Ne rien vouloir

Ne rien vouloir, cela ne semble pas si compliqué. Et pourtant… Ne rien vouloir, c’est aussi ne pas vouloir que ce “rien-vouloir” se produise. C’est ne pas se fixer de temps, se laisser tout le temps qu’il faut, ne pas attendre que survienne le rien-vouloir. Cette attitude contient à la fois un paradoxe et sa résolution. Car renoncer à atteindre le rien-vouloir, ce n’est pas vraiment rien vouloir, puisque c’est accepter de ne pas y arriver. Et pourtant, ne pas atteindre le but, c’est précisément cela, ne rien vouloir.

Pour ne rien vouloir, vraiment, il faut ne pas vouloir que quoi que ce soit se produise, même le rien-vouloir. Il faut se laisser le temps. Tout le temps. Laisser le temps libre de toute mesure et de tout projet. Cela veut dire en fait : cesser de faire du temps un futur. Sortir de la durée. Ne plus mesurer le temps en durée, mais en instants. Des instants vivants qui naissent neufs à chaque instant. C’est le temps qui fait tout. S’il devient présent, alors Je Suis.

Ces réflexions vous ont-elles permis d’entrevoir, mentalement, que ne rien vouloir, c’est sortir du mental ? Alors maintenant, faites-le, prenez-vous le temps, maintenant, et pas demain.

Commentaires (39)

  1. Bonjour Joaquim, et vraiment heureux de te lire.

     “Ne rien vouloir, c’est aussi ne pas vouloir que ce “rien-vouloir” se produise. ”
     C’est  peut-être aussi être disponible à l’éventualité qu’il se produise, sans en attendre quelque chose de particulier et ainsi vider l’attente de son objet, le réintégrer en soi et par là même unifier cette apparente séparation qui trouble celui qui désire. On pourrait dire aussi ne pas  faire une chose de ce “rien vouloir”

    “Car renoncer à atteindre le rien-vouloir, ce n’est pas vraiment rien vouloir, puisque c’est accepter de ne pas y arriver.”
     “Accepter”, n’est pas “vouloir” n’est-ce pas?  C’est aussi se “préparer” à l’accueil de ce qui peut, à l’intérieur de celui-ci, éventuellement se présenter et ré-accuillir, sans jamais prendre, ce qui peut éventuellement se présenter à nouveau, autrement dit laisser partir ce qui était déjà dans le temps, y compris le but et la tension vers ce but et par là même, peut-être voir que, du temps, nous fabriquons nous-même la mesure .
    Merci de m’avoir permis, du mieux que j’ai pu, de rentrer dans tes mots, en ayant toujours un peu cette vague sensation de culpabilité d’avoir utilisé les mots “des autres”.

    Sincérement.

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  2. Bonjour Jim,

    Heureux moi aussi de te lire.

    «Ne pas faire une chose de ce rien vouloir», dis-tu. C’est exactement cela. Vivre ailleurs que dans le présent, c’est vivre entouré exclusivement de choses, parce que les êtres qui font acte d’être ne le font qu’au présent. Et si on s’identifie à ces choses, qui ne sont que souvenirs et attentes, on devient soi-même chose.

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  3. Joaquim : Ces réflexions vous ont-elles permis d’entrevoir, mentalement, que ne rien vouloir, c’est sortir du mental ? Alors maintenant, faites-le, prenez-vous le temps, maintenant, et pas demain.

    Je ne sais pas si ces réflexions m’ont permis d’entrevoir quoique ce soit… mentalement ou d’une autre manière… Elles m’évoquent plutôt quelque chose… Je ne sais pas ce que c’est ce “ne rien vouloir”, il me semble seulement entrevoir de temps en temps, quelque part ou nulle part “hors” de mes pensées, de mes émotions, de mes désirs… entrevoir une sorte d’équanimité… qui s’exprime comme par une sorte d’implication secondaire par rapport à ce qui peut advenir ou ne pas advenir, ce qui peut résulter ou ne pas résulter d’une libre initiative que j’aurais prise, d’une libre action que j’aurais posée…

    Je ne voudrais certainement pas expliquer intellectuellement ce drôle d’état, cette drôle d’absence d’attente de résultat, ce drôle de non désir par rapport au cours des choses… Il y a seulement une sorte de pleine et pure “quiétude intérieure”, qui n’est réaction à rien, mais simplement nature spontanée, état intérieur sans relation avec les jeux du monde extérieur… Quelque chose qui émerge quand j’accepte de simplement savourer la perception pure, non filtrée, non rapportée au corps, non rapportée à l’émotionnel, non rapportée au mental… la perception pure et directe de ma propre existence…

    Je ne sais pas s’il y a là, ou s’il n’y a pas là “ne rien vouloir”… Je sais seulement qu’il y a quiétude, qu’il y a quelque chose que je pourrais évoquer bien maladroitement comme une sorte de satisfaction intérieure pure et directe, sans détour, sans marchandage, sans calcul… Et je peux alors agir, faire, ou non-agir, non-faire… je ne dirais pas alors : “peu importe ce qui vient, peu importe ce qui résulte”… je dirais plutôt : “seulement la quiétude, et rien de ce que je peux obtenir ou ne pas obtenir dans le jeu des choses, ne saurait ajouter ou retrancher quelque chose à cette quiétude”…

