Regards sur l'éveil
Café philosophique, littéraire et scientifique
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KIYA
Inscrit le: 20 Fév 2014 Messages: 2554
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Posté le: Me 28 Oct 2026 21:06 Sujet du message: L'absolu, réel subtil du relatif... |
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Tentative pour dire le réel atemporel,
Ma démarche est en partie une réaction à différentes discussions que nous avons eu ici sur le forum, mais aussi un désir me mettre en mots des bribes de pensées qui me traversent à propos de ce que j'ai pu vivre.
Pour commencer, je parlerais de l'absolu en relation avec le relatif. J'aimerais ici donner ma vision. Je ne vois pas que l'absolu comme la cause ou la source du relatif : ce serait comme dire que l'atemporalité est la cause ou la source du temps. Autrement dit, je ne vois pas le manifesté comme une émanation du non-manifesté.
Ceci dit, je ne vois pas non plus ces deux "modes" comme comme des mondes superposés interagissant en adoptant les caractéristiques l'un de l'autre pour pouvoir se rencontrer (le temporel ne devient pas atemporel).
Je ne vois pas non plus ces deux comme deux dimensions distinctes sans rapport.
Voici ce que je vois / j'ai vu : L'absolu est le réel subtil du relatif. Rechercher une articulation entre l'atemporel et le temps (absolu/relatif, non-manisfesté/manifesté...) nécessiterait d'imaginer un évènement, une articulation qui les feraient se rencontrer. Or, ce que j'ai vu, c'est que ces deux ne se rencontrent pas : c'est la conscience qui les rencontre, qui y fait présence.
Je reviens sur le terme de réel subtil: pourquoi subtil et non pas fondamental ? Parce que "fondamental" introduirait une notion de primauté, de support comme condition au réel du monde physique. Ce n'est pas ce que j'ai vu. Et puis, mais là c'est une supposition, la matière est peut-être éternelle, existant depuis toujours, quelle qu'en ai été sa forme...
Donc subtile non pas dans le sens de caché (éventuellement à dessein), mais parce-qu'imperceptible par nos sens et notre psyché : nos moyens habituels de perception ne permettent pas de l'appréhender directement.
En me relisant je constate que je n'ai fait qu'effleurer la vision que j'aurais aimé partager, mais les mots sont rebelles et je me vois encore à dire les choses par ce qu'elles ne sont pas... |
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daniel
Inscrit le: 15 Fév 2006 Messages: 11417 Localisation: belgique
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Posté le: Je 29 Oct 2026 12:43 Sujet du message: |
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Bonjour Kiya
Le Réel, et, je ne le tiens pas de moi, mais, de Joaquim qui m'a convaincu, à ce niveau-là, c'est le fait d'être en première personne, que ce soit dans le relatif ou dans l'absolu, non !?  |
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konrad
Inscrit le: 25 Mars 2018 Messages: 2196 Localisation: En van...dredi.
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Posté le: Je 29 Oct 2026 14:04 Sujet du message: |
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Bonjour KIYA,
Je ne suis pas sur de t'avoir bien compris.
Lorsque tu écris atemporel, pour toi il n'y a pas confusion avec intemporel ?
Dans mon esprit, atemporel signifie qu'il n'y a pas d'espace ni de matière. C'est possible mais j'ai du mal à me représenter cela.
| Citation: | | d'imaginer un évènement, une articulation qui les feraient se rencontrer. Or, ce que j'ai vu, c'est que ces deux ne se rencontrent pas : c'est la conscience qui les rencontre, qui y fait présence. |
La conscience ferait le lien ?
La conscience serait-elle la trame du tout, à la fois de l'absolu et du relatif ?
Ferait le pont entre esprit et matière ?
| Citation: | | mais parce-qu'imperceptible par nos sens et notre psyché : nos moyens habituels de perception ne permettent pas de l'appréhender directement. |
J'entends le mot subtil et j'y souscris.
