynamique des ondes cérébrales à la conscience proviennent d' études sur l'anesthésie générale menées par Miller en collaboration avec Emery N. Brown, professeur à l'Institut Picower du MIT, anesthésiste au Massachusetts General Hospital et professeur à la faculté de médecine de Harvard. Leurs laboratoires ont démontré que trois médicaments différents, agissant chacun par un mécanisme moléculaire distinct, perturbent de manière similaire la dynamique des ondes cérébrales, induisant ainsi une perte de conscience.
« La conscience dépend moins de récepteurs ou de types cellulaires spécifiques que de l’intégrité de l’organisation des ondes à grande échelle », écrivent les auteurs dans leur étude.
Autrement dit, tout comme la cognition, la conscience dépend de la manière dont le cerveau s'organise efficacement grâce aux ondes cérébrales.
« La dynamique des champs électriques offre un substrat à faible coût énergétique pour organiser et coordonner l'information au sein des réseaux corticaux », concluent-ils. « Compte tenu de la forte pression évolutive visant à maximiser le calcul par unité d'énergie, il serait surprenant que l'évolution n'ait pas exploité un tel substrat de calcul analogique intrinsèque. »
La Freedom Together Foundation, le Picower Institute for Learning and Memory, l'US Army Research Office, l'US Office of Naval Research, une subvention MURI, les National Institutes of Health et le Simons Center for the Social Brain ont soutenu cette recherche. |
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