    Mais si je dis que j’ignore si cela a quoique ce soit à voir avec “ne rien vouloir”, c’est parce que dans cette quiétude pure qui co-existe spontanément avec la simple et pure immersion, la simple et pure ouverture à la perception profonde de ma propre existence, de mon propre “je suis”… si je dis que j’ignore… c’est peut-être bien parce qu’il émerge de cet état une sorte d’aspiration irrésistible à me fondre tout entier dans cette paix intérieure… Peut-être que si je m’étais déjà vraiment fondu tout entier dans cette paix intérieure, je ne serais pas celui qui écrit ces mots, je serais l’UNIVERS… Je n’en sais rien… je sais seulement qu’il y a en moi comme une sorte de goût sans âge, de mouvement naturel, de volonté sans crispation et sans tension… vers un ancrage et une immersion de plus en plus profonds dans la paix intérieure…

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  4. Bonjour Joachim !
    Vous avez écrit :
    Ne rien vouloir, cela ne semble pas si compliqué. Et pourtant… Ne rien vouloir, c’est aussi ne pas vouloir que ce “rien-vouloir” se produise. C’est ne pas se fixer de temps, se laisser tout le temps qu’il faut, ne pas attendre que survienne le rien-vouloir. Cette attitude   contient à la fois un paradoxe et sa résolution.
    Il est bien question d’attitude.  Je n’ai rien voulu, et pourtant je suis là et j’écris. Je réponds comme en écho à un texte lancé dans les étoiles aussi perdu dans le cosmos que celui  contenu dans une bouteille lancée à la mer –  et ne désirant surtout pas échouer sur une plage….
    ………. Des instants vivants qui naissent neufs à chaque instant. C’est le temps qui fait tout. S’il devient présent, alors Je Suis. Je Suis, à condition  de mobiliser tout mon mental pour  dire au Temps : « présent, chef , qu’y a-t-il pour ton service ? ? ? ? ! »  

     
    Vanags
     

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  5. Merci et bonjour Joaquim…
    Bonjour à toi aussi, Jim, et à tous..

    Ces réflexions vous ont-elles permis d’entrevoir, mentalement, que ne rien vouloir, c’est sortir du mental ?”

    Sortir du mental c’est effectivement la condition ciné qua non du véritable non vouloir, et lacher réellement et profondement tout germe de volonté fait sortir du mental…
    L’un et l’autre sont totalement un, comme si le non vouloir était simplement  l’expression paradoxale du “vide mental”;
    C’est comme si la volonté subissait un retournement pour se trans-former à travers son opposé, l’acceuil, la réceptivité inconditionnelle et ré- emerger à la vie et au monde en simple Réponse..

    Ne plus mesurer le temps en durée, mais en instants. Des instants vivants qui naissent neufs à chaque instant. C’est le temps qui fait tout. S’il devient présent, alors Je Suis.”

    Et c’est dans cette Presence là que Je Suis tisse d’instant en instant  un Devenir qui échappe au temps, et n’est pas un futur, ni un perfectionnement, ni une amélioration égotique de soi.
    Dans cette Presence que mature la Personne qui est réponse  et expression de Je suis dans ses interactions incontournables avec le monde et avec l’autre

    Juan Matus écrit:
    Peut-être que si je m’étais déjà vraiment fondu tout entier dans cette paix intérieure, je ne serais pas celui qui écrit ces mots, je serais l’UNIVERS…

    …….

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  6. Bonjour Juan Matus,

    Merci pour ces réflexions. Elles sont si limpides qu’elles emportent le lecteur dans leur courant, sans que celui qui les a produites ne trouble le cours de sa méditation. A ce titre, je trouve qu’elles sont un parfait exemple de ce que je voulais dire par “ne rien vouloir”. Elles ne cherchent rien à saisir, mais éclairent d’une présence l’espace qu’elles explorent. Cette présence, parce qu’elle s’efface en tant que présence affirmée, n’apparaît nulle part comme saillante, et pourtant on la sent, elle est là, on la touche, on la sent bouger. Elle est la vie qui anime ces mots. D’après ce que tu dis, cette présence-là qu’on sent en te lisant, ta présence, toi-même tu ne la perçois que comme une aspiration irrésistible à te fondre tout entier dans la paix intérieure. J’aurais alors envie de dire: renonce jusqu’à cette aspiration-là, renonce à vouloir cette fusion, et cette présence, qui affleure, te sautera à la figure. Non plus comme quelque chose qui réclamerait de toi une forme d’extinction ou tout au moins de discrétion, mais comme étant, littéralement, toi.

    Le silence est vivant. Si on le laisse être en toute limpidité, sans rien en troubler, il devient une chose qui se met à bouger. Et cette chose, c’est moi.