Cependant tu as eu accès à cette notion, comment tu situe la conscience par rapport aux sens et à la psyché ? |
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KIYA
Inscrit le: 20 Fév 2014 Messages: 2554
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Posté le: Je 29 Oct 2026 18:37 Sujet du message: |
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Bonjour daniel et Konrad,
daniel, pour moi, le fait d'être en première personne, c'est la présence et elle est effectivement la même en absolu et en relatif. Le réel, ce serait plutôt ce à quoi "goûte" la présence.
Konrad, je veux bien dire atemporel, selon ta définition : "qu'il n'y a pas d'espace ni de matière" et je rajoute de temps.
La conscience ne "fait" pas le lien dans le sens de rassembler deux morceaux séparés, mais elle "habite" ces deux lieux, simultanément. Ils ne sont donc séparés qu'en apparence, par notre limitation/inaptitude à éprouver le subtil par nos moyens ordinaire de perception. Comment la matière et le temps pourraient-ils rester ce qu'ils sont en leur propre absence (en l'absence de ce qui les caractérise) ?
Et pour répondre à ta question: "comment tu situe la conscience par rapport aux sens et à la psyché ?", je dirais que la conscience est ce qui "voit" ce qui est éprouvé. |
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didier
Inscrit le: 18 Fév 2018 Messages: 3637 Localisation: Région Parisienne
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Posté le: Ve 30 Oct 2026 7:55 Sujet du message: Re: L'absolu, réel subtil du relatif... |
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| KIYA a écrit: | Je reviens sur le terme de réel subtil: pourquoi subtil et non pas fondamental ? Parce que "fondamental" introduirait une notion de primauté, de support comme condition au réel du monde physique. Ce n'est pas ce que j'ai vu. Et puis, mais là c'est une supposition, la matière est peut-être éternelle, existant depuis toujours, quelle qu'en ai été sa forme...
Donc subtile non pas dans le sens de caché (éventuellement à dessein), mais parce-qu'imperceptible par nos sens et notre psyché : nos moyens habituels de perception ne permettent pas de l'appréhender directement. |
Bonjour Kiya.
Ne crains-tu pas que le terme "subtil" introduise une ambigüité dans la mesure où il est utilisé par ailleurs pour ce que différentes traditions appellent "corps subtils" en relation avec les manifestations psychiques ?
Pour préciser ce dont je parle, j'ai demandé à gemini de préciser ce qu'on entend habituellement par corps subtils : | Citation: | Les « corps subtils » désignent, dans diverses traditions spirituelles, ésotériques et orientales, des couches d'énergie invisibles et non physiques qui envelopperaient ou composeraient l'être humain au-delà du corps physique.
Les principaux niveaux des corps subtils
Selon les doctrines (notamment issues de l'hindouisme, du yoga, de la théosophie ou du New Age), l'être humain serait composé de plusieurs enveloppes successives :
• Le corps éthérique : Il est le plus proche du corps physique. Il est considéré comme le réservoir de la force vitale (ou prâna / chi) et le garant de la santé du corps matériel.
• Le corps astral (ou émotionnel) : Il correspondrait au siège des émotions, des désirs, des sentiments et des rêves.
• Le corps mental : Il représenterait le véhicule des pensées, des idées, des croyances et du raisonnement intellectuel.
• Le corps causal : Dans certaines traditions, il stocke la mémoire des expériences passées et l'empreinte karmique des différentes existences.
Statut et perception
• Origine des croyances : Ces notions proviennent de philosophies anciennes (comme les koshas dans le véantana hindou) et ont été popularisées en Occident par l'ésotérisme des XIXe et XXe siècles.
• Point de vue scientifique : Ces concepts ne reposent sur aucune preuve empirique ou mesure scientifique reconnue ; ils relèvent du domaine de la métaphysique, du mysticisme ou des médecines douces/énergétiques. |
Il est clair que la science officielle ne se risque pas en ces terres inconnues. Ce qui n'est pour moi en aucun cas une preuve qu'elles n'existent pas
Pour toi L'Absolu relève-t-il de l'expérience (quel qu'en soit le type) ou ne peut-on que l'être ? |
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Jean-Yves
Inscrit le: 11 Oct 2007 Messages: 333 Localisation: Var
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Posté le: Ve 30 Oct 2026 9:27 Sujet du message: |
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Bonjour Kiya, à tous,
Voici ce que ton texte m'inspire...
Il peut arriver un moment dans notre vie où cette conscience infinie que l'on appelle le Soi et qui est visiblement notre véritable nature se laisse percevoir. C'est comme une ouverture qui se fait en soi à un moment donné. Puis, notre intellect va essayer d'en comprendre les tours et les contours, ce qui est bien normal et naturel.
Toutefois, ce qu'il nous a été donné de percevoir lorsque cette conscience s'est révélée ne provient pas véritablement, à mon sens, de l'intellect en lui-même, mais d'une perception directe de cette réalité. C'est bien normal de vouloir définir cette réalité, de mettre des mots dessus, mais il s'avère que ce n'est pas possible, car les mots sont faits pour désigner le relatif, c'est-à-dire tout ce qui est visible.
Pour ma part, le cheminement spirituel se traduit un peu par un désarmement de ce niveau intellectuel, c'est-à-dire au final d'en arriver à la conclusion que « je ne sais pas ». Mais ce n'est pas une impasse, car c'est le moment où l'intellect se déconnecte et où la réalité est d'autant plus susceptible de se révéler, parce qu'il y a un lâcher-prise de ce niveau de soi qui procède par analyse.
Socrate disait lui-même :
“Tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien”, traduisant ainsi cette ouverture sur l'infini en soi.
De la même façon, les traditions spirituelles auxquelles j'ai pu m'intéresser traduisent la même idée. Que ce soit l'expression de Lao-Tseu quand il dit que : “Tout mot qui peut être tracé n'est pas le Tao”, c'est-à-dire la réalité ultime, ou bien les traditions de l'Inde où il est dit que celui qui dit qu'il connaît Brahman, c'est-à-dire cette réalité absolue, en réalité ne le connaît pas. Parce qu'il n'est pas de l'ordre de ce qui peut être connu.
Ceci étant dit, que le Soi se soit révélé à un moment donné dans notre vie est une bonne chose, car cela montre qu'il y a une ouverture. Et sûrement cela se reproduira, car il y a comme un canal qui s'est ouvert. Si le canal se referme, c'est naturel aussi, à mon sens, car cette intégration du Soi a besoin d'une progressivité, le temps que notre système nerveux s'adapte à une nouvelle manière de vivre, à une nouvelle manière de fonctionner.
🙏 |
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didier
Inscrit le: 18 Fév 2018 Messages: 3637 Localisation: Région Parisienne
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Posté le: Ve 30 Oct 2026 10:39 Sujet du message: |
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| Jean-Yves a écrit: | Il peut arriver un moment dans notre vie où cette conscience infinie que l'on appelle le Soi et qui est visiblement notre véritable nature se laisse percevoir. C'est comme une ouverture qui se fait en soi à un moment donné. Puis, notre intellect va essayer d'en comprendre les tours et les contours, ce qui est bien normal et naturel.
Toutefois, ce qu'il nous a été donné de percevoir lorsque cette conscience s'est révélée ne provient pas véritablement, à mon sens, de l'intellect en lui-même, mais d'une perception directe de cette réalité. C'est bien normal de vouloir définir cette réalité, de mettre des mots dessus, mais il s'avère que ce n'est pas possible, car les mots sont faits pour désigner le relatif, c'est-à-dire tout ce qui est visible. |
Bonjour Jean-Yves, Kiya et à tous.
Ce que tu écris là me parait essentiel. Pour ma part, j'ignore jusqu'où est susceptible d'aller cette aperception de l'Absolu. Ce que peut nous en dire Kiya m'intéresse beaucoup.