    Comme le dit si bien Vanags (content de vous (tu?) lire !): « présent, chef , qu’y a-t-il pour ton service ? ? ? ? ! » Tout est là. Faire acte de présence. Un acte qui n’affirme rien, qui est pure attente, et même attente de rien, qui est simplement là, présent. Le reste, c’est l’oeuvre de la grâce. “Que Ta volonté soit faite”.

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  7. bonjour tout l’monde !

    “ne rien vouloir” !?  il me semble que “ne rien vouloir”, c’est “être” …
    mais, est-ce que “être”, c’est faire !? drôle de question !?

    les choses se font et se défont, et, il n’y a personne (véritablement) pour le faire ! … puis, il y a la subjectivité qui s’approprie tout ce qui pénétre dans son champ de “perception”, et ça bascule, car, “quelqu’un” apparaît, alors, pour se gausser de tout ce qu’il parvient à attraper, tout devient sa propriété, plus rien ne sera comme avant … il y a “quelque chose”, maintenant, qui goûte à la vie, qui passe des rires aux larmes, qui souffre, abuse et s’en amuse, par dessus tout …

    il y a la subjectivité, puis, il y a la “polarité”, qui coule de source, le flux naturel de la réalité … la polarité, c’est la réalité, sans la subjectivité … tout s’y inscrit, les êtres, les corps, l’univers, tout à la suite, formant, ainsi, un long fleuve qui entraîne tout avec lui … le fleuve rejoint les mers, les océans … là, tout ce qui est amené à ce dissoudre, se dissoud, seul “ce qui est vrai, demeure” … il n’y a plus “personne” pour en témoigner …

    la polarité, en haut (tout au fond), c’est la dualité en bas, quand apparaît la subjectivité, la relation du sujet à un objet …

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  8. Bonjour à tous ceux que je connais,
    Joaquim, Mushotoku , Jim et daniel,

    A chaque instant, ce fameux ” non vouloir ” est contredit par le ” vouloir “. La volonté prend toutes sortes de formes particulières dont certaines ressemblent à s’y méprendre au ” non vouloir “. La preuve, ma présence ici, à nouveau, n’est-elle pas dictée par un ” vouloir ” ? Et pour parler de quoi ? Du ” non vouloir “…c’est le premier thème sur lequel je tombe. Thème central de l’éveil, abordé toujours avec autant de profondeur par Joaquim. Et réponses toujours aussi pertinentes des autres participants.

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  9. Je complète ma pensée…
    Tout cela n’est ce pas une façon pour nous de rendre notre propre mort plus acceptable ?
    Pour qu’il y ait un ” vouloir ” il faut qu’il y ait un espace ou ce ” vouloir ” puisse trouver son expression. Et un temps puisque les deux sont liés.
    Or la mort semble nous mettre face à ce constat: bientot nous n’aurons plus ni temps ni espace. C’est cela qui créé peut etre un ” retournement de la conscience ” lorsqu’on est tout près de faire le grand saut…et qui permet peut etre aussi de le faire, lorsque la mort se présente à nous de cette façon la.
    La différence avec la vie, c’est que dans la vie nous avons toujours un temps et un espace pour nous exprimer, mais c’est aussi cela qui créé l’impossibilité de faire le grand saut avant la mort physique.
    Joaquim en parle très bien dans son allusion au Martinet ( Café éveil ).

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  10. Bonjour Nad, Daniel et toniov !

    toniov, tu dis: «Pour qu’il y ait un ” vouloir ” il faut qu’il y ait un espace ou ce ” vouloir ” puisse trouver son expression. Et un temps puisque les deux sont liés.»

    Oui c’est vrai, c’est là-dessus qu’on butte, en fin de compte. Si l’on va vraiment jusqu’au fond, lorsqu’on enlève tout le reste, il demeure ceci: on est prisonnier du temps. De l’espace aussi, dans la mesure où on ne peut pas échapper à notre corps ni à la portion d’espace qu’il nous ouvre par la voie des sens. Mais dans cette portion d’espace, nous jouissons tout de même d’une importante marge de liberté: nous pouvons nous y mouvoir, avancer, reculer, nous arrêter, toutes choses radicalement impossibles avec le temps. Avec lui, qu’on le fasse gaiement ou en traînant les pieds, il nous faut le suivre, c’est lui qui dicte la marche, inexorablement. C’est ce caractère inexorable du temps, qui s’écoule sans que nous puissions ni l’arrêter, ni le remonter, qui signe notre finitude. Le meubler, c’est se donner l’illusion qu’il nous appartiendrait, qu’on le remplirait de “soi”, et que du coup, ce temps qui s’écoule serait “mien”. Qu’y a-t-il en effet de plus fondamental pour mon sentiment d’identité que le temps que j’ai vécu. Et du coup quoi de plus menaçant pour ce même sentiment que la certitude que ce temps est limité?