Pour ma part, bien que j'aie l'intuition profonde que chacun de nous est Cela, je n'en ai pas cette aperception directe indubitable ; ce qui, bien que j'aie vécu des expériences sortant de l'ordinaire, m'a amené, entre autres considérations, à la conclusion que cet éveil, thème central de ce forum, ne s'était pas produit, me concernant. |
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konrad
Inscrit le: 25 Mars 2018 Messages: 2196 Localisation: En van...dredi.
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Posté le: Ve 30 Oct 2026 15:10 Sujet du message: |
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Bonjour KIYA et tous,
Cette discussion est stimulante et j'y avance en "écholocation".
| Citation: | | La conscience ne "fait" pas le lien dans le sens de rassembler deux morceaux séparés, mais elle "habite" ces deux lieux, simultanément. |
Lorsque tu écris cela je suis en totale adéquation. Cette nuance avec le lien que je mentionnais est capitale. J'ai, sans aucun doute, "habité" simultanément ces deux rives.
| Citation: | | je dirais que la conscience est ce qui "voit" ce qui est éprouvé. |
Il y a quelques années, attablé à une terrasse un après-midi ensoleillé, je rêvassais. Puis je fus pris subrepticement d'une "vision" limpide, toutes les personnes que je voyais dans mon champs de vision, passantes ou assises, avaient en leur intériorité une lumière. Celle-ci était identique à chacun(e). Cette perception me plongea dans une sérénité totale, je constatais la vérité.
Puis cette "vision" s’évanouit avec la même délicatesse qu'elle apparut... |
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KIYA
Inscrit le: 20 Fév 2014 Messages: 2554
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Posté le: Ve 30 Oct 2026 21:54 Sujet du message: |
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Bonsoir à tous,
Didier, oui "subtil" peut prêter à confusion, c'est vrai mais je n'ai pas trouvé de mot plus proche de ma pensée que celui là. Comme le souligne justement Jean-Yves, l'impuissance à dire les mots de l'indicible est un réel obstacle...
Je voudrait quand même aussi t'assurer, Didier, que je ne vis pas avec la capacité "d'aperception directe" du réel atemporel, au cas où j'aurais pu le laisser entendre. J'en ai fait l'expérience un instant, pas plus.
Konrad, là encore je tiens à préciser que je ne vis pas en conscience dans ces deux lieu simultanément, ce n'est pas mon vécu ordinaire... En réalité j'ai été présente à chacun,mais jamais en même temps. |
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didier
Inscrit le: 18 Fév 2018 Messages: 3637 Localisation: Région Parisienne
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Posté le: Sa 31 Oct 2026 10:20 Sujet du message: |
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| KIYA a écrit: | | Je voudrait quand même aussi t'assurer, Didier, que je ne vis pas avec la capacité "d'aperception directe" du réel atemporel, au cas où j'aurais pu le laisser entendre. J'en ai fait l'expérience un instant, pas plus. |
Bonjour Kiya.
Ton expérience a saisi l'intemporalité ; ce qui de mon point de vue est bien une "marque" de l'Absolu. Il m'est arrivé une fois de percevoir dans une sorte de vertige, que la totalité des "Je" était le même "Je" unique. Cela peut-il, d'après toi, relever du même type d'aperception, sous deux angles différents, l'atemporalité dans ton cas, l'unicité dans le mien ?
T'est-il arrivé une aperception de l'infini ? Cela ne m'est pour ma part jamais arrivé ; de l'immensité, une fois, mais jamais de l'infini, en tant que tel. |
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Jean-Yves
Inscrit le: 11 Oct 2007 Messages: 333 Localisation: Var
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Posté le: Sa 31 Oct 2026 10:41 Sujet du message: |
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| didier a écrit: | | Jean-Yves a écrit: | Il peut arriver un moment dans notre vie où cette conscience infinie que l'on appelle le Soi et qui est visiblement notre véritable nature se laisse percevoir. C'est comme une ouverture qui se fait en soi à un moment donné. Puis, notre intellect va essayer d'en comprendre les tours et les contours, ce qui est bien normal et naturel.