    Tout repose en fait sur cet axiome: le temps qui s’écoule et que je remplis de ma vie devient “mien”. Cela semble incontestable, évident. Et pourtant, c’est là qu’est l’erreur de perspective, qui décale tout notre monde dans l’illusion. Il suffit pour en sortir d’un petit décalage inverse: vider le temps de tout ce dont on le charge, le laisser vide, et l’interroger. Et là, ô stupeur, découvrir qu’il n’est pas qu’un simple wagonnet sur rails lancé vers le futur, rempli des événements de notre vie, mais qu’il est vivant. Lorsqu’on cesse de faire de lui le simple réceptacle d’un passé et d’un futur, mais qu’on l’interroge dans le présent, on le découvre, lui, présent. D’une présence inimaginable, qui est ce qui est là devant soi, et qui est tout aussi bien soi.

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  11. Oui. Le temps n’appartient à personne; il n’est jamais ” mien ” comme tu dis.
    Les animaux semblent avoir un avantage sur nous: ils n’ont pas besoin de ” vider ” le temps parcequ’ils n’y ont pas mis grand chose. Juste ce qu’il faut pour survivre.
    Mais nous, nous avons un énorme avantage sur eux, c’est que nous pouvons “interroger” le temps. C’est ce processus – interroger le temps après l’avoir vidé de tout ” notre ” contenu – qui semble initier l’éveil.
    A bientot.

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  12. Joaquim : Et là, ô stupeur, découvrir

    D’abord pardon pour cette troncature en forme de citation… Et ensuite, merci pour cet aperçu sur le temps… J’aurais presque envie d’écrire : le Temps…

    Stupeur… Oui, stupeur… car il y a comme un Emerveillement premier quand on s’ouvre à la perception de ce qui EST… Un Emerveillement libre de toute spéculation, libre de toute analyse… libre de pensée… Mais aussi libre d’émotion, libre de sensation… Un Emerveillement qui se saisit de nous, bien plus que nous qui nous laissions nous ouvrir à lui… C’est quelque chose… peut-être Dieu, peut-être le Néant, peut-être le Silence… quelque chose qui n’est pas une chose… c’est quelque chose qui écarte le tissu de ce que nous prenons pour le monde, pour la réalité, et qui nous regarde, qui nous touche, qui nous embrasse, qui nous étreint…

    Que s’est-il donc passé ? Peut-être ne s’est-il rien passé… Nous nous sommes ouverts, nous nous sommes rendus disponibles à la perception immédiate du Miracle insondable de l’ÊTRE… et l’ÊTRE nous a étreint… Ou alors, c’est seulement nous qui sommes devenus conscients de l’étreinte permanente de l’ÊTRE… Et l’ÊTRE nous étreint à travers le Temps, à travers l’Espace, à travers la Matière, à travers l’Energie… à travers Rien, à travers le Tout…

    L’Emerveillement premier est simplement là, parce qu’il est l’Emerveillement permanent qui donne Vie à la Vie… C’est seulement nous qui vivons les “yeux” fermés… le coeur fermé, la conscience replié sur elle-même, c’est-à-dire sur son propre monde, sur sa propre fabrication perpétuelle de mondes… Et quand nous acceptons de nous ouvrir, de nous ouvrir à ce qui EST… peut-être en prenant conscience du Miracle derrière le Temps, peut-être en prenant conscience du Miracle derrière le simple balancement de la feuille morte dans le vent… là… Ô Stuper… l’Emerveillement se saisit de nous, un Emerveillement inaltérable, à la fois éternel, et en même temps qui se renouvelle, pur, à chaque instant…

    Et c’est encore ce que j’appelle la Paix… ou la Joie… mais les mots sont les mots, ils ne prennent vie qu’en tant que nous nous ouvrons à ce dont ils essaient de témoigner, à ce qu’ils essaient d’indiquer…

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  13. Juan-Matus, tu écris: «Un Emerveillement qui se saisit de nous, bien plus que nous qui nous laissions nous ouvrir à lui…»

    J’aime cette phrase. Parce qu’elle dit autrement, avec un regard un peu décalé, plus juste peut-être, mais là n’est pas la question, parce que derrière la différence de nos regards, je découvre la même vie. Se retrouver dans les mots de l’autre: voilà la grâce qu’ils peuvent nous apporter. Oui, les mots sont incapable de saisir Cela (même la majuscule ne les y aide pas…): “ils ne prennent vie qu’en tant que nous nous ouvrons à ce dont ils essaient de témoigner”, comme tu dis. Merci d’avoir offert les tiens pour me permettre d’y redécouvrir la vie que tu y as mise — ou plutôt devrais-je dire: celle que tu as laissé affleurer en te laissant guider par eux.

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  14. Joaquim : même la majuscule ne les y aide pas

    En effet. Et en même temps… les majuscules, ou les italiques, ou ce que l’on voudra… se glissent dans l’écriture, un peu comme une douceur et une profondeur particulières se glissent dans la voix quand on essaie d’en parler…

    Et je m’excuse pour les petites fautes ou les petits oublis de frappe… mais rien de plus normal que le mental soit quelquefois un peu étourdi devant l’indicible… cet indicible que nous essayons de partager, comme tu le fais avec beaucoup de clarté et de profondeur, Joaquim.

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  15. toniov dit (plus haut) :

    ” Tout cela n’est ce pas une façon pour nous de rendre notre propre mort plus acceptable ? ” 
    (tout cela = nos tergiversations aux relans de spiritualité !?) …

    ah ah ! combien de fois, la question ne s’est-elle pas présentée à mes mirettes … jusqu’au jour où l’on commence à s’apercevoir que plus ce qui est éphémère, transitoire, finalement sans consistance, part en lambeaux, plus ce qui demeure et tient la route (le “je suis”, par exemple …) donne l’impression que la mort n’existe pas au delà, de ce qui se compose et se décompose …

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  16.  Bonjour Joaquim et bonjour à toutes et tous, tous(tes) dirait Daniel, salut ami !

    Joaquim, j’arrive un peu tard, mais je poursuis sur ton texte source …

    Ne rien vouloir rejoint donc l’instant présent, … et la présence à l’instant. L’un et l’autre insaisissables par le mental et on ne peut qu’échoir à vouloir mettre des mots sur cela, c’est comme tenter de saisir le reflet de la lune dans le lac.

    Remarques Joaquim comment « ne rien vouloir » s’est transformé en « vouloir » et « falloir » au fil de ta démonstration qui pointe le temps.
     
    L’instant « présent » n’est pas une mesure du temps opposable au passé et au futur qui tout deux apparaissent dans le présent de l’esprit, Il est hors du temps et effectivement pur « je suis » et même plutôt pur « être »
     
    De fait l’instant présent n’est pas à atteindre, il est déjà notre bien propre, l’instant c’est la vie, et elle se déroule dans l’Unique Instant de toute l’êtreté.
     
    Inutile de chercher quelque pratique qui permettrait de ne rien vouloir sans le vouloir ou de prendre le temps par surprise pour que, mine de rien, le miracle se produise parce qu’on a laissé faire, sans rien vouloir.
     
    La question n’étant pas l’instant présent en lui-même, nous sommes renvoyés à son contenu. Il s’impose de lui-même et envahit, ou c’est « je suis » qui impose son regard, sa lumière sur son contenu. L’esprit est comme un miroir d’eau, pour que l’instant présent s’y reflète dans toute sa créativité, il faut une eau calme et sans souillure. Paravent de la présence à Soi et épuisette de la vigilance sont vivement recommandés.

    A bientôt, je prends le temps de lire vous lire tous.

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  17. Hello Daniel,
     
    Pour rejoindre ton propos, le silence est-il la mort des mots ?

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  18. Salut,
    Tout cela: notre regard sur le monde, l’aventure spirituelle.

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  19. miboogh dit :

    ” Hello Daniel,
     
    Pour rejoindre ton propos, le silence est-il la mort des mots ? ”

    – et flûte ! …

    pour tenter de répondre :
    seulement, me semble-t-il, si l’on est plus conscient d’être là … si la subjectivité est présente, on se contentera de les laisser passer, sans vouloir les saisirs, non !?

    merci toniov pour ces précisions !

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  20. Bonjour miboogh,

    Merci pour tes réflexions.

    Tu dis: “Remarques Joaquim comment « ne rien vouloir » s’est transformé en « vouloir » et « falloir » au fil de ta démonstration qui pointe le temps.”

    C’est vrai, bien observé. 😉 Comme quoi dès qu’on fait quelque chose, on exprime un vouloir. Même si on parle du non-vouloir. Ou alors — et c’est plutôt dans cette direction que je voulais (à nouveau, décidément…) pointer —, on se fait l’expression d’un vouloir. C’est cela que j’entendais par : “C’est le temps qui fait tout”. Lorsqu’on le laisse être simplement, lui tout seul, lorsqu’on lui laisse tout le temps, il prend vie. Il nous investit comme un vouloir. Pas sous la forme de quelque chose que l’on déciderait arbitrairement, mais comme quelque chose dans quoi on se reconnaît. Dans quoi on se découvre. Dans quoi on naît. Comme je l’avais écrit ailleurs: “La liberté, ce n’est pas se posséder soi-même, c’est se recevoir comme origine de son propre étonnement.”

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  21. Miboogh a dit : ‘De fait l’instant présent n’est pas à atteindre, il est déjà notre bien propre, l’instant c’est la vie, et elle se déroule dans l’Unique Instant de toute l’êtreté.