Toutefois, ce qu'il nous a été donné de percevoir lorsque cette conscience s'est révélée ne provient pas véritablement, à mon sens, de l'intellect en lui-même, mais d'une perception directe de cette réalité. C'est bien normal de vouloir définir cette réalité, de mettre des mots dessus, mais il s'avère que ce n'est pas possible, car les mots sont faits pour désigner le relatif, c'est-à-dire tout ce qui est visible. |
Bonjour Jean-Yves, Kiya et à tous.
Ce que tu écris là me parait essentiel. Pour ma part, j'ignore jusqu'où est susceptible d'aller cette aperception de l'Absolu. Ce que peut nous en dire Kiya m'intéresse beaucoup.
Pour ma part, bien que j'aie l'intuition profonde que chacun de nous est Cela, je n'en ai pas cette aperception directe indubitable ; ce qui, bien que j'aie vécu des expériences sortant de l'ordinaire, m'a amené, entre autres considérations, à la conclusion que cet éveil, thème central de ce forum, ne s'était pas produit, me concernant. |
Bonjour Didier, à tous...
À mon sens… En tout cas, ton attitude à travers laquelle tu reconnais ne pas avoir vécu la révélation du Soi est en elle-même très favorable à cette révélation intérieure. Car c'est une attitude d'humilité et d'ouverture. En effet, si dès le départ on s'inscrit en faux, si on se veut autre que ce que l'on est déjà, on rajoute une couche, un voile, à notre individualité.
Il n'est pas étonnant que le Christ ait dit « heureux sont les simples d'esprit car le Royaume des Cieux leur appartient », dans le sens où heureux sont ceux qui ont l'esprit simple, c'est-à-dire dénué de distorsion, dénué de complications, car justement ce positionnement de simplicité est favorable à l'éveil. Ce qui, de toute évidence, est traduit par la notion de « royaume des cieux » dans le christianisme.
Ensuite, pour ce qui peut favoriser cette révélation du Soi, c'est l'aspiration intérieure sincère à ce qu'elle se produise — c'est dans le sens de "demandez et vous recevrez" —, mais aussi, sans doute, de mettre en mouvement tout ce qui est à notre portée pour "préparer le chemin", pourrait-on dire. C'est-à-dire tout ce qui est appelé en Inde la sadhana, ou, autrement dit, les pratiques spirituelles pour la purification de soi.
Cette conscience d'éveil, le Soi, se révèle pour certains alors même qu'ils ignoraient l'existence de cet « au-delà de soi » (le Soi).
Ce que je veux souligner en cela, c'est que cette révélation ne provient pas d'une gymnastique de notre mental ou de notre conscience individuelle ; elle n'est pas non plus le fruit d'une compréhension intellectuelle bien que celle ci soit sans doute nécessaire.
Il me semble intéressant de comprendre cela, car cela permet de lâcher prise avec toutes les tentatives pour trouver l'éveil. Pour résumer, c'est pour éviter toutes les prises de tête.
Alors, autant il apparaît important de préparer le terrain, autant il est essentiel de comprendre que l'éveil n'est pas de notre pouvoir. Tout comme le jardinier cultive la terre, il n'a pas pour autant de pouvoir sur la germination de la graine.
Ainsi, la révélation du Soi — que l'on appelle l'éveil — est gérée non pas par l'individualité, mais par ce que l'on peut appeler l'intelligence du vivant, c'est-à-dire par une dynamique qui n'est pas en notre pouvoir en tant qu'individu.
L'éveil spirituel en lui-même provient de la grâce. Mais souvent, ce qui fait obstacle à cette révélation intérieure, c'est le refus de reconnaître ce qui est là en soi en tant que limitation, et ce, quelle que soit la forme que cela peut prendre. Car dès que l'on reconnaît ce qui peut apparaître petit en soi comme étant réel, cette simple reconnaissance est une façon de remettre cela à cette dimension qui est plus vaste que soi.
Ce qui peut aussi apparaître comme un obstacle, c'est cette incapacité à se remettre en question soi-même en tant que structure, et ce, même si le Soi s'est déjà révélé. Cette incapacité à se remettre en question peut être d'autant plus compacte et rigidifiée lorsque le Soi s'est révélé, car alors on s'est structuré comme étant « celui qui sait, celui qui connaît la vérité ».
Ainsi, c'est une forme de coagulation de la conscience qui se met en place.
Toutefois, ce qui me paraît important, c'est de ne pas oublier que l'éveil procède toujours de la grâce, et qu'en cela, même la coagulation de la conscience ne peut pas être en elle-même un obstacle. Ce que je veux dire, c'est que même cette coagulation peut être acceptée comme étant « l'expression même » de la grâce, c'est-à-dire comme étant « l'expression même » de la conscience d'éveil. C'est en cela « l'acceptation inconditionnelle » de l'obscurité en soi.
Ce dernier point apparaît important, car sans cette compréhension-là, on peut toujours être "celui" qui cherche l'éveil, c'est-à-dire "celui" qui cherche la pureté, "celui" qui cherche la fluidité. C'est un peu comme une sorte de tension vers quelque chose... alors que ce que nous sommes déjà, c'est justement cette conscience d'éveil, et ce, avant que le moindre mouvement ne survienne en soi.
Tout peut être accepté en soi, accueilli en soi, et ce, quelles que soient les formes que la conscience peut prendre...
En cela se révèle "Ce" qui n'a pas besoin d'être libéré, car Cela est libre depuis toujours.
Ce qui peut aussi être un obstacle à cette révélation de l'éveil, c'est que notre désir de libération intérieure est tiède. C'est-à-dire qu'il peut y avoir en soi le désir de libération, mais que ce soit un désir parmi d'autres. Cela signifie que l'on n'a pas véritablement ressenti l'importance de cette libération intérieure. Il apparaît que c'est au fur et à mesure que la conscience s'affine, c'est-à-dire qu'elle devient plus claire, que ce désir de libération intérieure augmente.
D'où l'importance des différentes pratiques spirituelles qui amènent cette purification en soi.
On dit qu'à un certain stade, le désir de libération devient aussi intense que le besoin d'air pour celui qui se noie. Les religions insistent aussi sur l'importance de la primauté de ce désir à travers ce qui est le premier commandement dans le christianisme, mais aussi dans d'autres traditions : « Tu aimeras ton Dieu de tout ton cœur, de tout ton être et de tous tes moyens ». (Que ce commandement soit placé en premier montre justement sa primauté dans cet enseignement).
Cette approche à travers l'enseignement du Christ peut sembler complètement différente de cette quête de l'éveil, mais à mon sens ce n'est qu'une question de langage et de culture.
Et encore une fois, l'éveil provient de la grâce. S'il n'est pas présent et que nous sommes enfermés dans une coagulation, il peut être intéressant aussi de comprendre cette coagulation en elle-même peut être aussi une expression de la grâce. Car la progressivité dans l'intégration de la conscience d'éveil est nécessaire. Comprendre cela peut aider à accepter l'ombre en soi…
Il est intéressant de noter aussi que cette révélation du Soi n'est pas la réalisation spirituelle, elle n'en est que le balbutiement.
Ainsi, cette conscience éternellement libre se révèle en soi, puis de nouveau se cache, laissant ainsi le temps de l'intégration. Puis de nouveau elle se révèle, puis de nouveau elle se cache. C'est un processus qui peut apparaître sans fin, mais qui se maintient jusqu'à une forme de désidentification. C'est-à-dire qu'il se maintient jusqu'à ce qu'on réalise que ce que nous sommes fondamentalement se trouve au-delà de l'idée d'éveil ou de non-éveil, de cette dualité éveil/non-éveil.