    Inutile de chercher quelque pratique qui permettrait de ne rien vouloir sans le vouloir ou de prendre le temps par surprise pour que, mine de rien, le miracle se produise … 
    La question n’étant pas l’instant présent en lui-même, nous sommes renvoyés à son contenu. Il s’impose de lui-même et envahit… L’esprit est comme un miroir d’eau, pour que l’instant présent s’y reflète dans toute sa créativité, il faut une eau calme et sans souillure.’
    Oui, tout à fait. Comment cette naissance se produit-elle, cette compréhension de ce que nous sommes, difficile à dire, mais en tous cas elle n’est pas le fait du désir d’y parvenir. Un jour nous sommes atteints, le présent nous rejoint et c’est lui désormais qui prend toute la place car il n’y a rien d’autre. Nous sommes alors réels, et dégagés par le fait même, de cette quête impossible d’identité. Vivre est alors quelque chose de radicalement différent, nous sommes portés par une énergie nouvelle, toujours neuve, qui ne loge pas dans le temps, et qui construit elle-même son propre devenir. Nous ne désirons alors plus rien et comme le dit don Juan Matus, au lieu de jouer avec nos semblables comme s’ils n’étaient que des marionnettes, nous les rencontrons dans le brouillard de leur folie….
     

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  22.  Bonjour Joaquim, Bonjour André,
    Tu écris,
    “on se fait l’expression d’un vouloir. C’est cela que j’entendais par : “C’est le temps qui fait tout”. Lorsqu’on le laisse être simplement, lui tout seul, lorsqu’on lui laisse tout le temps, il prend vie. Il nous investit comme un vouloir. ”
    Si je comprend bien ton propos, oui tout à fait, on se fait, ou on laisse faire à travers soi, un vouloir qui ne nous appartient pas.

    On laisse faire ce qui est le plus en adéquation, la réponse juste, et pour rejoindre André, qui n’est plus de l’ordre du temps mais celui de l’instant, et effectivement qui transcende la quête d’identité, non par une mise à distance, par une dépersonnalisation, mais par une pleine adhésion à ce qui est dans l’effet-même de la richesse de l’instant, sans appropriation, ou mémorisation.

    Angranger dans sa mémoire est la réaction devant la peur de son propre néant, de ce que l’on peut prendre pour cela tant que l’on a pas compris que nous sommes à l’origine de notre monde intérieur, tant du vide que du plein.

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  23. Bonjour à vous tous…

    joachim, tu écris: C’est cela que j’entendais par : “C’est le temps qui fait tout”. Lorsqu’on le laisse être simplement, lui tout seul, lorsqu’on lui laisse tout le temps, il prend vie. Il nous investit comme un vouloir. Pas sous la forme de quelque chose que l’on déciderait arbitrairement, mais comme quelque chose dans quoi on se reconnaît. Dans quoi on se découvre

    Et André: Vivre est alors quelque chose de radicalement différent, nous sommes portés par une énergie nouvelle, toujours neuve, qui ne loge pas dans le temps, et qui construit elle-même son propre devenir

    Et Miboogh..On laisse faire ce qui est le plus en adéquation, la réponse juste, et pour rejoindre André, qui n’est plus de l’ordre du temps mais celui de l’instant, et effectivement qui transcende la quête d’identité, non par une mise à distance, par une dépersonnalisation, mais par une pleine adhésion à ce qui est dans l’effet-même de la richesse de l’instant, sans appropriation, ou mémorisation.

    C’est ce que j’exprime lorsque je parle de devenir l’instrument transparent d’une Réponse au monde. Avec cette majuscule “inutile” qui pointe un changement de paradigme, que seul ceux qui l’on goûtté reconnaitront.

    Merci à vous.

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  24. Bonjour André,

    Content de te lire ici. :)

    J’aime beaucoup cette phrase en particulier:

    « le présent nous rejoint et c’est lui désormais qui prend toute la place car il n’y a rien d’autre. Nous sommes alors réels »

    Il n’y a pas de pratique pour devenir réel, c’est sûr, puisque ce qu’on cherche lorsqu’on est piégé dans l’irréalité, c’est une réalité idéalisée, autrement dit une autre irréalité. Pourtant, même piégé dans l’irréalité, on est néanmoins réels. On l’est déjà, mais on ne le sait pas. On ne le sait pas, parce qu’on est entièrement occupé à remplir le temps de la tâche de nous construire une identité. Rechercher sa vraie identité, comme si on pouvait en trouver une nouvelle pour remplacer l’ancienne, c’est simplement intensifier ce processus d’irréalité, à la mesure de l’intensité qu’on y met. Pourtant, même si ce processus semble nous éloigner du but recherché, s’il est mené avec la détermination suffisante, il l’atteindra. Non pas qu’il touchera le but qu’il poursuivait, mais l’intensité de la quête, lorsqu’elle sera devenue suffisante, c’est-à-dire totale, se révélera être le but véritable. Car devenir intensément présent, même si c’est sous un prétexte erroné, c’est précisément être présent. Et c’est là le but. C’est la voie abrupte, pourrait-on dire. Laisser le temps au temps, ne le remplir de rien que de lui-même, si on le fait vraiment, nous conduit aussi sûrement à notre propre présence que la pierre qu’on lâche atteint le sol. Ce n’est qu’une question de… temps.

    Je ne prétends bien sûr pas dire des choses définitives sur la question. J’essaie juste de l’explorer.