Bien sûr, s'il y a quelque chose qui n'est pas clair dans tout ce que je raconte, merci de le dire : je me ferai un plaisir de poursuivre, de développer...
Belle journée à tous et à toutes 🙏 |
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konrad
Inscrit le: 25 Mars 2018 Messages: 2196 Localisation: En van...dredi.
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Posté le: Sa 31 Oct 2026 13:16 Sujet du message: |
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| KIYA a écrit: |
Konrad, là encore je tiens à préciser que je ne vis pas en conscience dans ces deux lieu simultanément, ce n'est pas mon vécu ordinaire... En réalité j'ai été présente à chacun,mais jamais en même temps. |
Bonjour KIYA et tous,
Je t'entends bien KIYA.
Simplement je suis sensible à certains mots, lesquels résonnent sympathiquement à mon esprit. En l'occurrence, simultanément et subtil. A cet égard je ne partage pas les réserves de Didier concernant le mot subtil, qui dans son acception littérale signifie : texture fine et délicate.
Le monde n'est-il pas organisé selon une trame subtile dont nous ne voyons que l'étoffe ?
Non plus je ne vis pas ordinairement dans ces deux lieux. Il m'est arrivé en de rares occasions d'y accéder par "surprise" involontaire. Là, plus que "voir", je ressens. Mon corps est comme statufié, immobile sans contrainte et je me sens "dédoublé" - ce n'est pas l'ubiquité - mon corps est là, suspendu dans l'immobile et mon esprit est ailleurs instantanément et simultanément. Ici et là en quelque sorte. Et cet ailleurs que je ne saurais décrire car je ne sais pas ce qu'il est, est absolument subtil, et dans cet instant je ressens une plénitude totale, un accord et une continuité avec ce qui est.
C'est un moment de grâce qui ne dépend pas de ma volonté ou de mon désir. De même je ne sais pas pourquoi cela surgit.
Cela me rappelle avoir lu que Socrate lorsqu'il dialoguais avec son daimôn était immobile, parfois subitement en plein chemin.
Je ne suis pas Socrate et je ne dialogue pas avec un daimôn, encore que je dialogue avec mon moi-même intérieur.
Toujours est-il que cette notion de "simultanéité" est décrite dans nombres traditions, de même que "subtil" qui est un mot qui renvoi à une réalité effective et opérante. |
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didier
Inscrit le: 18 Fév 2018 Messages: 3637 Localisation: Région Parisienne
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Posté le: Sa 31 Oct 2026 15:39 Sujet du message: |
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| konrad a écrit: | | A cet égard je ne partage pas les réserves de Didier concernant le mot subtil, qui dans son acception littérale signifie : texture fine et délicate. Le monde n'est-il pas organisé selon une trame subtile dont nous ne voyons que l'étoffe ? |
Bonjour Konrad et à tous.
Ta remarque est logique et je la comprends, mais je suis pour ma part sensible à une autre nuance qui peut être importante. Ce qui relève de l'Absolu ne serait, d'après les diverses traditions intéressées par le sujet, accessible via la forme, mais uniquement d'une manière la transcendant, par aperception directe, par Pure Connaissance, par identité. On ne saurait expérimenter l'Absolu, juste l'être.
Il me parait au contraire possible d'expérimenter de nombreux aspects d'un monde étroitement connecté à notre monde matériel, mais présentant dans ses effets des aspects beaucoup plus subtils. Il m'est arrivé de m'y trouver relié. Autrefois j'aurais considéré tout cela comme purement onirique, mais je pense maintenant cela au moins aussi réel que notre monde matériel ordinaire. Il y a de mon point de vue un risque de confondre les deux aspects, si l'on n'y prend pas garde. Je les ai pour ma part longtemps confondus. Tu parles d'ailleurs toi-même de trame subtile du monde. Cette trame ne relève-t-elle pas de la forme, dans ton esprit ?