    Que veux-tu dire par: « nous sommes portés par une énergie nouvelle, toujours neuve, qui ne loge pas dans le temps, et qui construit elle-même son propre devenir » ?

    Bonjour miboogh et nad ! Merci pour vos réflexions. :)

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  25. Salut Joaquim,
    Si je regarde en arrière et considère ma propre vie, je voulais ceci, cela, toujours en réponse à quelque besoin inassouvi, recherche d’identité à travers le regard des autres, peur de situations possiblement à venir, désirs d’acquisition rassurantes …etc. Il y a un devenir dans la vie, inscrit en nous comme en toutes choses, et qui pousse tout ce qui vit vers une organisation croissante, une sorte de tension vers l’unité qui quoiqu’ impossible à atteindre, reste le moteur de la dynamique vivante. Appelons cela, la volonté de la vie. Si je reviens à ma propre vie, je dirais que cette volonté de la vie était dénaturée par un passé qui imposait sa loi, dénaturée par un ensemble de besoins qui quoique présents, avaient leur origine dans le passé, dans le temps, et qui voulaient créer un futur qui répondrait à ces besoins ou peurs. De cette situation, je dirais que la conscience est piégée dans le temps et que tout ce qui est présent, tout ce que rencontre la personne, tout cela est filtré par ces besoins. Il se produit une dégradation de l’énergie, une dissipation de l’énergie vitale à travers tous ces structures mentales qui en demandent.
    Comme il y a dans le présent, une instance qui ne vieillit pas, qui ne subit pas les affres du temps, la personne qui y vit totalement, sans cette dénaturation dont il a été question ci-haut, est intérieurement toujours fraîche et cette volonté de la vie peut créer son devenir librement, sans interférence. Cette volonté de la vie, cette instance, tout cela est nous-mêmes, nous n’en sommes pas différents.
    Cette situation est décrite de façon idéale, cette fraîcheur, cette dénaturation qui se résorbe, se mettent en place au fil de la vie, ici en tous cas.
    André

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  26. Merci, André, pour cette réponse. Avec des éléments concrets du vécu, elle explore de manière vraiment parlante, je trouve, les broussailles de la durée pour dégager le joyau du présent.

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  27. Attendre sans but, sans rechercher quoi que ce soit, semble paradoxal, c’est une position du corps qui s’ouvre naturellement, à travers ses sens, à tout ce qui advient, sans refuser ou retenir , sans apporter un jugement à ce qui est. C’est d’abord et surtout par le corps, par la sensorialité du corps qu’on est dans cette attente détendue et libre, c’est un mouvement du corps qui épouse à chaque seconde tout son environnement. Nous pourrions observer l’attitude des chats qui nous montrent dans leur grâce naturelle ce qu’est cette attente ,libre d’un vouloir quelconque. Ce n’est ni un immobilisme ,ni un engourdissement mais plutôt un réajustement naturel et constant à tout notre environnement, extérieur et intérieur. Lorsque le corps est ainsi en harmonie avec son environnement, les pensées s’arrêtent d’elles-même, plus besoin d’effort pour qu’arrive le Silence. Le corps est le véhicule sacré qui conduit à ce Silence qui délivre de toute illusion. Le corps est le véhicule qui ne doit pas vouloir, qui ne doit pas se crisper, pas se tendre, pas résister, les pensées suivront le mouvement initié par le corps et se détendront également, la volonté prendra fin et avec un peu de chance , le Silence sera là.

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  28. Bonjour Hellene,

    Merci pour ces réflexions. Ce que tu dis du rapport au corps signale à mon avis un aspect capital du mouvement d’ouverture. Je crois qu’on ne peut pas sauter dans le silence si on n’a pas un tremplin pour le faire, comme on ne peut pas faire de musique si on n’a pas un instrument accordé. Accorder son instrument, c’est établir dans le corps une paix qui puisse servir de tremplin au grand saut.

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  29.  Alors Renard oui vraiment il est timide de mettre son grain de sel aprèes de si prolifiques commentaires oui vraiment… Mais Renard il croit que la charrue elle ne tire pas les boeufs non vraiment et que tant que le dividu il croit avoir des besoins oui vraiment alors il aura des désirs et vouloir et ce peu importe les stratagèeme utilisé. Mais si le dividu par contre par une curiosité étonnante il investigue oui vraiment et que par le plus grand hasard oui il se rend compte que sa joie non vraiment ne repose sur aucun objets ou aucune situations…..alors la oui vraiment le vouloir il s’efface de lui même comme un enfant qui cesse de jouer avec ses petites voitures de lui même parce que l’intéret n’y est plus….sans effort oui vraiment.Et oui il est comme çca Renard!

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  30. Bonjour à tous

    “Ne rien vouloir” c’est déjà vouloir quelque chose… Il se peut qu’à certains moment on puisse avec cette aspiration de “non vouloir” créer des failles en soi qui nous laissent percevoir un infini, mais aussitôt elles se referment. Inévitablement c’est très fugitif, car “le non vouloir” s’oppose inévitablement à un “vouloir” en soi… Sinon, pourquoi serait-il présent ??
    Dans un apparent paradoxe, l’issue, dans ce que je peux percevoir se trouve non pas dans le “non vouloir” mais dans le “vouloir”, c’est-à-dire dans l’acceptation, l’accueil de se qui s’élève en soi. Accepter d’être “soi”, accepter de ne pas être éveillé, et ansi se rétablit le chemin entre le Soi et le non-Soi. Le “vouloir” est la vie qui s’exprime en soi ; nous pouvons à certains moments nous sentir petit, malade, nauséux… Et c’est le fait de vivre totalement ces expressions de soi qui permet qui ce qui apparait comme “non Soi” se révèle être le Soi, c’est ce qui permet que le courant entre le Soi et le non Soi se rétablisse.
    Le “vouloir” est l’expression de la vie… De la même façon que vivre complètement la chappe de plomb fait que celle-ci montre son irréalité, vivre le vouloir, être soi, permet…

    Amitié   

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  31. Il me manquait, Renard. Je suis content de le voir réapparaître . :)
    A quand sur la toile ?

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  32. Bonjour Jean-Yves,

    Merci pour ton passage. :)

    Oui, c’est très vrai. Le “vouloir” est l’expression de la vie. Et dans ce sens, le refuser, ce serait refuser la vie, et simplement renforcer en soi ce qui chercherait à s’y soustraire. Comme tu dis : « Et c’est le fait de vivre totalement ces expressions de soi qui permet que ce qui apparaît comme “non Soi” se révèle être le Soi ». J’ajouterais pour faire écho à ces mots que cela se peut, parce qu’on cesse de s’identifier à son vouloir, parce qu’on laisse la vie qui surgit en soi nous surprendre, parce qu’on la reçoit comme quelque chose qu’on n’aurait pas soi-même décidé, mais qu’on découvre comme étant ce qui nous fait être.

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  33. Le non vouloir est un choix, une posture, elle engage. C’est comme le gris pour le blanc et le noir. Ne rien vouloir c’est refuser d’être ouvert aux autres. C’est se renfermer sur soi.  C’est le vote blanc. Une absence dans le “soi” et dans le “soit”. Si se suis dans le rien vouloir je m’éclipse

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  34. Bonjour secretdejardin,

    Le “non-vouloir” dont il est question ici n’est pas à comprendre comme un refus de s’engager dans la vie, mais comme un rapport à soi-même différent, par lequel on renonce à savoir qui on est. Ce n’est pas si facile, tant la certitude de savoir qui on est nous semble constituer la base sur laquelle tous les autres savoirs s’appuient. Renoncer à cela, c’est exercer une confiance absolue qui ne repose sur rien, que sur la foi en ce qu’on est au-delà du savoir qu’on en a. Tant qu’on n’a jamais dépassé ce savoir-là, on ne peut même pas le deviner. Mais quand on l’a connu, on sait que c’est notre vraie nature, celle qu’on a toujours été de toute éternité. C’est notre nature réelle, absolue, intemporelle. Notre conscience lui fait simplement obstacle par son opacité. Et cette opacité, on la prend à tort pour soi. Alors, pour actualiser cette nature véritable, afin qu’elle ne soit pas seulement réelle dans l’absolu, mais qu’on la vive en tant que “je”, il faut renoncer à ce savoir sur soi qui recouvre le soi véritable. C’est ce renoncement-là que j’entendais par le geste de “non-vouloir”.

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  35. Bonjour à tous,

    Joaquim, ton expression est de plus en plus claire au fil du temps. Ce que je peux lire çà et là de toi est absolument limpide.

    Je l’ai déjà dit ailleurs, mais derrière tes mot, je sens à la fois la personne, la conscience de cette personne, de son inter-action, et ce en quoi tout cela se passe.

    C’est remarquable. Tellement rare et aussi tellement doux (enfin, ça dépend des fois…) à entendre.

    A quand d’éventuelles rencontres?  Amitié.

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  36. Bonjour, est ce que ne rien vouloir c’est ne plus poster sur ce blog ?

    Dommage !-)

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  37. Je dis que je veux. Cela signifie que mon désir est le plus fort, il cherche à maîtriser les autres désirs. Mais rien ne me garantit de sa réalité et de sa constance. Je peux vouloir avoir cette volonté-là mais les événements m’entraînent ailleurs. Il y cependant des invariants dans ma conduite. Cela constitue peut-être ma vraie volonté ou mon destin. Qui en sera juge ?

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  38. Je me bats avec ce site et j’ignore si cela favorisera mon éveil. Je suis ravi de commenter des textes de gens éveillés mais si je pouvais témoigner dans un vrai blog, mon ego s’en trouvant fortifié, je pourrais peut-être travailler dessus ou en dessous, à supposer qu’il soit sphérique ou pour le moins formé.

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  39. Cet article m’a beaucoup intrigué car il est assez profond et vraiment réfléchi, je l’apprécie énormément !
    Merci !

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