Il est amusant de constater que l'on va, par exemple, retrouver Sri Nisargadatta Maharaj d'un côté et Sri Aurobindo de l'autre (et, pour le citer, Ramana Maharshi au centre).
Ce sujet est d'ailleurs en lui même très subtil.  |
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KIYA
Inscrit le: 20 Fév 2014 Messages: 2554
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Posté le: Sa 31 Oct 2026 17:55 Sujet du message: |
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Bonjour Didier,
| Didier a écrit: | Il m'est arrivé une fois de percevoir dans une sorte de vertige, que la totalité des "Je" était le même "Je" unique. Cela peut-il, d'après toi, relever du même type d'aperception, sous deux angles différents, l'atemporalité dans ton cas, l'unicité dans le mien ?
T'est-il arrivé une aperception de l'infini ? |
Non, je n'ai jamais (a)perçu que " la totalité des "Je" était le même "Je" unique". Mais j'ai pu le penser pour faire sens de ce que j'avais vécu. Je me suis vécue en tant qu'Un, en tant que tout ce qui est. S'est révélé à moi que j'étais tous les autres, dans le sens qu'il n'y avait pas d'autre. Qu'il n'y avait que cela que je suis.
Je n'ai pas non plus eu d'a-perception de l'infini, mais je me suis vécue comme étant infinie.
Le mot "aperception" ne correspond pas à mon vécu, car il impliquerait que j’aurais a-perçu quelque chose depuis un autre point que celui où cela est. Ce n'est pas ce qui s'est passé, je n'ai rien a-perçu : j'ai été cela (je me suis connue en tant que cela). |
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didier
Inscrit le: 18 Fév 2018 Messages: 3637 Localisation: Région Parisienne
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Posté le: Sa 31 Oct 2026 18:40 Sujet du message: |
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| KIYA a écrit: | Bonjour Didier,
| Didier a écrit: | Il m'est arrivé une fois de percevoir dans une sorte de vertige, que la totalité des "Je" était le même "Je" unique. Cela peut-il, d'après toi, relever du même type d'aperception, sous deux angles différents, l'atemporalité dans ton cas, l'unicité dans le mien ?
T'est-il arrivé une aperception de l'infini ? |
Non, je n'ai jamais (a)perçu que " la totalité des "Je" était le même "Je" unique". Mais j'ai pu le penser pour faire sens de ce que j'avais vécu. Je me suis vécue en tant qu'Un, en tant que tout ce qui est. S'est révélé à moi que j'étais tous les autres, dans le sens qu'il n'y avait pas d'autre. Qu'il n'y avait que cela que je suis.
La seule fois où je me suis connu en tant qu'un aspect de cela
Je n'ai pas non plus eu d'a-perception de l'infini, mais je me suis vécue comme étant infinie.
Le mot "aperception" ne correspond pas à mon vécu, car il impliquerait que j’aurais a-perçu quelque chose depuis un autre point que celui où cela est. Ce n'est pas ce qui s'est passé, je n'ai rien a-perçu : j'ai été cela (je me suis connue en tant que cela). |
Bonsoir Kiya.
Je comprends. Je ne me suis jamais connu en tant que cela. Ce qui s'en rapproche le plus était la fois où je me suis vu comme l'amour universel, mais cela me parait davantage correspondre à une expérience au sein de la manifestation. Le pas n'a pas été franchi.
Pour ce qui est de cette unicité des "Je", je l'ai perçue mais "je" n'étais pas au centre. Cela me semble davantage de l'ordre de la Connaissance (pure ?, en tout cas pas d'un savoir intellectuel) que de l'Ëtre.
Pour ce qui concerne l'Absolu, il me parait probable que "Je" doive être au centre... Cela te parle ?
Le plus drôle est que j'ignore toujours ce que je suis, comme d'où je regarde. C'est comme s'il n'y avait rien à l'endroit où je suis. |
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